Février 2002 : Yves Sack, en s'inspirant de
l'article de Jean K., donne sa version de la prononciation de
notre patronyme.
Depuis la mise en ligne de cet article, le BK a publié un autre sur ce "vaste problème" dans le
No 42 de juin 1999.
Qui de nous, Koechlin de langue française, n’a
jamais été agacé, sinon complexé par la prononciation fantaisiste de
notre patronyme ? Quand, par exemple, nous nous faisons appeler par
haut-parleur, nous pouvons nous attendre à tout. Nos cousins de Suisse
alémanique et de Souabe n’ont pas ce problème : ils sont "Herr
Köchlin" (inn) aussi bien dans la conversation que dans la
correspondance. L’origine zurichoise de notre famille les privilégie.
Tandis que nous, pauvres francophones, nous nous faisons interpeller
"Keuschlin", "Coquelin", "Ko-é-klin" avec
toutes les variantes possibles.
Est-ce à dire qu'à notre nom s'attache une
prononciation singulière et originale, dont on connaît d'autres
exemples dans les familles nobles : Broglie, Maupeou ?
Pas du tout ! Nous pouvons répondre aux
puristes de la langue française que la prononciation "Kéklin"
est parfaitement justifiée.
Œ (e dans l'o) se prononce bien "é" dans
les quelques mots où ces voyelles sont suivies d'une consonne. On dit
justement "œdème" (é-dèm), "œsophage" (é-zofaj),
"Œdipe" (é-dip), "œcuménique" (é-cuménic),
"œnologie" (é-noloji). Dans bœuf, œuvre, œil, la
prononciation "eu" se justifie par la voyelle qui suit. Voilà
pour le "Koe" qui, en bon français, se prononce "ké"
parce que suivi de "ch".
Maintenant le "chl". A part "chtimi"
qui est dialectal, connaissez-vous un mot français dans lequel le
"ch" suivi d'une consonne ne soit pas prononcée
"k" ? Chrome, chlore, chrétien… ne sont estropiés par
personne. Chou, chaud, chat, etc… enchaînent le "ch" avec
une voyelles et lui donnent le son du "sch" allemand, à peu
près. Pourquoi donc s'obstine-t-on à nous appeler "Keuschlin",
ce qui n'est même pas la prononciation allemande, puisque alors il
faudrait faire sonner le "n" final ? Ce n'est pas parce
que nous portons un nom extraordinaire mais parce que les Français ne
connaissent pas les subtilités de leur propre langue. Le nom que nous
sommes fiers de porter est donc bien prononcé comme il se doit.
Jean Koechlin (2034 – GA2331)

Article paru dans le BK No 5 de décembre 1980
La prononciation de notre nom (suite)
L'article de Jean Koechlin paru dans le
précédent Bulletin nous a valu une lettre de Beat Koechlin (3024 –
AK31413) :
"…Ce que notre cousin dit de la la
prononciation de notre patronyme en France, c'est – excusez-moi – un
peu ridicule du point de vue d'un étranger non francophone. N'oubliez
pas que vous portez tous, chers cousins en France, un nom allemand. Vous
savez aussi bien que mois ce que Koech-lin veut dire. Pourquoi, alors,
insister sur une prononciation qui renie complètement cette origine
allemande ? Du reste, la prononciation des deux voyelles "oe"
comme "é" ne se justifie pas du tout.
Les exemples cités sont, sans exception, des mots
grecs. Mais puisque nous ne sommes pas d'origine grecque, il faut
prononcer le "oe" comme "ö" !! Le "oe"
dans le nom du grand poète allemand, Goethe, est également suivi de
deux consonnes. A ce que je sache, on dite "Göte" en France
et non pas "Guéte".
En ce qui concerne le "ch", notre cousin
n'a pas d'arguments convaincants non plus. Là encore, il cite des mots
étrangers, des mots qui portent le "ch" au début (son
initial !). Une vraie comparaison me semble impossible. Il n'existe
pas de mots français de ce genre. Voilà encore l'origine allemande qui
devrait servir de règle.
Il se trompe, notre cousin Jean, en croyant que nous,
les Koechlin de Suisse alémanique, n'avons pas de ces problèmes-là.
Il y a d'abord les problèmes de la manière d'écrire Koechlin. On fait
de nous le plus souvent un "Köchlin", parfois même un "Köchli".
Car il faut se rendre compte qu'il existe dans la région argovienne,
lucernoise et zurichoise beaucoup de Köchli qui, du premier coup d'œil,
n'ont rien à voir avec nous, les Koechlin de Mulhouse. Mais, qui sait,
peut-être que nous sommes de la même famille de souche zurichoise,
quoique, chez les Köchli, il n'y ait guère de docteurs, de directeurs
et d'industriels, mais des chauffeurs et des mécanicines.
Mais il y a aussi un problème de prononciation. Dans
notre région on nous appelle toujours Köööchli. Faut-il se fâcher
de cela ? Mais non ! Il serait intéressant de savoir comment
nos cousins dans les autres pays sont appelés. Que font, par exemple,
les Hollandais de notre patronyme, et les Viennois, et les Péruviens,
et les Américains…"
Jean Koechlin, à qui nous avons communiqué
cette lettre, nous a répondu :
"L'origine d'un nom ne détermine pas
obligatoirement sa prononciation. Parlez de "Schnaïdre" au
Creusot ; personne ne vous comprendra. Dites "Schnédère",
à la bonne heure ! Chacun connaît. Il est vrai que c'est un
industriel et un directeur aussi.
Les mots cités, auxquels on peut ajouter
"technique", autochtone", arachnéen"… (où le
"ch" n'est pas le son initial) ont peut-être une origine
grecque, mais ne sont pas davantage des mots étrangers que l'essentiel
de notre langue qui est bien d'origine gréco-latine.
Goethe est resté allemand, tandis que les
Mulhousiens sont français depuis 1798. Avec ensuite quelques problèmes
frontaliers (3 guerres, 48 ans d'occupation) qu'on a bien cherché à
oublier comme tout le monde, mais pas au point de revenir à la
prononciation germanique de notre patronyme. Chauvinisme
peut-être ? Que Beat excuse cette faiblesse de ses cousins
francophones qui préfèrent rester des "Kéklin"."

Un autre cousin (Marc : 2009 – AH4117) a
soulevé la question de l'orthographe de notre nom Kœchlin (o et e liés)
ou Koechlin (o et e séparés).
Après consultation avec Jean Koechlin, il semble
possible de répondre que les deux variantes sont utilisées, avec
peut-être une légère prédominance pour la seconde. Cette dernière
(o et e séparés) devrait prévaloir parcequ'étant la seule compatible
avec les techniques modernes (dactylographie – informatique).
NDLR : L'informatique supporte très bien le "œ"
mais, depuis longtemps déjà, la famille a pris la décision d'être
KOECHLIN – et non KŒCHLIN.
Depuis la mise en ligne de cet article, le BK a publié un autre sur ce "vaste problème" dans le
No 42 de juin 1999.