Ce texte est extrait de la Notice historique de l'édition 1914 des
tableaux généalogiques de la famille Koechlin.
Nous reproduisons ici les blasons de la famille
publiés dans l’édition de 1893, en y ajoutant deux nouveaux (2 et 3)
concernant la branche de Mulhouse, qui ont à tort été négligés
jusqu’ici, car leur valeur documentaire est importante. En effet, ils
prouvent que les Koechlin mulhousiens se servaient au XVIIIe
siècle d’armoiries qui différaient comme couleurs, cimiers et
accessoires de celles de la famille de Zurich. Le raisin seul leur est
commun.
Pour quelle raison la branche mulhousienne a-t-elle
modifié ses armes ? Il est difficile de le savoir, faute de
documents écrits, mais on peut supposer que l’auteur du changement
est Josué Koechlin, maire de 1811 à 1841, qui fut le premier à
faire peindre le blason zurichois sur le tableau des bourgmestres de l’Hôtel
de ville. Il a eu certainement connaissance du manuscrit du pasteur Jean-Jacques
Koechlin, de Bærentschweil dans lequel cet auteur affirme que
Zurich et Mulhouse ont, dans leurs armoiries, un raisin avec une
serpette, et ceci l’aura incité à négliger le modèle employé par
son père, Samuel que nous donnons au no 1, pour adopter sans
discussion le blason de Zurich.
Cette forme a été continuée pour les maires
suivants et Ehrsam l’a accueilli sans autre dans le Bürgerbuch,
lui donnant ainsi une consécration quasi officielle. Il est curieux de
constater qu’un autre frère de Josué, Jean-Georges
Koechlin, s’est servi des mêmes armes que son père, sauf que le
buste du cimier a le visage de carnation. Il a aussi négligé l’encadrement
du médaillon. Elles sont peintes sur une plaque d’église, portant la
date de 1787, conservée au Musée historique de Mulhouse.
En termes héraldiques, les deux variantes de
Mulhouse se blasonnent comme suit :
- Armoiries actuelles des branches de Zurich et de
Mulhouse : D’or à un raisin de pourpre tigé au naturel
avec deux feuilles de vignes de sinople et une serpette d’argent
emmanchée de brun brochante sur le pas des feuilles.
Cimier : le raisin de l’écu, sans la serpette, posé sur
un tortil d’azur et d’or. Lambrequins : d’azur et
d’or.
- Blason de Samuel Koechlin,
peint en guise d’ex-libris dans une copie manuscrite de la
chronique Fürstenberger, conservée aux Archives municipales de
Mulhouse et datée de 1748. Il porte : dans un écusson
ovale, entouré d’une bordure d’azur style Louis XV, sur champ
de gueles, un raisin de pourpre à une tige et deux feuilles de
sinople (sans serpette). Cimier : issant d’un tortil d’or
et de gueules un Maure habillé de gueules, au col d’argent,
ceinturé d’or à deux bouts flottants de même à senestre,
tenant dans sa dextre le raison de l’écu. Lambrequins : de
gueules et d’or.
- Il existe encore une autre variante de blason
Koechlin de Mulhouse, soit celui de Hartmann Koechlin,
oncle de Samuel, ci-dessus. Nous le reproduisons au numéro 3 de
notre planche. Il date de 1735, année où il figure sur un tableau
de garde-vignes conservé au Musée historique de Mulhouse. Il
porte : de gueules à un raisin d’or tigé et feuillé (2)
de sinople (sans serpette) qui figure également sur le
cimier. Les lambrequins sont de gueules et d’or. Les autres
armoiries de notre planche sont :
- Le blason Koechlin relevé sur l’armorial des
bourgeois de Bâle. Il est le même que celui de la branche de
Zurich, sauf que les lambrequins sont remplacés par un manteau d’hermine
et d’azur bordé d’or, et que le cimier porte un demi-vol
avec le raison et la serpette de l’écu.
- Blason des Koechli de Schaffhouse, tiré de l’armorial
des bourgeois de Zurich, publié en 1605 par Dietrich Meyer. Dans ce
même recueil, on trouve aussi les armes de la branche de Zurich,
données ci-dessus au no 1.
Nous avons maintenu sur notre planche les
différentes armoiries Singenberg (nos 6 à 9) de l’édition de
1893 ; quoique leur parenté avec les Koechlin ne soit nullement
prouvé. Par contre, nous ajoutons à leur ancienne légende, que nous
reproduisons ci-après, quelques explications et renseignements mettant
les choses au point.
- D’après le sceau de Joseph Singenberg, dit Koechlin
de Zuckenriet, apposé au bas d’actes de 1543.
- Blason des Singenberg dit Koechli, se
trouvant dans l’Armorial de Dürsteler.
- Blason du troubadour (Minnesinger) Ulrich
Truchess de Singenberg, relevé à la Bibliothèque nationale à
Paris, ainsi qu'’ celle de Wurtzbourg, où il est fait mention de
cette famille. Les écrits de Lassberg, von der Hagen, Uhland et d’autres
parlent de ce troubadour.
L’Armorial général de Rietstap et le Codex
de Berlin attribuent des armes à peu près identiques à une famille
Kuchler, de Bavière, maison éteinte : d’azur à un cerf
rampant d’or. Cimier : une tête et col de cerf d’or.
- Blason d’Ulrich de Singenberg indiqué dans les
registres de Saint-Gall, qui le mentionnent comme fondateur de l’hospice
de cette ville et comme le frère (!) du troubadour de même nom.
Il s’agit ici d’une famille complètement étrangère à celle
du no 8. La différence entre les deux armoiries ne laisse aucun
doute à cet égard.
Quant au blason Küchlin, famille dont il est
question dans la notice historique de cette édition (1914) et qui ne concerne en rien
diverses souches des Koechlin, l’édition de 1893 en signale un qui
figure sur un vitrail de l’Hôtel de Cluny, à Paris.
Monsieur Raymond Koechlin nous a rendu attentif à un
autre vitrail existant à la cathédrale de Fribourg (Bade) sous le nom
d’un Kuechlin, qui présente une roue de voiture à huit rayons,
avec deux proboscides en guise de cimier. Ce sont là évidemment les
armes des Küchlin de la Souabe, données par les armoriaux déjà
cités de Rietstap et du Codex de Berlin, portant : d’argent
à une roue de six rayons de gueules, avec, sur le cimier, une
tête et col de chien braque d’argent, l’oreille de gueules.
Lambrequins : gueules et d’argent.
Rietstap mentionne encore une famille Kuchlein ou
Cuchelinus, de Bois-le-Duc (Hollande) dont le blason écartelé ne
ressemble en rien à ceux qui précèdent.
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