Les
références aux individus ci-dessous étant très nombreux sur ce site,
nous vous conseillons vivement d'effectuer une
recherche pour trouver d'autres informations, dans d'autres
contextes, des ancêtres mentionnés ici.
Les anecdotes suivantes sont tirés de l'introduction
à la généalogie Koechlin de 1975.
La fuite de l’éditeur Levrault
En
pleine Terreur (1793) l’éditeur Levrault se réfugie chez Jean
Koechlin [A/47], qui habitait à ce moment Wesserling (Haut-Rhin).
Levrault se sait poursuivi, sa tête est mise à prix. Koechlin charge
son fils aîné Samuel [AD/69] de conduire le fugitif à la frontière
suisse par des sentiers détournés, mais l’engage d’abord à
partager le repas de la famille. Levrault pénètre dans la salle à
manger et y voit 24 couverts. Il a un mouvement de recul et se
dit :
Mon ami m’a trahi. Rassure-toi, dit Jean Koechlin,
qui a vu le mouvement, il n’y a ici que ma femme et mes 21
enfants ! Le potage servi, les gendarmes arrivent. Samuel s’esquive
avec Levrault par les
jardins
et le conduit à Bâle. (Tiré de la Revue d’Alsace 1927).
Mais il y a quelques licences poétiques dans cette
histoire charmante. D’abord Jean Koechlin n’avait que 20 enfants et
de ces enfants deux n’étaient pas encore nés en 1793, tandis que la
plus jeune, née en 1793, n’avait certainement pas encore un couvert
à la table familiale. Trois enfants plus âgés étaient déjà
décédés. Alors le nombre des couverts aura été de 19. M. et Mme
Koechlin, M. Levrault et 16 enfants. Tout de même un nombre de convives
pour effrayer le bon éditeur. Et Samuel n’était pas le fils aîné
de Jean, mais le second, l’aîné, nommé Jean comme son père, fut
peintre et était élève de l’Ecole des Beaux-Arts à Paris.
Alfred Koechlin-Schwartz :
Lumière
Alfred [AH11/326] voyagea en Europe et en Asie,
étudia le commerce, l’industrie et les langues des pays qu’il
visitait, puis retourna à Mulhouse prendre la direction de la filature
de son père. En 1870, il était conseiller municipal de sa ville
natale, lorsque la guerre éclata. Il organisa vivement la résistance
et équipa des bataillons de volontaires dont il eut le commandement. Il
dirigea sur Belfort les vivres et les munitions qui avaient été
rassemblés à Mulhouse.
Arrêté par les Allemands, il dut subir une
longue détention. Mis en liberté, il fut nommé commandant des
Légions d’Alsace-Lorraine qu’on formait à Villefranche, près de
Lyon, mais qui ne purent prendre part aux derniers engagements de l’armée
de Bourbaki. Rentré à Mulhouse, après l’Armistice, Alfred Koechlin
s’efforça vainement de disputer au vainqueur l’avantage de sa
conquête.
Expulsé du territoire natal il se vit forcé de
mettre sa filature en liquidation et se retira à Belfort où il eut l’honneur
de recevoir le président Thiers. Peu de temps après il se fixa
définitivement à Paris, où il ne tarda pas à être nommé maire du
VIIIe arrondissement. Il remplit ses importantes et délicates fonctions
à la satisfaction de ses administrés jusqu’en juillet 1888, époque
à laquelle il fut révoqué par le ministre Floquet.
Un mois après, choisi par l’opposition boulangiste,
il était élu député du Nord en même temps que le général
Boulanger, par 123.507 voix (19 août 1888). Il ne fut pas réélu en
septembre 1889 et mourut à Paris en février 1895.
Koechlin-Schwartz a publié : " Un
touriste au Caucase, Paris 1881 in 12º", "Un touriste en
Laponie, 1882, in 12º". Dessinateur habile et de goût, il a
exposé des fusains aux Salons annuels. Il était commandeur de la
Légion d’honneur.
Alfred Koechlin-Schwartz : Ombre
Voilà les "frasques" d’un
ancêtre !
Lettre de Mme. Zélie Doli-Engel : il s’agit du faire-part de
décès de M. Jean Koechlin.
"…Le faire-part a indigné
généralement. Le fils, après s’être entouré de ses titres pompeux
si peu mérités, sans en omettre un seul, n’a pas fait mettre sa
femme au milieu de ses enfants qui tous y figurent. Plusieurs messieurs,
parait-il, connaissant feu Mme Jean Koechlin, ne sont pas allés à l’enterrement,
pour n’avoir pas à serrer la main au fils".
Lettre de Mme. Emilie Sauerwein-Koechlin :
"... notre cousine Emma Koechlin-Schwartz
(326), femme d’Alfred le mauvais garçon, léger et orgueilleux,
était restée très liée avec notre famille. J’ai connu l’histoire
du faire-part, au milieu de tant d’autres sur le dit cousin Alfred,
qui vivait seul, ayant abandonné sa femme pour vivre avec une danseuse
fort connue à l’Opéra, Jeanne Essier (celle-ci figure dans le
dictionnaire Larousse), qu’il promenait partout, même en Russie, où
il avait fait un voyage assez officiel et l’avait présentée en tant
que Mme Koechlin.
Quelque temps après, un jour notre cousine Emma
Koechlin-Schwartz, qui vivait tranquillement boulevard Saint Germain,
voit arriver un monsieur charmant, russe, qui demande à parler à Mme
A. Koechlin. "C’est moi". "Oh non", reprend
le monsieur, "vous n’êtes pas la dame que j’ai reçue à Saint
Petersbourg, c’est Mme Alfred Koechlin que je demande" ! La
pauvre cousine en fut malade longtemps. Elle connaissait les frasques de
son mari, mais elle ignorait qu’il faisait passer ses bonnes amies
pour sa femme".
Les époux Koechlin-Schlumberger