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Les familles ont leur histoire. Celle de la famille
Koechlin a déjà fait l’objet d’études sérieuses et approfondies.
Mais sans doute n’est-il pas superflu, en tête de cette mise à jour
de la généalogie de la famille, de résumer la notice historique que l’érudit
archiviste bâlois, G. Merian-Messmer publiait en tête de l’édition
de 1914 des Tableaux généalogiques de la famille Koechlin. Il convient
toutefois de la compléter jusqu’à nos jours.
Le nom de ‘Köchlin’, diminutif de ‘Koch’
cuisinier, est un surnom très répandu dans le nord de la Suisse et le
sud de l’Allemagne, et ceci dès le début du XVe siècle. Adopté par
de nombreux homonymes comme nom patronymique, il est probable que tous
les porteurs du nom ne pourraient se trouver une origine commune, si ce
n’est de se rattacher à des ancêtres ayant exercé la profession de
cuisinier, soit comme préposés à cet office dans des châteaux, soit
en qualité d’aubergistes.
Nous n’attachons aucun crédit à la tradition,
très ancienne cependant, qui voudrait rattacher les Koechlin à une
famille noble, d’ailleurs éteinte depuis le XIIIe siècle, les
Singenberg. Cette ascendance, susceptible de flatter la vanité de
certains, ne repose malheureusement sur rien. Il y eut des Singenberg
nobles, d’autres roturiers qui, comme bien d’autres avaient adopté
le surnom de Köchli. Ce n’est pas là une preuve de parenté ! D’ailleurs,
les armes des nobles de Singenberg, reproduites dans l’édition de
1914 de la généalogie Koechlin n’ont absolument rien de commun avec
la grappe de raisin figurant dans les armes des Koechlin de Zurich, de
Bâle et de Mulhouse qui eux, peuvent se prévaloir d’une origine
commune. En effet, la lignée la plus connue et la plus considérée des
Koechlin, qui jouit du droit de bourgeoisie de Mulhouse depuis le début
du XVIIe siècle, est originaire des environs de Zurich. Cette lignée s’est
répandue à Bâle, en France, et par la suite dans d’autres pays,
comme nous le verrons plus loin.
Les Koechlin à Mulhouse, dans la région
environnante et en France
Les descendants de Hartmann Koechlin, originaire de
Hottingen, canton de Zurich admis à la bourgeoisie de Mulhouse le 12
décembre 1604, ont le plus souvent exercé des professions artisanales,
notamment celle de tonnelier, très importante dans une cité dont la
culture de la vigne était alors une des principales ressources. Il y
eut aussi des Koechlin dans l’hôtellerie, profession d’ordre plus
commercial qui est peut-être à l’origine de la vocation industrielle
future de la famille. Mais celle-ci tenait à des liens bien fragiles si
l’on considère que Samuel Koechlin, hôtelier du Cerf à Mulhouse, et
sa femme Esther Maring, de Bâle, moururent tous deux en l’espace de
quelques jours du typhus, laissant comme unique héritier un enfant
âgé de quelques mois seulement, Samuel, qui fut le père d’une
nombreuse postérité et qui dota sa ville natale d’une industrie
alors nouvelle, la fabrication des indiennes ou étoffes imprimées.
Nous étions en 1720 ; c’est en 1746 que Samuel Koechlin créa sa
manufacture d’indiennes, en association avec Jean-Jacques Schmaltzer,
Jean-Henri Dollfus et un quatrième partenaire dont on parle moins
souvent, mais dont le rôle fut probablement décisif, Jean-Jacques Feer.
C’était tous des hommes jeunes et entreprenants qui eurent la chance
de réussir et de jeter ainsi les bases de la prospérité industrielle
de Mulhouse.
L’organisation sociale et politique de la petite
République de Mulhouse, comme d’ailleurs celle des Cantons suisses en
général, favorisait considérablement le sens civique des hommes qui y
vivaient. La création d’affaires industrielles ou commerciales n’était
que l’un des aspects de ce civisme. Contrairement à ce que l’on
serait tenté de croire, ce n’est pas tant le désir d’accumuler des
richesses qui à été le mobile essentiel ayant poussé les Koechlin,
ou d’autres, à développer leurs industries, que le besoin de se
rendre utiles et il est intéressant de voir quels sont les postes
dirigeants qu’ils occupèrent par la suite à Mulhouse et ailleurs.
Les Koechlin, maires de Mulhouse
Les Koechlin, chauds partisans de la réunion de
Mulhouse à la France, réalisée, rappelons-le, le 15 mars 1798,
fournirent à la ville les maires suivants :
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Josué Koechlin
(1756-1830), l’un des fils de Samuel, fut maire de 1811 à 1814.
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Jean-Jacques
Koechlin (1776-1834), petit-fils de Samuel et gendre de
Josué, fut maire de février à juin 1815 et de 1819 à 1820. Son
grand mérite a été d’être le bienfaiteur des orphelins.
Affilié à la "Charbonnerie", son attitude hostile au
gouvernement de la Restauration lui valut d’être destitué. Nous
reviendrons plus loin de façon détaillée sur ces événements.
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André Koechlin
(1789-1875), un autre petit-fils de Samuel, fut maire en 1830/31
et de 1832 à 1840. Il dut résilier ses fonctions de maire, ayant
été élu député du Haut-Rhin. Il créa en 1826, les ateliers de
construction qui sont devenus en 1872 la Société Alsacienne de
Constructions Mécaniques. Son passage à la mairie fut marqué par
la création de l’école primaire et celle des hospices civils.
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Émile Koechlin (1808-1883) fut maire de 1848
à 1852. Il était très doué pour le dessin.
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Joseph
Koechlin-Schlumberger (1796-1863) fut maire de 1852 à
1863. Il était un géologue distingué.
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C’est avec le gendre de Joseph
Koechlin-Schlumberger, Jean Mieg-Koechlin, qui fut
maire de Mulhouse de 1872 à 1887, que le nom de Koechlin apparaît
pour la dernière fois dans la liste des maires de la ville.
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Les réalisations industrielles :
Voyons tout d’abord quelles furent, après Samuel Koechlin, les
réalisations industrielles de ses descendants, aussi bien à Mulhouse
que dans la région environnante. Nous en donnons une liste qui ne doit
toutefois pas nous faire oublier que d’autres familles ont, elles
aussi, joué un rôle important dans le développement industriel de
leur ville, comme par exemple les Dollfus, les Schlumberger, et bien d’autres
encore. Nous évoquerons plus loin les puissantes maisons Nicolas Koechlin et frères et
André Koechlin & Cie.
L’établissement de Nicolas Koechlin & frères
à Loerrach, devenu Koechlin-Baumgartner & Cie, impression sur
étoffes, subsiste toujours sous cette raison sociale.
Celui de Masevaux, devenu, depuis 1850, Napoléon
Koechlin & Cie, filature et tissage, a été absorbé à une époque
récente par le groupe Willor, mais il subsiste toujours en tant qu’usine.
La Filature de la Cour de Lorraine, à Mulhouse,
louée à Hirn & Gurh, puis Hirn, Gurh & Jourdain, complètement
détruite par un incendie en 1870, n’a pas été reconstruite. A
partir de 1831, la maison Frères Koechlin, à Mulhouse, a continué
avec succès la fabrication des étoffes imprimées. Elle a été
absorbée, un siècle plus tard, par le groupe Schaeffer & Cie.
Autres maisons ayant pratiqué avec éclat l’impression
sur étoffes au XIXe siècle : Steinbach, Koechlin & Cie,
successeurs de Blech-Fries et de Blech, Steinbach & Mantz, ont
abandonné l’impression à la mort d’Alfred Koechlin en 1873,
Schlumberger-Koechlin & Cie, ont fait de l’impression sur étoffes
de 1830 à 1844 seulement.
Pour faire de l’activité industrielle des Koechlin
un tableau aussi complet que possible il faut mentionner, dans le
domaine de la filature et du tissage :
Les Établissements Isaac Koechlin à Willer-sur-Thur,
les établissements Fritz Koechlin, avec exploitation de filature à
Stosswihr, (Haut-Rhin) et de tissages à Héricourt (Haute-Saône) et à
Ramonchamp (Vosges), l’importante filature Georges Koechlin, créée
en 1883 à Belfort, la filature de coton, puis de laines peignées Jean
Koechlin-Dollfus et frère à Mulhouse, la première filature alsacienne
de laines peignées André Koechlin, Risler & Cie, fondée en 1838,
qui, après plusieurs changements de raison sociale, existe toujours, de
même que la précédente.
La maison Heilmann-Koechlin, filature de laines
peignées, et la maison Koechlin, Buchy, tissage de coton à Mulhouse
qui touts deux ont cessé d’exister.
Nous ne pouvons pas, dans le cadre de cette
introduction historique forcément restreinte, nous étendre sur la
carrière des nombreux Koechlin descendant de Samuel. Il nous parait
nécessaire cependant de donner des notices détaillées sur ceux qui
ont le plus contribué à donner une notoriété au nom de leur famille.
Nous songeons en premier lieu à Jacques [AF/70], Nicolas [AJ/73] et
André [GI/90] Koechlin que leur rôle économique, politique et social
destinaient à être élus à la Chambre des Députés, sous la
Restauration et la Monarchie de Juillet. Rappelons aussi le rôle
d'Alfred Koechlin-Steinbach [AM9/157], 1825-1872(1), chef
du parti républicain à Mulhouse sous le Second Empire. Élu député à
l’Assemblée Nationale de 1871, il fut l’un des signataires de la
fameuse déclaration de Bordeaux, protestant solennellement contre la
cession de I’Alsace-Lorraine à l’Empire Allemand. Il ne faut pas le confondre avec
son cousin Alfred Koechlin-Schwartz
[AH11/326] 1829-1895, commandant du corps des sapeurs-pompiers de
Mulhouse. Tous deux firent partie de la commission municipale instituée
en 1870/1871 pour faire face aux difficultés nées de la guerre. Alfred
Koechlin-Schwartz joua, après la guerre un rôle politique en France.
Soutenant l’action du général Boulanger, il fut député du Nord et
maire du VIe arrondissement de Paris(2).
Rendons aussi hommage à son épouse Emma(3)
qui fonda après 1871, puis présida l’Union des Femmes de France,
société de secours aux blessés militaires.
Leur fils Raymond, doué de talents artistiques,
comme toute cette branche de la famille, fut président de la Société
des Amis du Louvre et Vice-président du Musée des Arts Décoratifs à
Paris. Leur plus jeune fils, Jean-Léonard, ancien élève de L'École Polytechnique, ardent bonapartiste, termina une brillante carrière d’officier
comme général. Il était en outre un artiste peintre amateur
distingué. Le fils de Jean-Léonard, Philippe, aviateur, était
général de l’Armée de l’Air.
D’une manière générale, les Koechlin de Mulhouse
refusèrent obstinément de se soumettre à l’état de choses
résultant du traité de Francfort. Par nécessité, les autorités
allemandes tolérèrent le séjour en Alsace des chefs d’industrie qui
avaient opté pour la France, mais leurs fils accomplissaient leur
service militaire en France. Ils participèrent en masse à la guerre de
1914-1918, ce qui permit à beaucoup d’entre eux de rentrer en
vainqueurs dans la ville de leurs ancêtres, plus heureux en cela que
leurs nombreux cousins morts à la guerre(4).
(1) Alfred Koechlin
(no. 157) avait épousé
Henriette Frauenfelder, fille adoptive de Georges Steinbach. Dirigeant,
avec son beau-père la manufacture d’impression Steinbach-Koechlin à
Mulhouse, il est le plus souvent appelé Koechlin-Steinbach.
(2) Pour plus de détails voir le chapitre "Anecdotes".
(3) Madame Alfred Koechlin, née Emma Schwartz, (1838-1911.
(4) cf. la brochure "Famille Koechlin - Morts pour la France
1914-1918".
L'auteur détaille, ensuite,
quelques évènements de la vie de quelques Koechlin illustres :
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Jean-Jacques Koechlin
et les événements politiques qui ont agité le Haut-Rhin de 1820
à 1823,
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Nicolas
Koechlin, industriel et promoteur des chemins de fer,
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André
Koechlin (1789-1875), industriel et
administrateur, fondateur de la SACM.
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René
Koechlin (1866-1951), ingénieur de renom spécialisé
dans la force hydroélectrique.
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Les carrières industrielles ou militaires ne
devaient pas empêcher les Koechlin, du moins certains d’entre eux, de
se faire un nom dans les arts. Aussi avons nous pensé clôturer cette
revue des personnages marquants de la famille en consacrant quelques
lignes à celui qui est sans doute, pour les générations récentes, le
plus connu d’entre eux, le musicien Charles Koechlin.

Les Koechlin hors de France
Quels sont les motifs qui ont poussé un certain
nombre de membres de la famille Koechlin à quitter définitivement
Mulhouse et sa région pour s’établir au dehors et y créer des
branches très actives de la famille ?
Les Koechlin à Bâle
C’est le 24 juin 1782 que le Grand-Conseil de
Bâle, pour honorer son secrétaire Isaac Iselin (1728-1782) accorda le
droit de bourgeoisie de Bâle à son gendre Hartmann Koechlin
[H/50], 1755-1813, de Mulhouse. Tandis que la descendance du fils aîné
de Hartmann Koechlin restait en Alsace pour y créer et diriger les
établissements Isaac Koechlin à Willer, la descendance de son second
fils, Samuel [HF/96], 1785-1874, se fixait à Bâle (cf. arbre généalogique)
où elle exerça son activité dans l’industrie des rubans soie
(maison Koechlin & fils) et plus tard dans l’industrie chimique (Geigy).
Citons notamment Alphonse Koechlin [HF3/226],
1821-1893, qui joua à Bâle un rôle politique et économique important
comme député au Grand-Conseil et comme conseiller aux États, comme
fabricant et comme fondateur et président de la Chambre de Commerce de
Bâle.
Un de ses petit-fils, Alphonse Koechlin
[HF351],1885-1965, pasteur, a joué un rôle de premier plan dans l’Église
de Bâle, notamment pendant et après la deuxième guerre mondiale où
il eut à défendre la Société des Missions de Bâle contre toute
ingérence nationale-socialiste. Voir à son sujet : Henri d’Espine,
Alphonse Koechlin 1885-1965 (Ed. Labor et Fides, Genève 1972).
Un deuxième rameau bâlois des Koechlin de Mulhouse
s’est fixé à Bâle dont il a obtenu la bourgeoisie en 1874 en la
personne de Albert Koechlin-Hoffmann [AK34/346],
banquier, descendant de Pierre Koechlin de Loerrach. (Voir notice sur Nicolas Koechlin).
Les
Koechlin en Autriche, en Bohème et au Pérou
L’installation
de branches de la famille Koechlin en Autriche, ainsi qu’en Bohème,
qui en faisait alors partie, procède directement de l’industrie
familiale des indiennes, qui connut alors dans les états autrichiens
une grande prospérité par suite du Blocus Continental. Dès 1809, Samuel
Koechlin [AD/69], 1774-1850, fils de Jean [A/47], est installé
à Kettenhof dans la banlieue de Vienne, puis à Neunkirchen, fabrique d’impression
fondée près de Wiener-Neustadt par les du Pasquier de Neuchâtel
(Suisse). En 1827, son fils Jean [AD1/131], 1797-1853,
est établi comme coloriste à Prague, nous ignorons dans quel
établissement. Son fils Karl
[AD11/305], 1828-1894, architecte, épousa Marie Ferstel, la sœur d’un
architecte de grand renom de la capitale autrichienne avec lequel il
collabora activement, notamment pour la construction de l'église Votive
à Vienne. Henri Koechlin [AD112/681], fils de Charles,
fut à son tour architecte, attaché au département de construction du
Ministère de l’Intérieur autrichien.
C’est un frère cadet de Samuel, s’appelant aussi
Charles [AP/79], 1789-1831, qui, après avoir appris
son métier avec son père Jean Koechlin (1746-1836),
et après avoir travaillé pendant un certain temps à l’usine de ses
frères à Loerrach, partit pour la Bohème où il entra, en 1814, dans
l’importante fabrique d’impression Leitenberger à Cosmanos. Il en
sortit en 1819 pour fonder en association avec Jérémie Singer, de
Mulhouse, la fabrique d’impression Koechlin & Singer à
Jung-Bunzlau (Mlada Boleslav) qui eut rapidement une grande renommée.
Malheureusement, Charles Koechlin mourut en 1831, âgé de 42 ans
seulement, laissant une jolie fortune, mais sept enfants dont l’aîné
n’avait pas douze ans, une fille et six fils. L’un des fils, resté
célibataire, Adolphe [AP3],1819-1888, revint à
Mulhouse vers 1870 et fut caissier dans la maison Frères Koechlin. Un
autre frère, Albert [AP7/171],1825-1903, s’établit
au Pérou où il se maria en 1856 et eut une nombreuse descendance dont
on trouvera dans le présent ouvrage la composition actuelle. (...mais
dont la trace s'effiloche aujourd'hui en 1999. NDLR) Il sera
intéressant de savoir si l’établissement d’Albert Koechlin au
Pérou a un rapport quelconque avec le fait signalé plus haut de l’existence,
à Lima d’un dépôt de la maison Nicolas Koechlin et frères.
Le
Koechlin en Hollande et dans d’autres pays
C’est
en 1856 que Josué-Emile
Koechlin [IK2/229] (voir aussi l'article dans le
1er Bulletin des Koechlin), 1830-1912, fils de Joseph Koechlin-Schlumberger
[IK/100] maire de Mulhouse, devait épouser à la Haye, Wijnanda Nicola,
et créer la même année avec son beau-père, qui était boulanger, un
moulin à vapeur à Voorburg, près de La Haye. Il tenta, en 1868, d’introduire
cette industrie à Mulhouse, sa ville natale et y construisit une
minoterie
qui fonctionna jusqu’en
1878, sans toutefois atteindre les résultats que l’on pouvait
espérer. Le matériel fut démonté et transporté en Hollande, où la
minoterie poursuivit son activité à Voorburg.
C’est ainsi qu’une branche de la famille Koechlin
se fixa définitivement aux Pays-Bas, y exploitant une industrie
alimentaire qui jusqu’alors n’avait pas tenté ses prédécesseurs,
bien que la ville de Mulhouse ait dû son origine à un moulin ! C’est
à cette branche hollandaise que se rattache l’auteur de la présente
édition de la généalogie Koechlin, qui a voulu témoigner de la sorte
son attachement à sa famille.
Sans doute le livre Koechlin de 1914 nous
indique-t-il encore d’autres pays vers lesquels les jeunes
générations d’alors se sont orientées en vue d’y exercer leur
activité : États Unis, Indes Anglaises... mais il n’a pas été
possible, jusqu’à présent, d’obtenir le moindre indice sur la
survie ou sur la descendance éventuelle de ces cousins dont tout espoir
de retrouver la trace n’est cependant pas perdu. N’est-ce pas le
sort de tout travail du genre de celui que nous vous présentons de
rester en partie inachevé ? Mais une famille qui a donné jusqu’à
présent tant de preuves de vitalité n’est certainement pas sur le
point de s’éteindre. Souhaitons que les Koechlin des générations à
venir éprouvent à leur tour le besoin de resserrer les liens qui les
unissent à leurs aînés et de rappeler par quels chemins, souvent
difficiles, ils ont du passer pour mettre leur esprit d’entreprise et
leur sens social au service de leurs concitoyens.
André Brandt
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