De même que l’appellation patronymique KOCH, en
français cuisiner, dérive de la profession correspondant à ce
nom, il est évident que son diminutif KOECHLI ou KOECHLIN doit
également son origine à cette même profession exercée jadis par un
membre de la famille. Parfois on a pu l’employer comme surnom, mais,
ans la majorité des cas, on doit le considérer comme dû réellement
à ladite profession ou en rapport direct avec l’art culinaire, d’ailleurs
fort considéré de tout temps.
Dans
divers endroits, (cf. carte générale de la
région concernée) par exemple à Bâle au XVème siècle, à
Schaffhouse, etc…, on s’est servi des désignations patronymiques
KOECH ou KOECHLI indifféremment pour les membres de la même famille,
parfois pour la même personne. Aujourd’hui encore il existe, dans
quelques-unes de ces localités, des familles portant l’un et l’autre
de ces deux noms, séparées maintenant de fait, mais très probablement
d’une seule et commune origine. Dans d’autres régions, notamment
pendant le XVe et le XVIe siècle, où les noms
doubles étaient fréquemment usités, les noms de KOCH et KOECHLI
apparurent souvent accolés à d’autres noms de famille, mais on
renonça assez vite à cette coutume.
Dans ces conditions, les familles KOECH et KOECHLI
étant très nombreuses depuis des siècles dans la plupart des pays de
langue allemande, il découle nécessairement de ce qui précède que
tous les porteurs de ces noms ne sauraient être issus d’une seule et
même souche. La fréquence des dits noms s’explique par le fait que
jadis on appelait cuisiniers non seulement les préposés en chef
de cet office dans les châteaux ou autres résidences, mais aussi les
aubergistes qui donnaient à manger et les propriétaires de pensions
dans les villes et les villages, de sorte que peu à peu des familles
paysannes se virent octroyer le nom patronymique dérivant de ces
professions et états.
Ce n’est que lorsque les noms de famille
commencèrent à prendre une forme invariable, ce qui pour KOECH,
KOECHLI, KOCHLIN, KOECHLY, etc…, dura jusqu’au XVIIe
siècle environ, que les souches diverses de ces homonymes purent être
définitivement distinguées les unes des autres et qu’elles
restèrent séparées.
Parmi les lignées actuellement existantes du nom de
KOECHLIN, celle qui jouit du droit de bourgeoisie à Mulhouse, en
Alsace, depuis le début du XVIIe siècle, est originaire des
environs de Zurich, où elle est encore actuellement représentée. Plus
récemment, elle s’est répandue dans le reste de l’Alsace, en
France, dans le Haut-Rhin badois et à Bâle. C’est la lignée la plus
connue et la plus considérée.
Mais,
bien avant le XVIIe siècle, on trouve le nom de KOECHLIN,
dans ses orthographes diverses, aussi bien à Mulhouse qu’en Alsace,
dans les Brisgau, à Bâle et ses environs, comme à Zurich et en d’autres
lieux. En dehors de quelques paysans des environs de Bâle et de la
Haute-Alsace, porteurs du nom, mentionnés dans des registres de cens et
de redevances à des dates indéterminées de la fin du XIIIe
jusqu’à la fin du XIVe siècle, il y a lieu de signaler Jean
Koechlin, prêtre à Colmar, cité dans un document de 1389.
Koechlin, le meunier, bourgeois de Mulhouse et
membre du Conseil, est mentionné comme témoin dans un autre document,
daté de 1406 ; puis l’on trouve, dans le registre de la taille
de cette ville, de 1418, un Koechelin, le vieux, également sans
prénom, mais qui doit être identique au susdit meunier. De ce meunier
sont certainement issus une série de porteurs du nom de KOECHLIN ou
KOECHELIN, qui jusque vers la fin du XVe siècle paraissent
dans les registres de la taille et dans des documents mulhousiens de l’époque
et qui sont désignés comme habitant cette ville. Cette première
souche paraît s’être s’éteinte entre 1471 et 1489.
Werner Köchli, moine de Lucelle en Haute-Alsace,
est mentionné dans le registre mortuaire de ce couvent cistercien à la
date de 1412.
En 1401, il existait à Rœtelen, près de Lœrrach,
dans le grand-duché actuel de Bade, des KOECHLIN et, à peu près vers
la même époque, également à Fribourg-en-Brisgau. Par contre, la
vieille famille noble fribougeoise des KUECHLIN, KUECHELIN ou KUECHEL,
connu à partir de la moitié du XIIIe siècle et éteinte au
XVIe siècle, dont quelques membres, en partie gens d’Église,
ont été incorporés dans des généalogies de la famille KOECHLIN
publiées dans le tempes, cette famille noble, disons-nous, n’a aucun
rapport avec les KOECHLIN. En effet, les plus anciennes appellations documentaires de
la susdite famille sont invariablement orthographiées Kuechli,
Chuchelinus, Chükelj, Küchili et, plus tard, un village près de
Fribourg, qu’elle possédait en fief et qui existe encore aujourd’hui,
fut probablement nommé à cause d’elle Kiechlinsbergen (cf. carte). Du reste, les armoiries de ces KUECHLIN n’ont
aucune ressemblance avec les blasons KOECHLIN connus. (On trouve sur
un vitrail de l’hôtel Cluny à Paris, à la date de 1620, les
armoiries de Begunda Küchlin, dans lesquelles figure une tête
de vache… Annotation de l’édition généalogique de 1893.)
Il en résulte que les dénominations ci-dessus
dérivant plutôt de Kuchen, Kuechin, Kuch – noms portés du
XIVe au XVIe siècle par une lignée de l’ancien
comté rural de Baar appartenant alors aux Fürstenberg et par une autre
vivant, à la même époque, dans le Brigau – sont à considérer
comme des surnoms. Par conséquent, lorsque des membres de la famille
KUECHLIN ont été appelés par-ci par-là plus tard KOECHELIN, cela
provient de l’ignorance ou de l’inattention du rédacteur des
documents en question. Le nom de Küchlin est encore porté, d’ailleurs,
de nos jours dans quelques régions de la Suisse et de l’Allemagne.
A Bâle sont mentionnés d’abord Henma Köchlin,
fils de Nicolas zum Brunnen, le cuisinier et He. Köchelin,
le mesureur de grains, de Hagenthal, dans le Sundgau, qui tous les y
obtinrent le droit de bourgeoisie en 1393 pour leur participation à la campagne
de la ville contre Muttenz, près Bâle. Le premier d’entre
eux est probablement identique à Henman Kochli, l’aubergiste,
bourgeois de Bâle, qui acheta, en 1401, la maison dite "zum Obern
Tanz", située dans la rue de Fer et célèbre plus tard par les
peintures de Holbein. Ce même personnage est ensuite mentionné en
1402, sous le nom de Henman Köchli, l’aubergiste "zum
Tanz", avec Enneli (Annette), sa femme, laquelle Ennelina,
épouse de He. Köchli, suivant un autre document de 1405, était
une fille de Hans Verabende (Jean Feyerabend), le cuisinier et
bourgeois de Bâle.
Le second personne, He. Köchelin, de
Hagenthal, le mesureur de grains, était certainement le même que Henman
Köchlin, de Hegenheim, qui, en qualité de mesureur de grains et
bourgeois de Bâle, est cité souvent dans des documents de cette
époque et qui vécut au moins jusqu’en 1411. Par sa femme Angnes
(Agnès), il devint père d’un fils :
Conrad Köchlin, ainsi que d’une fille,
Greda (Marguerite) Köchlis, mariée, en premières
noces, à Henri Zscheggenbürlin, issus de la famille connue
des changeurs et patriciens, qui fut membre du tribunal de la ville à
partir de 1396. Il mourut en 1408, laissant un fils Jean
Zscheggenbürlin, qui devin plus tard zunftmestre en chef de
Bâle. En secondes noces, Greda, épousa Dietschin
Schultheiss, de Sursée, bourgeois de Bâle et est encore citée
en 1434 et en 1439 comme veuve de ce dernier.
Enfin, He. Köchlin doit être le père d’un
deuxième fils, peut-être plus âgé, soit de
Henmann Koechli, également mesureur de grains en 1406, mais qualifié
de "le jeune". A cette date, celui-ci achète une
propriété au Spalenberg avec sa femme Enneli. En 1429, une Ennelin
Köchlis ; probablement la même, alors veuve, ou une fille
de celle-ci, acquitte l’impôt sur une fortune de 50 à 100 florins.
En outre, en 1411, un Henmann Köchli est bourgeois et juge à
Rheinfelden. Nous ignorons cependant ce qu’il pouvait avoir de
commun avec l’un des ses deux homonymes de Bâle.
Dans
cette dernière ville vécurent encore par la suite, jusqu’au
commencement du XVIIIe siècle, différents porteurs du nom,
dont la filiation est indécise, sauf pour deux lignes qui s’éteignirent
au XVIIe siècle, dont l’une se fixa à Bâle, en 1614, en
la personne de Jean-Sébastien Köchlin, le cordonnier de
Schaffhouse, et y obtint le droit de bourgeoisie. En dehors de ceux qui
précèdent, il y avait à Liestal (cf. carte),
déjà avant la Réforme, une famille du nom de KÖCHLIN, qui y a encore
actuellement des descendants et dont des membres résidèrent
temporairement à Bâle, ainsi qu’à Illzach(1), près de
Mulhouse. Ces KÖCHLIN portaient, au XVIe siècle, souvent le
nom de Löw accolé au leur.
(1) Ambroise Koechlin, originaire de Liestal
(Suisse), épouse en 1665, à Illzach, Anna Hassler qui lui donna
trois fils : Ambroise, né en 1665 qui, marié à Élisabeth
Zurcher, eut un fils Ambroise, né en 1698 ; Sébastien,
né en 1668 ; Adam, né en 1670. Cette branche d’Illzach a
dû s’éteindre ou a émigré après 1698, car il n’en est plus
question après cette date.
A Zurich paraît, au XIVe siècle, pendant
quelque temps, une famille KOECHLIN ou KOECHLI. Henri Köchli,
bourgeois de Zurich, vivait vers 1320, suivant le registre des
anniversaires. Jean Köchlin, prêtre, qui en 1339, avait la
prébende de l’autel de Saint-Gall à la cathédrale de Zurich,
mourut, d’après le même registre, en 1350. Hänsli (Jannot) Köchli,
au Kratz, sur le territoire de l’ancienne commune rurale Enge, aurait
vécut en 1386.
A Constance
A Constance, on cite Conradus dit Köchli,
razor Constantiensis (barbier de Constance), en 1361. Plus tard, Joseph
de Singenberg dit Koechli(2), et sa femme Dorothée
Goldast résidèrent, dit-on, encore en 1461, à Constance et Etienne
Singenberg dit Koechli demeurait, en 1471, à Saint-Gall.
Ensuite Joseph Singenberg dit Koechli zu Zuckenriet, ou
plus tard von Zuckenriet, lequel appelé aussi Kuchli,
conseiller du prince-abbé de Saint-Gall, est nommé, en 1536,
tuteur de Conégonde Manz de Roggwil, veuve de Louis de Helmsdorf,
conseiller saint-gallois, landhofmestre et colonel, puis conseiller
wurtembergois. En 1543, le même acheta de la dit veuve, sa pupille, de
concerta avec Jean Moser, les droits seigneuriaux du château et du
village de Zuckenriet, situés dans le canton actuel de Saint-Gall,
ainsi que d’autres biens, après quoi les deux acquéreurs
revendirent, encore la même année, la dite seigneurie de Zuckenriet à
l’abbaye de Saint-Gall.
Ces Singenberg dit Koechli ont pu
amener d’anciens historiographes zurichois de la famille à supposer
que l’origine de leur souche remontait aux écuyers tranchants (et non
intendants) ou "Truchsess" de Singenberg, qui, après
la destruction du château-fort de c nom par les gens d’Appenzell en
1405 ; se seraient retirés à Saint-Gall, Constance et d’autres
lieux, et auraient adopté le nom de Koechli et la roture
bourgeoise ordinaire dans ces villes.
L’authenticité d’une pareille affirmation est à
nier formellement, car les vrais nobles de Singenberg étaient
éteints depuis longtemps lors de la destruction mentionnée du château
construit par eux, et cela déjà depuis 1267, de sorte que leurs
propriétés, fiefs de l’abbaye de Saint-Gall, firent retour au
couvent et furent ensuite données par les abbés, avec le château,
successivement à d’autres familles dont les destinées sont
suffisamment connues, soit en fiefs, en gages ou d’autre manière.
La dénomination KOECHLI n’a donc ici, sans aucun
doute possible, que la valeur d’un surnom accolé au nom d’une
souche roturière, même non affranchie au début, mentionnée dans les
pays du couvent de Saint-Gall à partir de 1374, année où Adélaïde
Singenberg, serve de Rodolphe de Rosenberg, fit un legs à l’église
de Henau, près de Wyl, dans le Toggenbourg inférieur. Plus tard cette
souche paraît s’être transplantée dans la ville de Saint-Gall, puis
ensuite, au XVIe siècle, de Saint-Gall à Zurich(3),
où d’ailleurs ses membres ne portèrent plus le surnom de KOECHLI et
où ils obtinrent le droit de bourgeoisie. Dans ces deux villes, le nom
de Singenberg est éteint depuis longtemps et n’a jamais, ainsi
qu’une autre famille d’homonymes établie au XVIIe et au
XVIIIe siècle à Brugg, dans le canton d’Argovie actuel,
rien eu de commun avec les véritables KOECHLIN ou KOECHLI.
De semblables surnoms, qui, comme déjà dit,
devinrent de véritables noms doubles, n’avaient absolument rien d’extraordinaire
jusque vers la fin du XVIe siècle, de sorte qu’il est
souvent difficile, pour ces familles, de les rattacher à leur
véritable souche, d’autant plus que si parfois le surnom
disparaissait, il arrivait aussi que le nom proprement dit étaient
abandonné au profit du surnom. Mais ce cas n’a pas pu se produire
pour les KOECHLIN, qui existaient déjà à Zurich et dans d’autres
endroits bien avant l’apparition des Singenberg dit Koechlin.
Jean
Adlischwyler, de Rapperswil (cf. carte),
reçu bourgeois de Zurich en 1491, beau-père du
théologien-réformateur zurichois bien connu, le pasteur en chef Henri
Bullinger, reçut de ses contemporains, suivant les mémoires de famille
laissés par ce dernier, le surnom de Hänsli (Jeannot) Köchli,
à cause de ses talents de cuisine, qu’il eut l’occasion de faire
valoir d’abord chez l’abbé Ulrich Trinkler, de Cappel, et chez le
célèbre bourgmestre Jean Waldmann, de Zurich, puis en qualité de
restaurateur (Stubenknecht) des tribus "zum Weggen" et
de la Mésange, ensuite comme aubergiste de l’Alsacien à Zurich, et
finalement, en 1512, comme cuisiner du capitaine zurichois lors de la
campagne des Confédérés en Italie, où il mourut devant Pavie. Ce
surnom en diminutif lui venait aussi de sa taille petite et replète,
mais il ne se transmit nullement à sa descendance et, au surplus, la
famille Adlischweiler n’a jamais rien eu de commun avec les
véritables KOECHLI de Zurich.
(2) C’est le personnage cité dans le manuscrit du
pasteur Jean-Jacques Koechlin, de Bærentschweil et à qui
Goldast, dans la nouvelle édition de Stumpff, a accolé le particule de
qui ne lui revenait certainement pas.
(3) Le 27 octobre 1564, le magistrat de Mulhouse
informe Georges Singenberg, bourgeois de Zurich, que Melchior Singenberg,
ouvrier armurier, fils de son frère David Singenberg, défunt,
bourgeois de Bâle, vient de mourir. Ce document figure au Contracten-Protokoll
XVII des Archives, entre les pages 516-519.
A
Schaffhouse apparaissent, en 1490, un Jean Köchli et sa femme
qui vendirent, de concert avec les époux Hensli Grosshans, de
Buchthalen (cf. carte), près de Schaffhouse,
au couvent de femmes de Sainte-Agnès à Schaffhouse, une forêt située
près de Doerflingen, dans le compté de Nellenburg (lequel fait
maintenant partie intégrante du canton de Schaffhouse). Les descendants
de cette lignée comptèrent plus tard dans leurs rangs des pasteurs,
puis des membres du Conseil de leur ville natale et, au XVIIIe
siècle, des bourgmestres et des pasteurs en chef. Les anciens écrits
familiaux des KOECHLIN de Zurich revendiquent aussi pour eux une
communauté de souche avec cette lignée de Schaffhouse, qui y était
encore représentée au XIXe siècle et dont, comme
mentionnée plus haut, un rameau eut passagèrement le droit de
bourgeoisie à Bâle. Mais le fait semble douteux car les armoiries des
KOECHLIN de Schaffhouse sont tout autres que celles de la famille de
Zurich(4).
Un Jean
Koechlin, dont on ignore la provenance et la souche, fut, en 1562,
chapelain à Kaiserstuhl (cf. carte) dans le
canton actuel d’Argovie. A citer encore, comme vivant en 1538, un Jean
Hert dit Köchlin, de Jestetten dans le Klettgau
(actuellement dans le grand-duché d Bade), localité voisine de
Schaffhouse.
En dehors des diverses familles susmentionnées au
nom de Koechlin, répandues autrefois dans le Sud de l’Allemagne et
dans le Nord de la Suisse, auxquelles il y a lieu d’ajouter encore une
branche à Stein-am-Rhein, dans le canton de Schaffhouse, il y eut d’ailleurs
des porteurs de ce nom, dès le XVe siècle, dans les
territoires intérieurs et de l’Ouest de la Confédération.
Dans la ville
de Bremgarten (cf. carte), alors ville
autrichienne, mais immédiatement après conquise par les Confédérés
et qui est située maintenant dans le soi-disant bailliage franc d’Argovie,
vivait en 1415, suivant le rôle de guerre des habitants établi alors,
un Heini (Henri) KÖCHLI qui est cité ensuite à diverses
reprises, de 1423 à 1429, comme membre du Conseil sous le nom de Henry
Koechly, Köchli et Köchlin. Un Erhard KÖCHLIN,
également de Bremegarten, mentionné déjà en 1604, en qualité de
prêtre à Lucerne, devint, en 1610, prévôt des chanoines de
Saint-Léger de cette ville, dignité qu’il conserva jusqu’à sa
mort, en 1637.
Puis Welty KOECHLY, de Schwyz, s’engagea, en
1466, comme mercenaire au service de la ville de Mulhouse. Jost
KÖCHLI, trésorier de Schwyz, paraît vers 1500. A Lucerne, on
trouve Lazare KOCHLY, qui se fit immatriculer en 1513 à l’Université
de Fribourg-en-Bresgau, comme Baccalaurens Artium, Jost KOCHLY,
dont la sœur Marthe était mariée à François Armbruster, de Berne
qui, lieutenant-colonel au service de France, périt avant elle, en
1527, devant Alexandrie (Italie). Ce Jost Kochly, membre du Petit
Conseil à Lucerne, en 1522, fut nommé, la même année, pour l’État
de Lucerne, capitaine délégué à Wyl, dans le territoire du
prince-abbé de Saint Gall. Ce dernier avait conclu un traité d’alliance et de
protection avec les quatre villes confédérées de Zurich, Lucerne,
Schwyz et Glaris (cf. carte), qui déléguaient
à tour de rôle auprès de lui, pour deux ans, un officier prenant
aussi le titre de "Landes-Hauptmann" des troupes de la dite
abbaye. Jost Köchli est cité maintes fois en cette qualité
avant la Réforme, mais on ignore si plus tard il continua a être au
service de l’abbé de Saint Gall.
Un Joss ou Joseph Kochli, probablement
son fils, ressortissant de l’abbaye de Saint Gall (et non bourgeois de
la ville de Saint-Gall, ainsi que le prétendent d’anciennes
indications de famille), fut, en 1552, capitaine au service du roi de
France. Ensuite, un autre Jost Köchlin, de Lucerne, devint
landvogt à Weggis en 1531. Elisabeth Köchlin apporta en dot la
"Grande cour" de Weggis à son mari, le damoiseau Josué
Grebel, issu de la souche zurichoise bien connue de ce nom, qui fut
admis, en 1551, à la bourgeoisie de Lucerne et nommé ensuite membre du
Grand Conseil de cette ville, ainsi que par trois fois landvogt à
Weggis. Wolfgang Koechlin, de Lucerne, vivait encore en 1624. En
outre, Bourcard Koechlin était membre du Grand Conseil de Berne
en l’an 1477.
Toutes ces familles KOECHLIN de Schwyz, Lucerne et
Berne, dont peut-être les deux premières ne font qu’une, ainsi que
celle de Bremgarten, étaient du reste éteintes déjà au commencement
du 19e siècle.
Enfin, en 1459, Laurent Kochli devint podestat
ou landvogt du comté de Worms ou Bormio, anciennement placé sous la
domination des Trois Ligues grises, mais faisant partie aujourd’hui de
la province italienne de Sondrio.
Aucune de toutes les familles et branches
susmentionnées ne paraît avoir une parenté quelconque avec la souche
actuelle et connue de Zurich, Mulhouse et Bâle, et les affirmations d’une
origine commune que contiennent d’anciennes chroniques de famille de
Zurich, avec noms à l’appui, sont pour le moins très sujettes à
caution. De même, les divers prêtres mentionnés par d’autres livres
de famille, comme ayant vécu dans le second moitié du 13e
siècle à Mulhouse, etc…, et portant un nom semblable à celui de
KOECHLIN, n’en était pas du tout et appartenaient, comme déjà dit,
à la lignée noble et depuis longtemps éteinte de Kuechlin ou Kuechelin,
de Fribourg-en-Brisgau. Au surplus, les noms de Koechlin, Kuechlin
et Kiechlin ont été si souvent confondus jadis dans les
documents, qu’il est aujourd’hui souvent difficile de les classer
exactement.
La famille actuelle des KOECHLIN de Zurich et ses
environs, de Mulhouse, de Bâle, etc…, par contre, remonte très
probablement à Jean KÖCHLIN, de Stein-am-Rhein, qui, en l’an
1440, obtint le droit de bourgeoisie à Zurich, car ce n’est qu’à
partir de lui qu’on peut prouver l’existence ininterrompue de la
famille à Zurich et environs où, après une courte apparition au 14e
siècle, le nom n’avait plus été cité depuis 1386. Cette lignée a
sans doute une origine commune avec la famille Koch, qui
apparaît en même temps que les Koechlin dans la dite ville de Stein(5)
(5) Cette ville fut, jusqu’en 1457, la propriété
des barons de Klingenberg, année où elle se libéra d’eux par voie d’achat,
obtenant ainsi la franchise de l’Empire mais, après une alliance de
25 ans avec Zurich et Schaffhouse, elle se mit elle-même sous la
protection et la souveraineté de Zurich, afin d’être mieux
protégée contre la noblesse du Hegau l’entourant et, en même temps,
débarrassée de ses dettes. Stein-am-Rhin a été attribué, en 1803,
au canton de Schaffhouse.
La famille Köch, mentionnée dès 1402, donna
à la ville de Stein plusieurs bourgmestres au 16e et au 18e
siècle. Au 17e siècle, un rameau s’en détacha et se
transplanta à Zurich où sa descendance est encore asse répandue. Les
deux lignées Köchli et Koch se maintinrent à Stein jusqu’au 18e siècle au moins ; celle des Köchli,
comme elle était appelée le plus souvent à Stein, y semble cependant
éteinte aujourd’hui. Parmi ces membres on connaît entre
autres :
Herman Köchlin qui, en 1465, possédait un
étal de chaussures devant l’hôpital, devint, en 1469, conseiller
de la ville et est mentionné de nouveau, en 1472, avec son étal de
chaussures, sous le nom de Hermann Koch.
Jean Köchli, juge à Stein, en 1472. Ensuite
un deuxième
Hermann Köchli qui, ‘Frühmesser’
(prêtre disant la première messe) à la chapelle de Saint Pierre
de l’église conventuelle, aujourd’hui église paroissiale de
Stein, échange, en 1472, fonctions et revenues avec Henri Koch,
curé de Rôtfeld, maintenant Rothfelden, près de Nagold, dans le
Wurtemberg, où le couvent de bénédictins de Stein possédait la
collation.
Laurent Köchlin, bourgeois de Stein, cité
plusieurs fois en 1595 et en 1596 et, enfin, un troisième
Hermann Köchli qui, en 1604, devint
bourgmestre de Stein.
Après sont établissement à Zurich en 1440, la
famille paraît s’être bientôt répandue en grande partie, ou
peut-être même dans sa totalité, dans les localités voisines. Les
registres d’imposition de 1467-1468 ne mentionnent pas encore le nom
parmi les imposées de la campagne zurichoise mais, en 1470, les rôles
contiennent déjà deux Georges Köchli à Wiedikon, avec leurs
femmes ; probablement le père et fils, dont l’un payait 3
schillings et l’autre 1 schilling d’impôt foncier. En outre, il y est question d’un Henri
Kôchli à Riesbach. Dans la ville de Zurich, par contre, d’après
ces mêmes rôles de 1470, il n’y aurait plus aucun porter du nom de
Köchli, de sorte qu’alors, suivant les apparences, toute la famille
ne comprenait que les deux Georges Köchli et Wiedikon et le Henri
Köchli de Riesbach (cf. carte). Pendant que
cette dernière localité et, en général, sur la rive droite du lac de
Zurich et de la Limmat, la souche ne fut pas continuée, elle s’étendit
au contraire fortement et très rapidement à Wiedikon et en d’autres
endroits de la rive gauche du lac et du fleuve.
Aberli Köchli acheta, en 1494, dans le
baillage forestier de Wiedikon, le "champ Köchli", près
de Kräuel, dans le champ de la Sihl, appelé plus tard Aussersihl.
Martin Köchli, de Wiedikon, fut puni en 1495
d’une amende de 10 schillings pour s’être laissé enrôler pour
la guerre, sans doute en Italie, où la France combattait alors
contre l’empereur.
Jean Köechli, sous-bailli, obtint en 1500,
un champ de la commune de Wiedikon. En 1516, la propriété de ce
sous-bailli portait son nom : " Vogt Köchlis Gut ".
En 1521, le même Jean Köchli, sous-bailli à Wiedikon, reçut de l’abbesse
du chapitre de Notre Dame de Zurich la cour appelée " Wilhöfli "
à Wiedikon et encore, en 1533, il est fait mention d’une maison
du même sous-bailli.
Sur le
rôle du " Glückshafen " de la fête de tire de
Zurich de 1504, ne figurent pas moins de 15 membres de plusieurs
ménages Köechli demeurant à Wiedikon, hommes, femmes et
enfants. De même, 11 personnes du nom à Enge, 6 à Wollishofen, 1 à
Schlieren, 1 à Urdorf (cf. carte) et, enfin,
de nouveau à Zurich même, inscrits comme participants ou comme parents
de participants.
Dans cette dernière ville, où les membres de la
famille qui étaient allés s’établir aux environs s’étaient, au
début, réservés le droit de bourgeoisie, plusieurs branches revinrent
s’y fixer à partir du commencement du 16e siècle et
certains de leurs membres obtinrent bientôt accès dans les Conseils
ainsi qu’à diverses fonctions publiques.
Peu de temps après la mention, en 1504, d’un Jacques
Köchli, fils de Martin Köchli, de Zurich, sur le rôle
" Glückshafen " (ce dernier peut être identique avec le Martin Köchli, de Wiedikon, puni en 1495 pour avoir fait du
service militaire à l’étranger), on trouve à Zurich un Barthélemy
Köchlin qui pourrait aussi être le même que Bartlime
Köchli inscrit sur le rôle de 1504 avec sa sœur Madeleine et
ses frères Jean et GeorgesKöchli ; d’Enge
et qui, en 1526, entra au Grand Conseil comme XII de la tribu
" zum Kämbel ". Il devint ensuite successivement,
en 1531, Amtmann de l’église Notre Dame, en 1541, zunftmestre de la
dite tribu " zum Kämbel " et membre du Petit
Conseil, en 1544 " Sihlherr " c’est à dire
administrateur de la foret de Sihl, près de l’Albisberg, en 1549,
grand-bailli à Horgen et, en 1553, directeur des constructions. Il fut
tué, en 1555, par une poutre jetée du haut d’une maison en
démolition et sa femme, Catherine Fänner le suivit dans la
tombe en 1556.
Leur fils Nicolas Köchli, né vers 1517,
devint un des XII de la tribu des Kämbel et membre du Grand Conseil en
1547, chambellan du chapitre de la cathédrale en 1548, scribe du
tribunal matrimonial en 1551, préposé en chef (Obmann) des Franciscains
ou surveillant de l’administration des biens du couvent
en 1554-1571, Conseilleur de la susdite tribu et membre du Petit Conseil
en 1566. Il mourut en 1582. Il avait été marié, en premières noces,
à Dorothée Ottlin et, en secondes noces, en 1575, à Catherine
Burkhardt. Dans les registres de baptêmes de Zurich on ne trouve
inscrits, comme issus de lui, que Jean Barthélemy, né en 1555, Cléophée,
née en 1556 et Jacques, né en 1558. En cette dernière année,
il y est mentionné comme parrain d’une fille d’Ulrich Zwingli,
pasteur de l’église des Prêcheurs et professeur de langue
hébraïque et de l’ancien Testament au Collège supérieur de Zurich,
un fils du célèbre réformateur zurichois. En 1574, on le trouve
également parrain d’une fille du beau-frère d’Ulrich Zwingli,
Louis Lavater, archidiacre et chanoine du chapitre de la cathédrale,
plus tard pasteur en chef de Zurich. Nicolas Köchli était donc
un homme très considéré et lié d’amitié avec les gens d’Eglise
de son temps. Il était vraisemblablement propriétaire du bien déjà
mentionné de Wiedikon, appelé " Vogt Köchlis Gut ",
désigné plus tard, sans doute d’après lui, sous le nom de
" Obmann Köchlis Guth ", de sorte qu’il y a lieu
d’admettre que la lignée, tout en ne paraissant pas descendre
directement de l’ancien sous-bailli Jean Köchli de Wiedikon, n’en
était pas moins en parenté assez rapprochée.
Jean-Jacques Köchli, un des XII de la tribu du
Kämbel et membre du Grand Conseil en 1583, grand-bailli à Hegi, près
de Winterthur, en 1594, mourut en 1602 à Winterthur en tombant par la
fenêtre pendant son sommeil et fut enterré à Zurich. Il avait
épousé, en 1578, Suzanne Kramer, qui ne lui donna point d’enfants
et qui se remaria, en 1605, avec Jean-Jacques Geszner, plus tard
zunftmestre de la tribu du Safran et membre du Petit Conseil, et
également grand-bailli à Hegi. Il n’est pas certain que ce Jean-Jacques
Köchli soit le même que le fils, né en 1558, du conseiller Nicolas
Köchlin car, à cette époque, on trouve plusieurs porteurs du nom
et prénoms. En outre, il a encore lieu de citer ici :
Jean-Henri Köchli, un des XII de la tribu du
Kämbel en 1574, mort en 1575.
Elisabeth Köchli, morte dans les années
1590, qui devint, en 1576, la deuxième des trois épouses de Burkhardt
Leemann, né en 1531, décédé en 1613, pasteur de l’église
des Prêcheurs et ancien professeur de langue hébraïque au
Collège supérieur, plus tard pasteur de l’église Notre Dame et
enfin pasteur en chef de la cathédrale de Zurich. Et, enfin
Catherine Köchli, qui devint, en 1584, la
troisième femme du damoiseau Alexandre Stockar zu Wyden, de
Schaffhouse, reçu bourgeois de Zurich en 1568. Ce dernier, né en
1537, mourut en 1611 comme bailli de la maison dite " Schaffhauser
Haus ", de Zurich.
D’autres membres de la famille Köchli
continuèrent à résider dans les environs de Zurich et leur
descendance se poursuivit notamment à Wiedikon, Enge, Wollishofen et
Schlieren. Comme les habitants des deux premiers endroits étaient
obligés, jusque dans les temps plus récents, de se faire baptiser,
marier et enterrer dans la ville de Zurich, et que dans les anciens
registres de paroisse, très incomplets, l’origine est rarement
indiquée, il est très difficile de distinguer tous ces Köchli entre
eux, et même de leurs homonymes de la ville, à moins de recherches d’archives
spéciales. C’est donc en puisant à d’autres sources qu’on
parvient à en mentionner quelques-uns, comme par exemple :
Gorius (Grégoire) Köchli qui reçut,
en 1560, en compagnie de Nicolas zur Linden et d’Uli Meyer, de
Wiedikon, de l’hôpital de Zurich, agissant en qualité de
successeur légal de l’ancien couvent des femmes de Seldenau,
près de Zurich (maintenant Selnau, un quartier de Zurich,
canton 1), une lettre d’investiture de la cour dite Kelnhof,
à Wiedikon, qu’ils détenaient en emphytéose héréditaire.
Georges Köchli de Wollishofen prit part à
la compagne des confédérés dans le milanais, en 1515, sous les
ordres du capitaine Jean Ziegler, de Zurich, et a dû, dans ces
conditions, assister à la célèbre bataille de Marignan. Un autre
membre de cette branche,
Diethelm Köchli, apparemment un fils de Jean Köchli de
Wollishofen, et
de Vérène Hausherr, qu’il épousa en 1542 à l’église de
Kilchberg, alors encore une paroisse de Wollishofen, traversa, dans
la seconde moitié du 16e siècle, le lac pour se fixer
à Hottingen (cf. carte), situé sur la
rive droite de la Limmat, par suite de son premier mariage avec une
jeune fille de cet endroit. Il y créa un nouveau rameau sur lequel
nous reviendrons plus loin. (C'est avec ce Diethelm et son père que
commencent les tableaux généalogiques de la famille.)
A Schlieren, situé plus loin sur la rive gauche du
fleuve, la famille Köchli était, surtout au milieu du 16e
siècle, fort nombreuse et il semble que, entre 1504 et 1550, il y ait
eu divers porteurs du nom d’autres localités qui s’y soient fixés
et qui seraient retournés ensuite, en partie, chez eux. Gébhard
Köchli, de Schlieren, obtint en 1552, que la cour de l’hôpital
possédée par lui et "ses ancêtres" en qualité d’emphytéose
ordinaire, fut transformée en emphytéose héréditaire. A cette
occasion, on cite comme propriétés voisines les champs de l’hôpital
d’Uli (Ulrich) Köchli et les champs de Junghauss
(le jeune Jean) Köchli. Uli Köchli était, en 1560, le
représentant du corps des villageois de Schlieren, à l’occasion d’une
décision du landvogt de Baden en Argovie, à qui ressortissait alors ce
village devenu zurichois plus tard, dans une contestation entre les ‘domiciliés’
et les bourgeois de Schlieren au sujet de la jouissance de champs, de
forets, du droit de vote, etc…
Dans les registres de baptêmes de Schlieren, enfin,
l’on trouve, entre 1553 et 1570, encore mentionnés comme pères ou
comme parrains : Hugues, Jean, Conrad, Pierre, Erhard, Nicolas,
Melchior, Itel, Hans, Gallus, Henri, Josse et Jacques Köchli,
soit toute une série de membres masculins adultes de la famille vivant
à la même époque.
De tous ces endroits du voisinage, dont il vient d’être question,
il y eut plus tard quelques membres de la famille qui retournèrent à
Zurich. Seulement, ils durent y acquérir à nouveau le droit de
bourgeoisie perdu par suite d’une absence trop prolongée. Pierre
Köchli, sans doute de Wiedikon, où un homonyme est mentionné à
cette date, devint, en 1553, bourgeois de Zurich, contre la taxe de 3
florins rhénans. Georges Köchli, polisseur d’Enge, obtint en
1564, le même droit de bourgeoisie, au même taux, les couteliers et
armuriers ayant demandé son admission. Jean-Jacques Köchli ou Köchlin,
le tisserand de Wiedikon, devint bourgeois de la ville en 1607 et Jean-Henri
Köchli de Schlieren, obtint encore, en 1666, comme employé de la
gabelle à Zurich, la confirmation du droit de bourgeoisie de la ville
(cf. tableau généalogique de la branche de Zurich)
qu’avait possédé son grand-père, né à Zurich, qui s’était
retiré plus tard à la " Cour des Koechlin " à
Schlieren, mais que son père (fils de ce dernier) avait négligé de
maintenir pour sa descendance. Ces détails sont donnés dans la demande
faite par Jean-Henri Köchli. De celui-ci est issue la seule
vieille souche bourgeoise des Köchlin de Zurich (nom qu’elle
porte aussi maintenant), encore existante, mais elle ne compte plus que
de rares membres résidant à Bâle et à Zumikon (canton de Zurich).
Toutes les autres anciennes branches du nom, de Zurich, se sont
éteintes ou ont émigré.
A Wiedikon et à Schlieren, endroits où par moments
vivaient le plus de représentants de la famille, celle-ci s’est
également éteinte après le 17e siècle. Par contre, à
Enge et à Wollishofen, elle s’est maintenue jusqu’à ces derniers
temps, (NDLR – texte écrit en 1913) de sorte que, lors que
le 1er janvier 1893, ces communes voisines furent
incorporées avec d’autres à la ville de Zurich, les membres de la
famille résidant alors dans les deux endroits, devinrent derechef
bourgeois de Zurich.
Parmi cette nouvelle lignée urbaine, qui a maintenu
de tout temps et maintient encore aujourd’hui l’orthographe Köchli,
comme appellation patronymique, il y a signaler les suivants :
Jean-Jacques Köchli de Wollishofen,
secrétaire de la Compagnie des chemins de fer suisses du Nord-Est,
à Zurich, décédé en 1891,
Charles-Auguste Köchli de Wollishofen,
bourgeois de Zurich depuis 1893, né en 1848, ancien caissier
cantonal des chemins de fer confédérés, et son fils
Ernst Köchli, né en 1875, docteur en
médecine à Kilchberg, près de Zurich, capitaine de santé et
médecin d’un bataillon d’infanterie de l’armée confédéré
suisse.
Le rameau transplanté à Hottingen n’y séjourna
pas longtemps non plus, par contre il poursuivit sa descendance à
Mulhouse et dans le Palatinat. A Mulhouse, ce fut Hartmann Köchlin,
fils aîné de Diethelm, de Hottingen, mentionné plus haut, qui
devint l’auteur de la grande famille actuelle des Koechlin de Mulhouse, dont une
partie s’est fixée plus tard à Bâle et, plus récemment, de nouveau
à Zurich.
Enfin, on trouve encore la famille, au moment de la
Réforme (1523), à Stammheim, canton de Zurich, non loin de
Stein-am-Rhein : Marguerite Köchli, de Stammheim, y
épousa, en 1525, le diacre ou pasteur-suffragant de l’endroit, Conrad
Egli.
Il y eut aussi des Köchlin, au 17e
siècle, à Uhwiesen, village près de Schaffhouse, mais faisant partie
du territoire de Zurich. Il s’y trouvait également, au 16e
siècle, une famille Koch, de sorte que ces deux familles
pourraient avoir entre elles une origine commune, comme peut-être aussi
avec les deux familles de même nom à Schaffhouse. Christophe Koch,
à Uhwiesen, acheta en 1593, une maison à Unterstrass, près de Zurich
et Bernard Köchlin, d’Uhwiesen, qui avait fait ses études à
Zurich, devint diacre à Stein-am-Rhein, obtint en 1636, le droit de la
bourgeoisie de la ville de Zurich, fut ensuite diacre à Turbenthal sur
la Töss, en 1644, pasteur dans le même endroit en 1647, pasteur de
Sankt Jakob, sur la Sihl, près de Zurich, en 1661, mais mourut déjà l’année
suivante, en 1662. Sa descendance s’éteignit bientôt après.
Au commencement du 19e siècle, une
famille Köchlin vivait à Elgg, près de Winterthur et, dans la
seconde moitié du 19e siècle, une autre s’écrivant Köchli
existait à Ober-Steinmaur, près de Regensberg, les deux endroits
faisant partie du canton de Zurich. Un rameau de cette dernière famille
se fit recevoir, en 1893, également bourgeois de la ville de Zurich.
Dans le canton de Berne, le nom de Köchli
existe encore dans différentes communes.