“Au
fil du siècle” par Jacques-Henry Gros
Des éditions La Nuée Bleue, dans la collection Figures d'Alsace, sous-titré
: Mémoires humanistes d'un chef d'entreprise mulhousien, nous avons la
chance de pouvoir lire l'autobiographie d'une personnalité mulhousienne qui
couvre près d'un siècle, le 20e. Elle condense tous les traits significatifs de
cette période si mouvementée pour l'Alsace : les guerres, les annexions, leurs
bouleversements, leurs destructions, les fidélités déchirées qu'elles
entraînent, les séparations. Et le courage de refaire, de recommencer quand il a
fallu s'exiler, perdre sa maison, son emploi, regrouper sa famille, recréer son
réseau d'amitiés et de travail. Accepter des responsabilités, prendre des
risques, créer des activités nouvelles à partir de ce qui est possible.
La vieille maison familiale a été détruite entièrement mais il reste les communs
dont on fera un logis agréable, un lieu hospitalier. Le terrain environnant est
inculte. On en fera, avec patience, avec l'aide compétente des amis et les bras
de la famille, un vignoble de grand cru. Telle industrie bat de l'aile, on la
renflouera ou on la réunira avec une autre qui la complétera.L'Allemagne est encore marquée par le passé du triste label "d'ennemi
héréditaire", la Suisse se méfie et se tient sur la réserve. Mais il faut mettre
ensemble toutes les ressources de la "Regio" (la région), exploiter ensemble les
communications, la voie rhénane, construire un grand aéroport commun à Bâle et à
Mulhouse.
Il faut aussi réunir les archives économiques, faire triompher dans tous les
domaines une coopération de construction et d'échange. Pour la culture, faire de
Mulhouse, la ville des musées et des universités populaires. C'est possible dans
ce milieu industriel où tant de parentés et de solidarité ont été la règle
pendant des générations. On a l'habitude de travailler ensemble, entre-soi, mais
aussi avec les voisins étrangers dont on parle la langue.Les chefs d'industrie qui sont revenus après la guerre pour reprendre leurs
biens et leurs activités, ont presque tous passé une partie de leur vie ailleurs
qu'à Mulhouse. Ils sont nés en Suisse, ou en France "à l'intérieur" où ils ont
des parents, des cousins, des souvenirs ou des biens. Jacques-Henri Gros, lui,
est né en Provence et il y a gardé un fort enracinement, à Calvaire dans le Var.
Tandis que celui de Martine, sa femme, se situe aux bords du lac de Zurich.
Cette expérience de "l'ailleurs" n'est pas un fait si général en France. C'est
pourquoi on peut lire, il me semble, un peu de son reflet dans le titre sous
lequel Jacques Henri Gros a placé son livre : Mémoires humanistes. Il est le
signe d'une richesse d'expérience acquise en des lieux divers et d'une valeur
humaine que des hommes comme l'auteur ont su positiver, y compris la longue
expérience du prisonnier de guerre.
Ainsi, ce livre rayonnet-il, digne d'admiration et de reconnaissance.
Madeleine
Fabre Koechlin
Michel
Hau et Nicolas Stoskopf “Les dynasties alsaciennes”
Mon premier texte concernant ce nouveau livre (mars 2005 aux Editions Perrin)
par Michel Hau et Nicolas Stoskopf se contentait de reproduire la 4è de
couverture. Puis je me suis mise à lire le livre ! C’est vraiment passionnant.
Certes, je viens de l’autre côté de La Manche et n’ai pas été bercée par
l’histoire et la culture alsacienne. J’ai donc toujours énormément à apprendre
et ce livre me fait découvrir une foule de faits et d’histoires qui expliquent
parfaitement la spécificité de Mulhouse et d’autres villes alsaciennes et
protestantes. En effet, le mode de gouvernement de la cité combiné avec la
religion de nos (vos !) ancêtres y est pour beaucoup dans leur réussite et dans
la longévité des dynasties.
Comme dit le livre : “Aucune région en Europe n’a sans doute produit
autant de dynasties roturières que l’Alsace. De nombreux métiers s’y
perpétuent encore aujourd’hui de père en fils. Ce phénomène est
particulièrement spectaculaire dans le milieu industriel. Dans le reste
du monde, rares sont les familles qui réussissent à se maintenir pendant
plus de trois générations à la tête d’une entreprise.
De longues lignées de Dollfus, de Mieg, de Koechlin ou de Schlumberger
ont traversé les siècles jusqu’à nos jours. Mais ces grandes familles
protestantes ne constituent pas un modèle unique : la variété des
destinées est à l’image de la diversité confessionnelle et culturelle de
l’Alsace.”
A lire d’urgence pour mieux comprendre nos ancêtres et le contexte de leurs
vies. Susan Koechlin
“Le
temps des fabriques”...
Créée par la Société d’Histoire et de Géographie de Mulhouse, la série
“Collections Mulhousiennes” ne comptait jusqu’à présent qu’un seul ouvrage : Le
patrimoine scolaire de Mulhouse par Raymond Oberlé, paru en 2002. Cet ouvrage
avait marqué la volonté de la SHGM d’éditer régulièrement des ouvrages
historiques de qualité. C’est ainsi que Les temps des frabriques est en
préparation.
La densité des souvenirs exprimés par de nombreux lecteurs, l’iconographie d’une
exceptionnelle richesse, classent cet ouvrage dans le peloton de tête des livres
consacrés à l’histoire récente de Mulhouse et sa singulière saga industrielle.
Quasiment tout ce que décrit l’auteur, Roland Fischer, a aujourd’hui
complètement disparu du paysage urbain.
La sortie du livre est prévue début juin 2005. Jusqu’à sa parution, il peut être
commandé à l’Imprimerie Ruge, 25 rue de la Fidélité, 68200 Mulhouse
(Tél.: 03 89 42 27 71) au prix de 20 € + 6.50 € de frais de port.
“L’immigration
en Suisse, cinquante ans d’entrouverture” par Etienne Piguet
Docteur en économie politique de l’Université de Lausanne, Etienne Piguet
(GA2363, neveu de Michel K. dont il était question dans le précédent BK) occupe
actuellement une chaire de géographie humaine à l’Université de Neuchâtel. Ses
recherches portent notamment sur les flux et les politiques migratoires,
l’intégration et l’asile en Suisse. Il a publié, à l’automne dernier,
L’immigration en Suisse - Cinquante ans d’entrouverture (Ed. PPUR, collection
‘Le savoir suisse’).
“Enfants
Maudits” par Jean-Paul Picaper
Un historien de la Seconde Guerre Mondiale, Jean-Paul Picaper, vient de sortir
un livre sur un sujet "sensible" dont on avait très peu parlé jusqu'ici - et qui
intéresse au plus haut point les Alsaciens : les enfants nés de couples mixtes
franco-allemands. Il s'agit des Enfants maudits aux Editions Syrtes, 2004.
Son texte, passionnant, très bien écrit, intéressera nos lecteurs comme il m'a
intéressé !
Jean-Paul Picaper, que j'ai rencontré, prépare un second livre sur le sujet et,
plus particulièrement, sur les enfants nés en Alsace de ces amours interdites.
(Il existe à Berlin un fichier spécialisé permettant de retrouver les parents de
ces enfants injustement rejetés.)
Si vous connaissez des cas, vous pouvez les signaler à Jean-Paul Picaper en lui
écrivant aux Editions des Syrtes, 74 rue de Sèvres, 75007 Paris.
Dorothée Koechlin de Bizemont (AH11311)
“Bob
Dylan, Epitaphes 11” par Stéphane Koechlin
Face à un créateur tel que Bob Dylan, plus qu’une rock star, un véritable mythe,
toujours présent mais aussi insaisissable qu’à ses débuts, comment se contenter
d’une biographie classique, strictement chronologique ?
Stéphane Koechlin (AH452212****), fin connaisseur de la culture noire américaine
et du blues si chers à Dylan, est parti du coeur même de son oeuvre : son livre
Tarantula, et le fameux texte, 11 Outlined Epitaphs, parus sur la pochette de
son troisième album.Critique musical et nouvelliste, Stephane K. A consacré plusieurs ouvrages au
bleues : Le Blues et John Lee Hooker (Librio/J’ai Lu). Il a publié une
biographie de Biran Jones et un recueil de nouvelles, Les Contes du Mississipi.
Bob Dylan, Epitaphes 11 est son huitième ouvrage et est publié chez Flammarion.
Qui
est ce R. Koechlin ?
Ce joli petit livre a été publié par A. Deneraz-Spengler & Co à Lausanne dans
les années 30. Mais qui peut être l’auteur ? Si vous le connaissez, veuillez
nous indiquer son prénom complet. Merci.