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BK no 49 - Printemps 2003

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Les Koechlin d'aujourd'hui et le bénévolat

par Gwenaëlle de Bizemont-Rollet (AH113112)

Gwenaëlle de Bizemont Rollet (AH113112)Comme vous l’avez sûrement constaté dans les articles qui nous parlent de nos ancêtres, les Koechlin ont depuis toujours un certain souci “social”, c’est à dire une vraie volonté de se tourner vers les autres… que ce soit dans l’action avec du temps donné ou dans l’offre de moyens. Que d’écoles, de dispensaires et autres villages d’ouvriers nos arrières grands-pères dans l’industrie ont financés, soutenus, fondés…

Aujourd’hui encore, discrètement, mais efficacement, je sais que beaucoup d’entre vous continuent cette tradition familiale, en s’impliquant concrètement dans des projets “pour aider”.

Pour ceux d’entre vous qui, comme moi, se considèrent relativement gâtés par la vie et réalisent qu’il est temps de “rendre” un peu, voici une rubrique dans laquelle, si vous le désirez, vous pourrez faire partager votre expérience. Que ce soit dans une association, sur un projet humanitaire ou autre, racontez-nous ce chemin afin de faire connaître à la famille d’autres causes que celles de notre environnement immédiat… et de nous inspirer quelques réflexions sur notre vie contemporaine.

(Contactez moi : gwenaelle@bizemont.com)

Pour cette première interview, il semblait intéressant de savoir ce que font les membres du Comité de rédaction de votre BK… lorsqu’il leur reste encore un peu de temps après l’organisation de ce dernier !

Voici donc une interview de Susan, membre actif du comité et responsable de ce site.

 

Vous semblez être très impliquée dans une association visant à lutter contre la drogue : pouvez-vous nous dire, en quelques mots, le nom de cette organisation, et son but ?

L’association s’appelle Drogues Information Prévention 307 (DIP 307, du numéro de la route départementale qui lie les 9 communes faisant partie de ce groupe de travail). Elle fut créée il y a 15 ans, pour venir en aide à des parents confrontés aux difficultés dues à la prise de drogues par leurs enfants. Depuis, solide de son expérience, son action s’est élargie pour mettre en place une politique de prévention à travers des campagnes d’éducation très larges sur la santé et le rôle des parents.

D’où vient cette idée de vous engager pour cette cause particulière, vous qui avez probablement des enfants dans de très bonnes écoles, à l’abri de ces dangers ?

Susan KoechlinNos enfants étaient, il est vrai, dans un excellent lycée privé de Versailles. Mais dire qu’ils étaient “à l’abri de ces dangers…” me fait bondir ! Tout le monde est concerné, quel que soit son milieu. Des gamins avec un peu plus d’argent de poche que d’autres ne sont certainement pas épargnés. Et leurs parents auraient tort de penser que cela n’arrive qu’aux autres !

Le chemin qui m’a mené jusqu’à la DIP est, tout compte fait, plus qu’ordinaire. Nos deux fils nous ont toujours accompagnés lors des séjours professionnels de mon mari à travers l’Afrique francophone, puis la Grande-Bretagne. C’est donc dans un grand nombre d’associations de parents d’élèves que j’ai proposé mon temps et mes capacités… Cette ‘carrière’ de parents d’élève s’est terminée par quelques années à la tête d’une association de lycée à Versailles. C’était l’époque où l’on prenait, con¬science que le cannabis n’était pas seulement un problème de “banlieues défavorisées”. C’était aussi une époque de grand chômage parmi les jeunes, même diplômés, avec de surcroît l’arrivée du SIDA… Informer les lycéens et les collégiens devenait vital. Nous avons, parfois bien maladroitement au début, organisé des conférences, expositions et autres tables rondes.

Et puis nos garçons sont partis étudier plus loin et je n’étais plus ‘parent d’élève’. Cependant une transition s’offrait à moi en cette même année quand on me demanda de faire partie de l’équipe municipale lors des élections de 1995. Avec une mission tournée particulièrement vers les adolescents de notre commune, c’est tout naturellement que j’ai pris connaissance de la DIP 307 et de ses actions.

La drogue est un sujet qui a tellement été exploré, on se demande parfois s’il reste des choses à faire dans ce domaine… Où en sommes nous aujourd’hui ?

Si c’est mon mandat qui m’a permis de rencontrer cette association “de l’ombre”, c’est de tout cœur, en tant que citoyenne, que je les ai rejoints. La prévention est un travail de longue haleine, sans remise de prix en fin d’année… Cela me convenait parfaitement. Il y avait beaucoup à apprendre ; de la bonne volonté ne suffit pas dans ce domaine où tant de facteurs doivent être pris en compte.

Des formations et apprentissages pour devenir adulte-relais, la mise en place d’actions parfois lourdes en direction des établissements scolaires de la région, la création de groupes de paroles pour les parents un peu déboussolés par leur rôle aujourd’hui… Tout se fait toujours avec une équipe de personnes passionnées et pleinement engagées dans ce travail.

Mon nouveau mandat d’adjoint responsable des affaires scolaires ne me permet plus d’être ‘sur le terrain’ autant que par le passé… mais je ressens toujours, comme vous le dites si justement, que de “rendre” un peu est plus que nécessaire. Le bonheur du bénévolat - en tant qu’élu ou dans une association - vient du fait que l’on a toujours l’impression de recevoir plus que ce que l’on donne et pourtant personne ne ménage temps, énergie ou effort!

La drogue, les drogues… Tous les quatre ans l’effectif d’un collège est entièrement renouvelé. Informer, prévenir, travailler au plus près des jeunes d’aujourd’hui me paraît toujours d’actualité. Le mal-être des ados n’est pas un phénomène de mode… Les parents sont toujours aussi désemparés lorsqu’ils découvrent des substances suspectes dans la chambre de leur enfant et, dans beaucoup de communes où ils se sentent un peu à l’abri des faits de délinquance des “banlieues”, la vérité est parfois dure à appréhender!

Quels sont les projets de votre association pour les deux prochaines années ?

Une association de foot pourrait espérer gagner la coupe, une association caritative espèrerait avoir trouvé suffisamment de fonds pour soulager telle ou telle difficulté mais une association de prévention ne peut que continuer sur sa lancée… Toujours plus d’engagement, formation et apprentissage pour les adultes bénévoles, toujours plus d’actions, encore mieux ciblées, en direction de la jeunesse et de leurs parents. Et toujours un espoir que l’information est “passée” et que quelques uns auront entendu le message.

 

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007