Comme vous
l’avez sûrement constaté dans les articles qui nous parlent de nos
ancêtres, les Koechlin ont depuis toujours un certain souci “social”,
c’est à dire une vraie volonté de se tourner vers les autres… que ce soit
dans l’action avec du temps donné ou dans l’offre de moyens. Que d’écoles,
de dispensaires et autres villages d’ouvriers nos arrières grands-pères
dans l’industrie ont financés, soutenus, fondés…
Aujourd’hui encore, discrètement, mais efficacement, je sais que beaucoup
d’entre vous continuent cette tradition familiale, en s’impliquant
concrètement dans des projets “pour aider”.
Pour ceux d’entre vous qui, comme moi, se considèrent relativement gâtés
par la vie et réalisent qu’il est temps de “rendre” un peu, voici une
rubrique dans laquelle, si vous le désirez, vous pourrez faire partager
votre expérience. Que ce soit dans une association, sur un projet
humanitaire ou autre, racontez-nous ce chemin afin de faire connaître à la
famille d’autres causes que celles de notre environnement immédiat… et de
nous inspirer quelques réflexions sur notre vie contemporaine.
(Contactez moi :
gwenaelle@bizemont.com)
Pour cette première interview, il semblait intéressant de savoir ce que
font les membres du Comité de rédaction de votre BK… lorsqu’il leur reste
encore un peu de temps après l’organisation de ce dernier !
Voici donc une interview de Susan, membre actif du comité et responsable
de ce site.
Vous semblez être très impliquée dans une association visant à lutter
contre la drogue : pouvez-vous nous dire, en quelques mots, le nom de
cette organisation, et son but ?
L’association s’appelle Drogues Information Prévention 307 (DIP 307, du
numéro de la route départementale qui lie les 9 communes faisant partie de
ce groupe de travail). Elle fut créée il y a 15 ans, pour venir en aide à
des parents confrontés aux difficultés dues à la prise de drogues par
leurs enfants. Depuis, solide de son expérience, son action s’est élargie
pour mettre en place une politique de prévention à travers des campagnes
d’éducation très larges sur la santé et le rôle des parents.
D’où vient cette idée de vous engager pour cette cause particulière, vous
qui avez probablement des enfants dans de très bonnes écoles, à l’abri de
ces dangers ?
Nos enfants étaient, il est vrai, dans un excellent lycée
privé de Versailles. Mais dire qu’ils étaient “à l’abri de ces dangers…”
me fait bondir ! Tout le monde est concerné, quel que soit son milieu. Des
gamins avec un peu plus d’argent de poche que d’autres ne sont
certainement pas épargnés. Et leurs parents auraient tort de penser que
cela n’arrive qu’aux autres !
Le chemin qui m’a mené jusqu’à la DIP est, tout compte fait, plus
qu’ordinaire. Nos deux fils nous ont toujours accompagnés lors des séjours
professionnels de mon mari à travers l’Afrique francophone, puis la
Grande-Bretagne. C’est donc dans un grand nombre d’associations de parents
d’élèves que j’ai proposé mon temps et mes capacités… Cette ‘carrière’ de
parents d’élève s’est terminée par quelques années à la tête d’une
association de lycée à Versailles. C’était l’époque où l’on prenait,
con¬science que le cannabis n’était pas seulement un problème de
“banlieues défavorisées”. C’était aussi une époque de grand chômage parmi
les jeunes, même diplômés, avec de surcroît l’arrivée du SIDA… Informer
les lycéens et les collégiens devenait vital. Nous avons, parfois bien
maladroitement au début, organisé des conférences, expositions et autres
tables rondes.
Et puis nos garçons sont partis étudier plus loin et je n’étais plus
‘parent d’élève’. Cependant une transition s’offrait à moi en cette même
année quand on me demanda de faire partie de l’équipe municipale lors des
élections de 1995. Avec une mission tournée particulièrement vers les
adolescents de notre commune, c’est tout naturellement que j’ai pris
connaissance de la DIP 307 et de ses actions.
La drogue est un sujet qui a tellement été exploré, on se demande parfois
s’il reste des choses à faire dans ce domaine… Où en sommes nous
aujourd’hui ?
Si c’est mon mandat qui m’a permis de rencontrer cette association “de
l’ombre”, c’est de tout cœur, en tant que citoyenne, que je les ai
rejoints. La prévention est un travail de longue haleine, sans remise de
prix en fin d’année… Cela me convenait parfaitement. Il y avait beaucoup à
apprendre ; de la bonne volonté ne suffit pas dans ce domaine où tant de
facteurs doivent être pris en compte.
Des formations et apprentissages pour devenir adulte-relais, la mise en
place d’actions parfois lourdes en direction des établissements scolaires
de la région, la création de groupes de paroles pour les parents un peu
déboussolés par leur rôle aujourd’hui… Tout se fait toujours avec une
équipe de personnes passionnées et pleinement engagées dans ce travail.
Mon nouveau mandat d’adjoint responsable des affaires scolaires ne me
permet plus d’être ‘sur le terrain’ autant que par le passé… mais je
ressens toujours, comme vous le dites si justement, que de “rendre” un peu
est plus que nécessaire. Le bonheur du bénévolat - en tant qu’élu ou dans
une association - vient du fait que l’on a toujours l’impression de
recevoir plus que ce que l’on donne et pourtant personne ne ménage temps,
énergie ou effort!
La drogue, les drogues… Tous les quatre ans l’effectif d’un collège est
entièrement renouvelé. Informer, prévenir, travailler au plus près des
jeunes d’aujourd’hui me paraît toujours d’actualité. Le mal-être des ados
n’est pas un phénomène de mode… Les parents sont toujours aussi désemparés
lorsqu’ils découvrent des substances suspectes dans la chambre de leur
enfant et, dans beaucoup de communes où ils se sentent un peu à l’abri des
faits de délinquance des “banlieues”, la vérité est parfois dure à
appréhender!
Quels sont les projets de votre association pour les deux prochaines
années ?
Une association de foot pourrait espérer gagner la coupe, une association
caritative espèrerait avoir trouvé suffisamment de fonds pour soulager
telle ou telle difficulté mais une association de prévention ne peut que
continuer sur sa lancée… Toujours plus d’engagement, formation et
apprentissage pour les adultes bénévoles, toujours plus d’actions, encore
mieux ciblées, en direction de la jeunesse et de leurs parents. Et
toujours un espoir que l’information est “passée” et que quelques uns
auront entendu le message.