Le journal L’Alsace, en collaboration avec l’association Connaissance du
Patrimoine-Cercle Louis Abel, avait proposé à ces lecteurs de participer à un
jeu-concours autour du patrimoine mulhousien du 4 juillet au 26 août 2000.
Il y avait deux rendez-vous chaque semaine : le mardi, avec la question de la
semaine accompagnée d’une photo représentant une fabrique au XIXe siècle
servant d’indice. Il s’agissait de retrouver dans la ville d’aujourd’hui,
le site de la manufacture représentée par la photo. En fin de semaine, la
réponse avec la photo prise de nos jours au même endroit que la photo ancienne
ainsi que la liste des cinq gagnants de la semaine, tirés au sort parmi les
bonne réponses. A l’issue du jeu, qui comportait huit questions, l’ensemble
des bulletins envoyés ont participé à un super-tirage dont le gagnant s’est
vu offrir par Starter un séjour d’une semaine à Malte, pour deux personnes.
Pour les lecteurs du BK, voici quelques unes des questions. Si vous avez les
réponses, écrivez-nous.
Question
Nº 2
Nicolas Koechlin (1781-1852),
célèbre capitaine d’industrie, est connu pour ses action d’éclat, la
création des lignes de chemin de fer Mulhouse-Thann, puis Strasbourg-Bâle, la
construction du Nouveau Quartier ou son action en faveur de la réglementation
du travail des enfants.
Dès 1800, Nicolas Koechlin et ses frères fondent une société spécialisée
dans les tissus imprimés. En 1820, ils construisent une grande filature dans la
cour d’un bâtiment célèbre de Mulhouse, dans ce qui était alors la rue des
Champs-Élysées.
L’usine est cédée en 1842 à Jourdain, Hirn & Guth, maison qui devient,
en 1852, les établissements Xavier Jourdain. La filature brûle,
accidentellement, en juillet 1870 et n’est pas reconstruite. Par la suite le
bâtiment du XVIIIe siècle, qui n’avait pas été touché par l’incendie,
est racheté par la ville qui y installe, en 1976, une école primaire. De
quelle école s’agit-il ?
L'illustration est une reproduction de la lithographie dessinée en 1823 par
Jean Mieg et imprimée par Godefroy Engelmann : Filature de MM. Nicolas Koechlin
& Frères à Mulhouse.
Question
Nº 4
L’illustration montre les établissements André Koechlin &
Cie entre 1840 et 1845. Elle présente le grand intérêt de montrer l’usine
telle qu’elle se présentait à ses débuts alors que la voie de chemin de fer
passait déjà à proximité et qu’elle possédait encore un port privé
relié au canal du Rhône au Rhin. La “fonderie”, comme les Mulhousiens ont
longtemps pris l’habitude de la nommer, a été créée en 1826 par André
Koechlin, Mathias Thierry (le mari de sa cousine germaine, Suzanne) et Henri
Block (le mari de sa nièce, Julie Bourcart).
Afin de donner une impulsion décisive à leur entreprise de construction
mécanique, les fondateurs de l’entreprise se tournent vers la plus célèbre
société britannique du temps, Sharp, Robert & Cie de Manchester, qui monte
une usine ‘clés en mains’ à Mulhouse.
Par la suite, l’entreprise parvient progressivement à s’émanciper du
savoir-faire des techniciens anglais, sans lesquels elle n’aurait pas pu
acquérir rapidement sa technicité. L’entreprise fabrique des turbines
hydrauliques (1834), des machines à vapeur et des locomotives (1839), sans
compter de nombreuses machines textiles, d’abord sous brevet anglais, puis de
conception locale.
En 1864, les Ateliers
André Koechlin & Cie produisent leur millième locomotive et sont devenus
un des acteurs majeurs de la construction ferroviaire européenne.
En 1870, l’Alsace change de nationalité et quitte le giron de la France pour
intégrer le nouvel Empire d’Allemagne. Après une période transitoire qui
permettait aux entreprises alsaciennes de vendre en franchise de douane en
France, tout le réseau commercial devait être bouleversé.
L’entreprise André Koechlin & Cie doit s’adapter. Elle se transforme en
société anonyme puis fusionne avec les ateliers de construction de
Graffenstaden et prend, en 1872, un nouvel nom. L’usine de Belfort est
construite (1879) et alimente le marché français, alors que les usines d’Illkirch-Graffenstaden
et de Mulhouse développent leur stratégie autour du marché local et se
développent progressivement en direction de l’Allemagne et de l’Europe
centrale.
En 1900, la 5000e locomotive sortait des ateliers de Belfort. Comment s’appelle
cette entreprise à partir de 1872 ?
Question
Nº 6
La lithographie permet de voir l’état de construction des
établissements Dollfus Mieg & Cie en 1822. L’usine se développe autour
du Steinbächlein, petit canal médiéval qui alimentait les fossés de Mulhouse
en eau de la Doller via le Dollergraben, à l’emplacement de l’avenue
Kennedy, mais qui servait tout d’abord à actionner toute une série d’installations
hydrauliques, moulins, foulons, et à irriguer les prés en aval.
Ce cours d’eau, indispensable à l’industrie de l’impression par la
pureté de ses eaux, est d’ailleurs parfaitement visible sur cette vue; Les
prés ont également une importance capitale à l’époque. Ils permettent d’étendre
les cotons écrus afin de les blanchir par exposition au soleil et arrosage à l’eau
claire et non calcaire du Steinbächlien, mais également à étendre les
étoffes imprimées ou teintes. Le ramassage des étoffes est d’ailleurs bien
représenté ici.
L’entreprise Dollfus Mieg & Cie apparaît en 1800. A l’origine elle ne
produit que des tissus imprimés, ou indiennes. Dès 1806 apparaît le tissage
puis, en 1812, une filature; En 1813 est installée la première machine à
vapeur de la région. En 1841 apparaît le fil à coudre DMC, qui ne tarde pas
à obtenir une notoriété internationale. Les établissements DMC ont à leur
tête, durant tout le XIXe siècle, des dirigeants exceptionnels. Le plus connu,
pour son activité au sein de l’entreprise, mais également pour son
engagement dans la vie publique est Jean Dollfus(1800-1887-GC1/197). On lui
doit, entre autres, la création des cités ouvrières, dont il fut l’acteur
décisif.
Sa résidence, construite sur les hauteurs de Dornach, a été cédée de son
vivant, en 1883, pour constituer un asile pour les vieillards. En 1887, la
fondation est reprise par le Diaconat. Cet asile a été considérablement
transformé mais une partie du bâtiment initial existe toujours. Comment s’appelait
la propriété de Jean Dollfus ?
Jean Dollfus était le fils du fondateur de l’entreprise Dollfus Mieg &
Cie, Daniel Dollfus, dont la femme était Anne Marie Mieg. Il avait épousé
Anne-Catherine Bourcart (GC1), fille d’Élisabeth Koechlin et petite fille de
Jean-Jacques K. Les imbrications des ces familles étaient très nombreuses. Par
exemple, Anne-Catherie était cousine germaine de Julie Caroline K. (GI3), l’épouse
du Nicolas (AJ5)
mentionné dans ces pages. Deux des enfants de Jean Dollfus ont épousé des
Koechlin. Nous vous avons relaté les noces de Camille et Jules K. (155/AM6) dans le BK 41. L’année d’après c’est
Caroline qui a épousé le cousin germain de Jules, Ferdinand K. (159/AN1).
Question
Nº 7
L’illustration
montre les établissements d’impression sur étoffes Nicolas Koechlin &
Frères qui prend, pour ce site, le nom de Frères Koechlin après 1831. L’entreprise
débute son activité place Lambert, en 1800, sous la responsabilité de Nicolas
Koechlin (1781-1852) âgé de 19 ans à peine.
L’entreprise est issue en droite ligne de la première manufacture de
Mulhouse, fondée en 1746 par Samuel Koechlin (grand-père de Nicolas et d’André)
et ses associés, Jean-Jacques Schmalzer, Jean-Henri Dollfus et Jean-Jacques
Feer.
Vers 1806, l’entreprise construit des ateliers à proximité du Schlittweg,
chemin qui conduit de Dornach à la route royale de Colmar (avenue de Colmar) et
qui sera par la suite abandonné et transformé en fossé de drainage au profit
d’un nouvel axe de circulation, moins soumis aux inondations, la chaussée de
Dornach, ou Stressla, l’actuelle avenue Aristide-Briand.
Dès 1806-1807, l’usine, qui jouxte le Steinbächlein, est équipée d’une
machine à imprimer au rouleau. En 1820, l’entreprise construit une filature
dans la cour de la Cour de Lorraine. En 1831, date à laquelle l’entreprise
est scindée en quatre branches, la société possède filature et impression à
Mulhouse, filature, tissage et blanchiment à Masevaux, impression et tissage à
Lörrach (où l’actuelle Koechlin, Baumgartner et Cie, tissage, à son
siège), ainsi que des succursales commerciales à Paris, Lyon, Bordeaux et
Toulouse.
L’entreprise Koechlin Frères, la dernière à pratiquer l’impression sur
tissus à Mulhouse, ferme ses portes en mai 1935; Les bâtiments sont
progressivement démolis pour laisser place à un terrain vague. En décembre
1971 est achevé un groupe scolaire qui est implanté sur une partie du site
industriel de l’entreprise Frères Koechlin.
Ce groupe scolaire a remplacé l’école Nessel, elle-même située dans l’ancienne
usine qui sera démolie pour permettre l’installation du parking du lycée
Albert Schweitzer. De quel groupe scolaire s’agit-il ?