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BK no 45 - Décembre 2000

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Au fil des indiennes...

Jeu-Concours

Le journal L’Alsace, en collaboration avec l’association Connaissance du Patrimoine-Cercle Louis Abel, avait proposé à ces lecteurs de participer à un jeu-concours autour du patrimoine mulhousien du 4 juillet au 26 août 2000.

Il y avait deux rendez-vous chaque semaine : le mardi, avec la question de la semaine accompagnée d’une photo représentant une fabrique au XIXe siècle servant d’indice. Il s’agissait de retrouver dans la ville d’aujourd’hui, le site de la manufacture représentée par la photo. En fin de semaine, la réponse avec la photo prise de nos jours au même endroit que la photo ancienne ainsi que la liste des cinq gagnants de la semaine, tirés au sort parmi les bonne réponses. A l’issue du jeu, qui comportait huit questions, l’ensemble des bulletins envoyés ont participé à un super-tirage dont le gagnant s’est vu offrir par Starter un séjour d’une semaine à Malte, pour deux personnes.

Pour les lecteurs du BK, voici quelques unes des questions. Si vous avez les réponses, écrivez-nous.

 

Question Nº 2

Filature de MM. Nicolas Koechlin & Frères à MulhouseNicolas Koechlin (1781-1852), célèbre capitaine d’industrie, est connu pour ses action d’éclat, la création des lignes de chemin de fer Mulhouse-Thann, puis Strasbourg-Bâle, la construction du Nouveau Quartier ou son action en faveur de la réglementation du travail des enfants.

Dès 1800, Nicolas Koechlin et ses frères fondent une société spécialisée dans les tissus imprimés. En 1820, ils construisent une grande filature dans la cour d’un bâtiment célèbre de Mulhouse, dans ce qui était alors la rue des Champs-Élysées.

L’usine est cédée en 1842 à Jourdain, Hirn & Guth, maison qui devient, en 1852, les établissements Xavier Jourdain. La filature brûle, accidentellement, en juillet 1870 et n’est pas reconstruite. Par la suite le bâtiment du XVIIIe siècle, qui n’avait pas été touché par l’incendie, est racheté par la ville qui y installe, en 1976, une école primaire. De quelle école s’agit-il ?

L'illustration est une reproduction de la lithographie dessinée en 1823 par Jean Mieg et imprimée par Godefroy Engelmann : Filature de MM. Nicolas Koechlin & Frères à Mulhouse.

 

Question Nº 4

Reproduction de la vue des établissements André Koechlin & CieL’illustration montre les établissements André Koechlin & Cie entre 1840 et 1845. Elle présente le grand intérêt de montrer l’usine telle qu’elle se présentait à ses débuts alors que la voie de chemin de fer passait déjà à proximité et qu’elle possédait encore un port privé relié au canal du Rhône au Rhin. La “fonderie”, comme les Mulhousiens ont longtemps pris l’habitude de la nommer, a été créée en 1826 par André Koechlin, Mathias Thierry (le mari de sa cousine germaine, Suzanne) et Henri Block (le mari de sa nièce, Julie Bourcart).

Afin de donner une impulsion décisive à leur entreprise de construction mécanique, les fondateurs de l’entreprise se tournent vers la plus célèbre société britannique du temps, Sharp, Robert & Cie de Manchester, qui monte une usine ‘clés en mains’ à Mulhouse.

Par la suite, l’entreprise parvient progressivement à s’émanciper du savoir-faire des techniciens anglais, sans lesquels elle n’aurait pas pu acquérir rapidement sa technicité. L’entreprise fabrique des turbines hydrauliques (1834), des machines à vapeur et des locomotives (1839), sans compter de nombreuses machines textiles, d’abord sous brevet anglais, puis de conception locale.

Une partie des bâtiments aujourd'huiEn 1864, les Ateliers André Koechlin & Cie produisent leur millième locomotive et sont devenus un des acteurs majeurs de la construction ferroviaire européenne.

En 1870, l’Alsace change de nationalité et quitte le giron de la France pour intégrer le nouvel Empire d’Allemagne. Après une période transitoire qui permettait aux entreprises alsaciennes de vendre en franchise de douane en France, tout le réseau commercial devait être bouleversé.

L’entreprise André Koechlin & Cie doit s’adapter. Elle se transforme en société anonyme puis fusionne avec les ateliers de construction de Graffenstaden et prend, en 1872, un nouvel nom. L’usine de Belfort est construite (1879) et alimente le marché français, alors que les usines d’Illkirch-Graffenstaden et de Mulhouse développent leur stratégie autour du marché local et se développent progressivement en direction de l’Allemagne et de l’Europe centrale.

En 1900, la 5000e locomotive sortait des ateliers de Belfort. Comment s’appelle cette entreprise à partir de 1872 ?

 

Question Nº 6

Fabrique d'indiennes et de filature de coton Dollfus Mieg & CieLa lithographie permet de voir l’état de construction des établissements Dollfus Mieg & Cie en 1822. L’usine se développe autour du Steinbächlein, petit canal médiéval qui alimentait les fossés de Mulhouse en eau de la Doller via le Dollergraben, à l’emplacement de l’avenue Kennedy, mais qui servait tout d’abord à actionner toute une série d’installations hydrauliques, moulins, foulons, et à irriguer les prés en aval.

Ce cours d’eau, indispensable à l’industrie de l’impression par la pureté de ses eaux, est d’ailleurs parfaitement visible sur cette vue; Les prés ont également une importance capitale à l’époque. Ils permettent d’étendre les cotons écrus afin de les blanchir par exposition au soleil et arrosage à l’eau claire et non calcaire du Steinbächlien, mais également à étendre les étoffes imprimées ou teintes. Le ramassage des étoffes est d’ailleurs bien représenté ici.

L’entreprise Dollfus Mieg & Cie apparaît en 1800. A l’origine elle ne produit que des tissus imprimés, ou indiennes. Dès 1806 apparaît le tissage puis, en 1812, une filature; En 1813 est installée la première machine à vapeur de la région. En 1841 apparaît le fil à coudre DMC, qui ne tarde pas à obtenir une notoriété internationale. Les établissements DMC ont à leur tête, durant tout le XIXe siècle, des dirigeants exceptionnels. Le plus connu, pour son activité au sein de l’entreprise, mais également pour son engagement dans la vie publique est Jean Dollfus(1800-1887-GC1/197). On lui doit, entre autres, la création des cités ouvrières, dont il fut l’acteur décisif.

Sa résidence, construite sur les hauteurs de Dornach, a été cédée de son vivant, en 1883, pour constituer un asile pour les vieillards. En 1887, la fondation est reprise par le Diaconat. Cet asile a été considérablement transformé mais une partie du bâtiment initial existe toujours. Comment s’appelait la propriété de Jean Dollfus ?

Jean Dollfus était le fils du fondateur de l’entreprise Dollfus Mieg & Cie, Daniel Dollfus, dont la femme était Anne Marie Mieg. Il avait épousé Anne-Catherine Bourcart (GC1), fille d’Élisabeth Koechlin et petite fille de Jean-Jacques K. Les imbrications des ces familles étaient très nombreuses. Par exemple, Anne-Catherie était cousine germaine de Julie Caroline K. (GI3), l’épouse du Nicolas (AJ5) mentionné dans ces pages. Deux des enfants de Jean Dollfus ont épousé des Koechlin. Nous vous avons relaté les noces de Camille et Jules K. (155/AM6) dans le BK 41. L’année d’après c’est Caroline qui a épousé le cousin germain de Jules, Ferdinand K. (159/AN1).

 

Question Nº 7

La fabrique d'indiennes Frères KoechlinL’illustration montre les établissements d’impression sur étoffes Nicolas Koechlin & Frères qui prend, pour ce site, le nom de Frères Koechlin après 1831. L’entreprise débute son activité place Lambert, en 1800, sous la responsabilité de Nicolas Koechlin (1781-1852) âgé de 19 ans à peine.

L’entreprise est issue en droite ligne de la première manufacture de Mulhouse, fondée en 1746 par Samuel Koechlin (grand-père de Nicolas et d’André) et ses associés, Jean-Jacques Schmalzer, Jean-Henri Dollfus et Jean-Jacques Feer.

Vers 1806, l’entreprise construit des ateliers à proximité du Schlittweg, chemin qui conduit de Dornach à la route royale de Colmar (avenue de Colmar) et qui sera par la suite abandonné et transformé en fossé de drainage au profit d’un nouvel axe de circulation, moins soumis aux inondations, la chaussée de Dornach, ou Stressla, l’actuelle avenue Aristide-Briand.

Dès 1806-1807, l’usine, qui jouxte le Steinbächlein, est équipée d’une machine à imprimer au rouleau. En 1820, l’entreprise construit une filature dans la cour de la Cour de Lorraine. En 1831, date à laquelle l’entreprise est scindée en quatre branches, la société possède filature et impression à Mulhouse, filature, tissage et blanchiment à Masevaux, impression et tissage à Lörrach (où l’actuelle Koechlin, Baumgartner et Cie, tissage, à son siège), ainsi que des succursales commerciales à Paris, Lyon, Bordeaux et Toulouse.

L’entreprise Koechlin Frères, la dernière à pratiquer l’impression sur tissus à Mulhouse, ferme ses portes en mai 1935; Les bâtiments sont progressivement démolis pour laisser place à un terrain vague. En décembre 1971 est achevé un groupe scolaire qui est implanté sur une partie du site industriel de l’entreprise Frères Koechlin.

Ce groupe scolaire a remplacé l’école Nessel, elle-même située dans l’ancienne usine qui sera démolie pour permettre l’installation du parking du lycée Albert Schweitzer. De quel groupe scolaire s’agit-il ?

 

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007