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Jérôme Blanc
Cousinade 2001

BK no 45 - Décembre 2000

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Musée Etoffes Jeu-concours Demande d'aide Madame Carven

Au fil des indiennes...

...au Musée d'Impression sur Étoffes de Mulhouse

Une histoire intime des textiles

Créations Sonia Delaunay“Vies privées”, la nouvelle exposition du MISE est un voyage dans l’histoire des étoffes vue du côté des utilisateurs. Un parcours intérieur, vivant et chaleureux.

Présenter les étoffes comme des témoins des préoccupations et des goûts collectifs d’une époque : c’est le point de vue original de Vies Privées, la nouvelle grande exposition du Musée de l’impression sur étoffes de Mulhouse.

Cette fois-ci, pas question de s'étendre sur les techniques ou sur l’histoire des fabricants. «Notre souhait, précise le conservateur Denis Roland, était de se placer du point de vue de l’utilisateur». De montrer comment le textile, combiné à d’autres objets (meubles, faïence, verrerie) brode «une histoire de l’intimité»

Pour ce faire, Denis Roland et sa collègue, Jacqueline Jacqué, ont été fouiller dans les réserves du musée, où ils ont choisi «des pièces maîtresses, techniquement ou esthétiquement», comme ces maquettes préparatoires de bandeaux de rideaux que l’on découvre en début de visite. Balayant 250 ans d’histoire, une douzaine de scènes d’intérieur ont été reconstituées.

Mouchoirs politiques

La promenade, somptueuse, offre l’occasion d’apprendre une foule de ces petites histoires, parfois cocasses, qui font l’Histoire.

Tout commence au 18e siècle, au milieu de tons jaune et vieux rose. Le lit recouvert de tissus de Jouy est à baldaquin, sur le modèle aristocratique qui plaît aux classes moyennes d’alors.

Plus loin, on découvre le textile emberlificoté dans des débats religieux ou sociaux. Ainsi, au 18e, on n’hésite pas à habiller les statues religieuses, comme en témoigne une magnifique robe de vierge à l’enfant, en soierie dorée.

Quant aux mouchoirs, vendus à la sauvette dans les rues, ils sont des supports d’opinion politique, des vecteurs de débats, parfois féroces.

L’impression textile cherche souvent à créer l’illusion d’autres décors plus chers. Un exemple impressionnant en est fourni avec une fausse tapisserie, façon flamande, qui témoigne de l’engouement de la fin du 19e siècle pour le Moyen-Age. Imprimé chez Koechlin, Baumgartner et Cie, ce faux est un prouesse technique, presque plus vrai que le vrai.

1918 : L’entreprise Haussmann de Colmar parvient à tisser du papier. Ce produit de la guerre, marque de la dureté des temps, est présenté au milieu d’extraits de lettres de poilus. Dans les années 1920, c’est l’intrusion de l’art dans le quotidien : Sonia Delaunay utilise l’impression textile comme support de création.

Après une incursion colorée dans les années 70, l’exposition se clôt par une projection de diapos présentant les formes et les usages de l’an 2000.

 

“Vies Privées : une histoire singulière de l’impression textile” est ouvert jusqu’au 16 septembre 2001, au Musée de l’impression sur étoffes, 14 rue Jean-Jacques Henner à Mulhouse. Tél.: 03.89.46.83.00

 

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Dernière modification de cette page : 23/11/2008