Article récemment (printemps 2000) paru dans les Dernières Nouvelles d’Alsace :
“La promotion Daniel Koechlin à l’École de Chimie de Mulhouse”
Pour
leur baptême, les élèves ingénieurs de l’École de chimie auront choisi de
faire le grand écart entre le passé industriel mulhousien et l’avenir de défis.
A quelques jours de leur départ en stage industriel et alors qu’un grand
nombre d’entre eux est actuellement à l’étranger pour y effectuer une
année d’alternance, les étudiants de la promotion 2000 ont pris le temps d’une
matinée de baptême. Ils ont choisi pour cette occasion de réunir les fins et
débuts de quatre siècles : les XVIII, XIX, XX et XXIe, mais aussi l’Alsace
et la Gascogne. En effet leur promo portera le nom d’une famille mulhousienne
illustre qui a, pendant plus de deux siècles, rayonné sur l’industrie : les
Koechlin et plus particulièrement Daniel (AM/76), le scientifique doublé d’un
industriel et, pour parrain, un gascon, ancien élève de l’École de chimie
et aujourd’hui à la tête de Clariant SA, Huningue : Jean-Pierre Lavielle.
C’est à ce dernier qu’est revenu le plaisir de tourner une page d’histoire,
celle du développement de l’industrie textile à Mulhouse lié à la famille
Koechlin. L’occasion également de rappeler que Daniel “l’élément le plus
illustre de la famille” tout au long de sa vie allia avec bonheur “connaissances
scientifiques, esprit critique et innovateur, goût pour la formation et l’organisation,
préoccupations sociales et humaines”, “des vertus cardinales qui feront de
vous un ingénieur performant aujourd’hui comme demain” soulignait
Jean-Pierre Lavielle en brossant le portrait de cet industriel passionné de
colorants et qui devait être à l’origine, en 1822, de la création de l’Ecole
Nationale de Chimie. Un lourd mais fier héritage pour cette promotion à qui,
tour à tour, l’adjoint au maire, Lucien Cendré, a souhaité “d’être, à
travers le monde, des ambassadeurs de Mulhouse mais aussi de votre École” et
Général Binder, président de l’Université “d’être fiers de votre
formation dans un monde et un avenir qui vous appartiennent”.
Les élèves ingénieurs savent qu’ils ont choisi pour nom de baptême un
lourd mais fier héritage industriel mulhousien.

Le livre tant nécessaire et tant espéré sur L’histoire
de la Société Industrielle de Mulhouse est enfin paru. C’est la thèse
de l’archiviste Florence Ott, publié par les Presses universitaires de
Strasbourg. Nous avons demandé, pour le BK, une interview à Florence Ott qui
paraîtra dans la prochaine édition-où elle nous donnera elle-même la
quintessence de son travail. Nous lui empruntons déjà le portrait qu’elle
fait de Daniel.
Daniel
Koechlin-Schouch (AM/76 - 1785-1871) est considéré comme le représentant le
plus illustre de la génération d’industriels-inventeurs du Premier Empire et
de la Restauration à Mulhouse. Il est le petit-fils de Samuel Koechlin, le fils
de Jean et le frère cadet de Nicolas. En 1800, à 15 ans, il est envoyé à
Paris pour suivre les cours de chimie du Professeur Fourcroy tandis qu’il
travaille comme apprenti dans une maroquinerie. En 1802, il est engagé comme
chimiste dans l’entreprise familiale dirigée par son frère Nicolas, et à
partir de 1806, comme associé à titre de spécialiste-inventeur de chimie. Il
s’intéresse aux application de la chimie à la fabrication. Il réussit à
appliquer la première découverte du Professeur Lassaigne pour enlever, par
action chimique, des parties destinées à recevoir l’impression et les
dessins. Il découvre également une technique permettant d’obtenir le rouge d’Andrinople
sur toile. Ces initiatives lui valent la médaille d’or personnelle à l’Exposition
de 1819 à Paris. Il est aussi décoré de la Légion d’honneur pour ses
belles application de jaune de chrome. Il est de ceux qui ont sollicité auprès
de la municipalité la création d’un laboratoire de chimie en 1822.
Même si Achille Penot(1) lui attribue, à tort, l’idée
première de la création de la SIM (celle-ci étant en fait d’Engelmann), il
est l’une des cautions morales lors de la création de l’institution et en
restera l’un des membres les plus assidus. Il se préoccupe aussi des moyens d’améliorer
la condition ouvrière.
1. Cf. PENOT : Notice sur Daniel Koechlin lue en séance du 29/11/1871.
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