Lettre de Louis Kuchly
...Votre article sur la “langue” alsacienne m’a
particulièrement intéressé et je voudrais apporter une modeste
contribution à vos réflexions. Tournesol dit :
« Aha ! Journaliste !… le capitaine n’a pas pu tenir sa
langue !… Le journal a déjà dû révéler que j’ai cultivé
(découvert ou inventé ?) une nouvelle rose ! Le polisson!… »
Le problème de la conservation du patrimoine linguistique régional
s’est posé depuis longtemps. Je vous signale que E. Martin et H.
Lienhart ont écrit le Wörterbuch der elsässischen Mundart
(dictionnaire du patois alsacien) qui a été publié en 1897 (nos
provinces étaient rattachées à l’Allemagne), par la Gesellschaft
für Geschichte une Altertumskunde (l’ancêtre de la Société d’Histoire
et d’Archéologie d’Alsace) édité par Verlag von Quelle und
Meyer, Leipzig. En 1909 paraît le Dictionnaire des patois
lorrains allemands chez le même éditeur.
Ces livres peuvent être consultés dans les bibliothèques
universitaires de Strasbourg et de Mulhouse. Ils sont indispensables si
on veut traduire la langue régionale qui, non seulement varié d’une
province, d’un canton, mais aussi d’un village à l’autre.
Quel dommage qu’un ouvrage semblable n’ait pas été écrit pour
le patois “lorrain” français ! Il est presque complètement perdu.