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BK no 43 - Décembre 1999

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Langue régionale : état des lieux

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(Dernières nouvelles d’Alsace du 2 juillet 1998)

On en a parlé, on en parle, on en parlera. Que savons-nous de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ?

Un Alsacien sur quatre souhaite que la France ratifie la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, selon un sondage CSA pour les DNA.

L’identité avec ou sans le dialecte?

Le déclin, de la langue, même si on ne peut que le déplorer, n’est cependant pas assimilable à la perte de l’identité. Ceux qui pensent qu’on peut être et se sentir alsacien sans pratiquer le dialecte (47%) sont presque aussi nombreux que ceux qui estiment la langue consubstantielle à l’identité (51%). Cette dernière opinion est bien entendu beaucoup plus largement répandue parmi les gens qui parlent couramment le dialecte ! Alors que les sondés qui ne parlent ni ne comprennent l’alsacien, se sentent néanmoins d’Alsace (64%). Dans ce domaine, la plus grande ouverture d’esprit se trouve chez les femmes, les jeunes, les cadres, les professions intermédiaires et employés, les urbains, les... Haut-Rhinois, les gens de gauche et ceux qui résident dans la région depuis moins de dix ans. Toutes caractéristiques qui décrivent également les pratiquants occasionnels ou les non-pratiquants du dialecte.

Les réponses sont beaucoup plus tranchées sur la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Trois Alsaciens sur quatre estiment que la France devrait la ratifier. Il est fort probable que la plupart des personnes sondées ignorent le contenu réel de cette charte. Leur approbation de principe d’un pacte européen qui oblige un pays. signataire à défendre et promouvoir les langues régionales est néanmoins massive.

Ce que dit la Charte

Cette Charte européenne des langues régionales ou, minoritaires a été signée au Conseil de l’Europe le 5 novembre 1992. Elle souligne, dans son préambule, la valeur du plurilinguisme, le droit imprescriptible de pratiquer une langue régionale ou minoritaire dans la vie privée et publique et affirme que la protection et la promotion de ces langues représentent une contribution importante à la construction de l’Europe.

Les États contractants doivent préciser, lors de la ratification, les langues auxquelles s’applique la Charte. Un État signataire s’engage à appliquer au minimum 35 des mesures préconisées, dont trois aux moins choisies dans les paragraphes concernant l’enseignement et les activités et équipements culturels, et une au moins dans chacun des cinq autres articles: la justice, les autorités administratives et services publics, les médias, la vie économique et sociale.

En matière de justice, la Charte prévoit ainsi la possibilité pour un justiciable, au pénal ou au civil, de pouvoir s’exprimer dans sa langue régionale, voire présenter des documents de preuve ou des requêtes dans cette langue, sans que ce soit un motif d’irrecevabilité. De même, un certain nombre de dispositions prévoient des échanges en langue régionale ou minoritaire entre le citoyen et l’administration d’État ou les collectivités locales. Dans les médias devra être encouragée la création d’une radio ou d’une télévision en langue régionale ou à tout le moins, la diffusion d’émissions dans cette langue sur les chaînes publiques. Enfin, un État signataire pourra décider de “s’opposer aux pratiques tendant à décourager l’usage des langues régionales ou minoritaires dans le cadre des activités économiques et sociales.”

(En France, sa ratification est en suspens car il faudrait, pour la signer, changer la Constitution. NDLR)

Sondage exclusif CSA Opinion/DNA réalisé les 18 et 19 juin 1998 auprès d’un échantillon de 503 personnes représentatif de la population alsacienne âgée de 18 ans et plus.

Claude Keiflin

 

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007