Comment Mülhausen devient Mulhouse pour redevenir Mülhausen
trois semaines après et n'être à nouveau Mulhouse qu'en 1918.
Faut-il alsacianiser à outrance, même les noms de lieux, pour
que l’Alsace retrouve une âme ? se demande, à propos du nom de Mulhouse, un
journaliste de l’Alsace, le quotidien du Haut-Rhin, le 5 mars 1996.
Mais franchement pourquoi donc Mülhausen, est-ce une vue de
l’esprit, une mode ? Et quel alsaçophone de Mulhouse ou pas a-t-il besoin de
Mülhausen? Il dira surtout Milhusa, c’est la langue de tous nos ancêtres.
Et puis quelle est donc cette étymologie sinon alémanique, que
nous retrouvons avant tout dans Mulhouse. Ce vocable est d’origine purement
latine, autant que Strasbourg (du latin strata, étendue de terrain par où qu’on
passe pour aboutir à un borgo, nom italien dont burgus du latin barbare
signifie ‘rassemblement d’habitations, de cases regroupées’). Voila où
aboutissent nos routes, nos ‘strasse’ pratiquement à un ‘bourg’.
Ne perdons pas trop notre latin, puisqu’on y est Molinum, bien
sûr moulin (transformé en Mol ou Mil, et puis on Mühle. Tout le monde sait que
casa (latin) a donné ‘Haus’. Nous arriverions à Milhusa, sans avoir été obligés
de passer par Mülhausen. Les paysans ne devaient pas habiter très loin du moulin
avec leur maison.
