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BK no 42 - Juin 1999

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Prononciation

Pages de ce site où il est question de la prononciation de notre patronyme:

Prononciation - printemps 2003
Prononciation de Koechlin
Prononciation de notre patronyme Koechlin
Sack - extraits de la "Famille Sack" par Yves Sack

 
"Mon garçon, les Français qui ne prononcent pas ton nom ‘Kéclin’ sont de illettrés"

...vous avez dit Coquelin?Ainsi s’exprimait mon grand père dans les années 30. C’était, bien sûr, une boutade abusivement assassine mais elle n’était pas sans fondement, comme l’a très bien montré notre cousin Jean K. (GA2331) dans un article paru dans le BK no 4 de juin 1980, page 13.

...vous avez dit Keschlinn?Si nous soulevons à nouveau ce "vaste problème" dans nos colonnes, c’est parce que les participants K. aux journées DMK (Dollfus-Mieg-Koechlin) d’octobre 1998 à Mulhouse ont été stupéfaits par la variété des prononciations de notre patronyme par les orateurs du colloque, universitaires pour la plupart.

Certes, les K. de France sont habitués aux prononciations les plus fantaisistes de leur nom mais, en cours de rencontres familiales et en terre mulhousienne, c’était assez étonnant ! Loin de moi l’idée insolente de suivre mon grand père en qualifiant ces distingués universitaires d’illettrés. Je leur conseillerai seulement la lecture de l’article pertinent de Jean K. qui nous reproduisons ci-après pour ceux de nos lecteurs qui n’ont pas les premiers BK d’il y a 20 ans :

"Mon garçon, les français qui ne prononcent pas ton nom ‘Kéclin’ sont des illettrés !"

Qui de nous, Koechlin de langue française, n’a jamais été agacé, sinon complexé par la prononciation fantaisiste de notre patronyme ? Quand, par exemple, nous nous faisons appeler par haut-parleur, nous pouvons nous attendre à tout. Nos cousins de Suisse alémanique et de Souabe n’ont pas ce problème : ils sont "Herr Köchlin" (inn) aussi bien dans la conversation que dans la correspondance. L’origine zurichoise de notre famille les privilégie. Tandis que nous, pauvres francophones, nous nous faisons interpeller "Keuschlin", "Coquelin", "Ko-é-klin" avec toutes les variantes possibles.

Est-ce à dire qu'à notre nom s'attache une prononciation singulière et originale, dont on connaît d'autres exemples dans les familles nobles : Broglie, Maupeou ?

Pas du tout ! Nous pouvons répondre aux puristes de la langue française que la prononciation "Kéklin" est parfaitement justifiée.

Œ (e dans l'o) se prononce bien "é" dans les quelques mots où ces voyelles sont suivies d'une consonne. On dit justement "œdème" (é-dèm), "œsophage" (é-zofaj), "Œdipe" (é-dip), "œcuménique" (é-cuménic), "œnologie" (é-noloji). Dans bœuf, œuvre, œil, la prononciation "eu" se justifie par la voyelle qui suit. Voilà pour le "Koe" qui, en bon français, se prononce "ké" parce que suivi de "ch".

Maintenant le "chl". A part "chtimi" qui est dialectal, connaissez-vous un mot français dans lequel le "ch" suivi d'une consonne ne soit pas prononcée "k" ? Chrome, chlore, chrétien… ne sont estropiés par personne. Chou, chaud, chat, etc… enchaînent le "ch" avec une voyelles et lui donnent le son du "sch" allemand, à peu près. Pourquoi donc s'obstine-t-on à nous appeler "Keuschlin", ce qui n'est même pas la prononciation allemande, puisque alors il faudrait faire sonner le "n" final ? Ce n'est pas parce que nous portons un nom extraordinaire mais parce que les Français ne connaissent pas les subtilités de leur propre langue. Le nom que nous sommes fiers de porter est donc bien prononcé comme il se doit.  -  Jean Koechlin (2034 – GA2331)

Vous trouverez l'article complet sur la page "Prononciation".

Cet article avait suscité une réaction aussi vive qu’amicale de notre cousin suisse, Béat K. (AK31413) – cf. BK no 5 de décembre 1980, page 14 – que l’on peut ainsi résumer : Est-il raisonnable, chers cousins français, de vous obstiner à vouloir prononcer à la française un nom d’origine germanique? D’autant, ajoutait-il, que les justifications données s’appuient toutes sur des mots d’origine grecque. Ce à quoi Jean avait rétorqué que la langue française est d’origine greco-latine et non germanique !

...vous avez dit Koéchelin?Ce savant débat phonétique n’est nullement limité à la famille K. Il concerne la plupart des familles alsaciennes. A de rares exceptions près, aucun Français ne prononce "dolfouss" pour les Dollfus, "fogueul" pour les Vogel, "schloumbeurgueur" pour les Schlumberger ou "hambeurgueur" pour les Hamburger.

La raison de cette tenace tradition nationaliste est simple et bien triste : elle a, en fait, été créée et exacerbée par les agressions et annexions allemandes subies par les familles alsaciennes pendant 75 ans (1870-1945). Nos cousins suisses ont eu la chance de ne pas connaître de telles épreuves. Les plaies alsaciennes (et lorraines) ont été profondes et douloureuses, leur cicatrisation a exigé beaucoup de temps ; elle est heureusement en très bonne voie, grâce notamment à l’œuvre de réconciliation franco-allemande dont on ne peut que se féliciter. Peut-être un jour nos enfants, ou petits enfants, prononceront "Keuschline" ; je n’en serais, personnellement, nullement choqué.

Pour l’heure et pour ma part, j’ai été conduit à adopter une attitude très pragmatique à la suite d’une aventure vécue dans le bureau de poste de Zermatt en Valais suisse germanophone. Ayant dû indiquer à une charmante préposée mon nom, que je prononçai machinalement "Kéclin", puis l’ayant, à sa demande, épelé, je me suis fait proprement engu… (le meilleur mot français pour décrire la scène). Son visage s’est magnifiquement empourpré et son invective s’est terminé par cette phrase sans appel, prononcée en excellent français : " Monsieur ! vous n’avez pas le droit de vous moquer de moi et de me faire perdre mon temps ! ".

...vous avez dit Koéklin?Comme mon grand père m’avait aussi prodigué de sages conseils de courtoisie, j’ai alors vaillamment résisté à la séduisante tentation d’aggraver mon cas en traitant cette jeune femme d’illettrée. J’ai donc bredouillé quelques piteuses excuses, ce qui m’a valu un regard rasséréné où se lisait à la fois la satisfaction du devoir accompli et cette lueur de compassion que l’on accorde volontiers aux étrangers un peu ‘nunuches’.

Pauvre de moi, habitué aux papotages et autres babillages des postières françaises. J’ai compris, ce jour là, qu’il était fort imprudent et tout à fait indécent, voire cruel, de faire perdre son temps à une employée des postes suisses.

Fort de cette cuisante expérience, j’ai pris, depuis ce jour, la prudente résolution de me présenter "Keuschline" dès lors que j’étais confronté à un interlocuteur germanophone, au risque de subir les foudres tombées du Ciel où repose mon auguste grand père. Mais, en toute autre circonstance, je profère "Kéclin" et corrige courtoisement, mais fermement, touts les écarts de prononciation de mes interlocuteurs.

Chers cousins de France et de Navarre, de Suisse romande, de Belgique wallone ou du Québec, sachez bien qu’en prononçant "Kéclin" vous serez admis d’office dans la distinguée confrérie des fins lettrés…

Jean-Claude Koechlin - (AR2233**)

Note de la rédactrice :

Les universitaires, en particulier ceux qui ne sont pas d’origine alsacienne, prononcent le nom comme ils l’ont entendu dans une ville où il y a une école Koechlin et une rue Koechlin. Les mulhousiens qui francisent, disent Keuchlin mais le bon peuple qui parle alsacien, dialecte alémanique, je l’ai toujours, depuis mon enfance, entendu dire Kechle (le ch, étant prononcé à l’allemande, sonne comme une sorte de ‘r’ guttural et la terminaison est escamotée). Par malchance, nous avons un nom de deux syllabes qui recèle deux pièges : le oe et le ch, sans parler de la terminaison, interprétée in, ine ou e. En prononçant le oe comme e, les "alsaçiophones" ont-ils retrouvé le grec ? Mais qui sont donc les illettrés ?

 

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007