Chers Cousins,
En cette vingtième année d’existence de notre BK,
nous atteignons le quarante et unième numéro ; ce qui fait déjà
une assez longue histoire. De 1978 à 1998, les lecteurs des premiers
temps ont vu le Bulletin s’étoffer et changer de "look",
devenant illustré et modernisant sa présentation.
La première équipe a passé le relais. Une nouvelle
généalogie a vu le jour, suivie d’une deuxième édition que nous
vous avons proposée cette année. Des cousinades ont été organisées.
Enfin, un réseau de parents, d’amis, de collaborateurs, de témoins
du passé, d’informateurs, s’est constitué. Et les historiens du
Mulhouse industriel du 19e siècle considèrent le BK comme
une référence sûre, à consulter, à citer dans leurs travaux.
Cette histoire du BK, nous essayerons de vous la
raconter plus longuement dans les numéros de 1999 pour célébrer notre
"bi-décennie".
Car, en 1998, nous avons donné toute la place à la
commémoration où la bonne ville de Mulhouse s’est, toute l’année,
investie : le bicentenaire de son rattachement volontaire à la
France en 1978. Nos deux derniers numéros vous ont parlé, en priorité
et en abondance de ces festivités car il fallait annoncer et préparer
la rencontre des Trois Familles, Dollfus, Mieg, Koechlin (que nous
appelons DMK), qui a eu lieu à Mulhouse les 30 et 31 octobre.
Et dans ce numéro... vous trouverez des échos de
cet important événement familial. Ceci, à l’intention de ceux qui y
ont participé, et pour donner aux autres la mesure de ce qu’ils ont
manqué. Et leur communiquer l’envie de revenir, un jour, au berceau
de leurs ancêtres. A condition qu’ils n’éprouvent pas un coup de
"ras-le-bol" à cet égard ! Dans ce cas, qu’ils
veuillent bien nous écrire, leurs réactions argumentées nous
intéresseraient.
Encore un mot pour rassurer ceux qui craignaient une
excessive glorification de nos ancêtres, déjà sensible dans nos
cousinades et dans le contenu du BK, qu’on pouvait redouter amplifiée
puisque trois familles s’étaient unies dans cette commémoration de
leur passé et de leurs alliances.
Nous avons voulu accompagner notre évocation - pour
la garder de l’esprit tribal ! - d’un discours historique et
convié cinq historiens à notre Table Ronde (MM. Michel Hau, Benoît
Bruant, Nicolas Schreck, Rémi Fabre et Mme Marie-Claire Vitoux) pour
nous parler de "Comment vivaient les familles
d’industriels à Mulhouse au 19e siècle ?"
Et nous avons donné la parole aussi à de jeunes étudiants en
Histoire, qui ont fait des recherches sur nos familles. Vous trouverez
leurs textes dans ce numéro. Nous réservons ceux des historiens pour
un BK ultérieur.
Leur regard sur le passé nous aidera à relativiser
cette histoire particulière par la grande Histoire. Comme le disait
Nicolas Schreck, " le regard sur le passé doit veiller à l’objectivité.
N’y ont place ni dogmatisme, ni impressionnisme ". J’ajoute,
à l’intention des descendants dont la mémoire orale, reçue de leurs
ancêtres est parfois encore teintée de nostalgie ou de rancune,
suivant que ceux d’autrefois avaient choisi, après la tourmente de
1870, de partir ou de rester : pas d’anachronisme. Ne les jugeons pas
avec les critères d’aujourd’hui. Nous n’avons ni à les
critiquer, ni a les exalter.
Et l’évocation faite à Mulhouse par l’Association
DMK en 1998 prendra tout son sens si elle a pu contribuer à les faire
mieux connaître et à les retrouver dans leur proximité. C’est aussi
notre souhait pour l’esprit et le rôle du BK lorsqu’il s’attache
à ces figures du passé.
Madeleine Fabre-Koechlin (GA2332*)