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BK no 41 - décembre 1998

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Mais quelle langue parlaient-ils ?

Mulhouse est une ville de la frontière à

bullet20 km du Rhin : de l’Allemagne
bullet30 km de Bâle : de la Suisse
bullet40 km de Belfort : de la France.

Ses voisins parlent trois langues différentes : en Allemagne, l’allemand, en France, le français et, en Suisse, un dialecte alémanique, à la grammaire très simplifiée.

Les Alsaciens, qui se sont liés à la Suisse par alliance depuis 1515, ont adopté cette même langue orale qui ne s’écrit pas, mais sert pour les échanges au concret entre les personnes. On lit et on écrit en allemand.

Au 18e siècle, dans la classe supérieure, le français gagne. Dès 1680, une école française a été ouverte. En fait, la société des familles bourgeoises est bilingue (allemand-français). Les jeunes fils de patrons sont envoyés apprendre le français en Franc ou en Suisse romande. Le peuple, qui se scolarise très lentement, continue à parler alsacien, mais l’enseignement de l’église reste en allemand, compréhensible pour ceux qui parlent alsacien.

En 1870, l’Alsace est annexée par l’Allemagne. L’allemand est imposé comme langue officielle. Mais, à Mulhouse, on résiste : on continue à parler français dans les familles, à aller à l’église protestante française et le bulletin de la Société Industrielle, les procès verbaux de ses séances, sont toujours en français. L’alsacien reste vivant dans les classes populaires et les bourgeois le comprennent.

En 1918, la France revient. Écoles en français. A nouveau, l’alsacien assure la continuité de l’identité d’une population qui a été à l’école allemande.

Nouveau changement en 40 et encore en 45. En fait, les personnes nées avant 1870 et qui sont décédées après 1850, auront changé cinq fois de nationalité au cours de leur vie. Déjà complexe du fait de la géographie, les avatars de l’histoire ont rendu cette situation linguistique exceptionnelle.

Peut-être peut-on transformer cette difficulté en richesse ?

 

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007