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BK no 38 - Juin 1997

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Écrivons - Courrier de juin 1997

Ecrivons - courrier de juin 1997Jean MARTELET1, un enseignant d’histoire-géographie de la région de Mulhouse, a entrepris un travail sur le mouvement républicain à Belfort de 1871 à 1914. Il s’agit d’un travail de longue haleine sur lequel il appelle l’aide des Koechlin.

Comme vous le savez, certains de vos ancêtres se sont installés plus ou moins durablement dans le Territoire de Belfort après la défaite de 1871 en y laissant une marque profonde. J’ai pu lire avec intérêt “Les Koechlin vous parlent” à la Société Industrielle de Mulhouse. Deux personnages de votre parenté m’intéressent, plus spécialement le second :

Alfred Koechlin-Schwartz2 (AH11 / 326 - 1829-1895), très populaire au début des années 1870. Républicain modéré, personnage influent, il a été (entre autre) Conseiller Municipal de Belfort puis Conseiller Général, avant d’être le Maire d’un arrondissement parisien.

L’influence de Georges Koechlin3 (AM93 / 375 - 1854-1904) a été plus durable à Belfort. Grand patron du textile, il a été conduit à tenir sa place dans la cité. Par tempérament aussi, et en conformité avec son éthique protestante.

Mon travail sollicite davantage son engagement politique et social. Des années 1885 environ à 1898, il a été un des chefs les plus respectés du courant républicain modéré. Il a exercé un mandat municipal et a été le correspondant local du Sénateur Scheurer-Kestner. L’honneur de sa vie c’est qu’il fut, dans des conditions très difficiles, l’un des premiers dreyfusards du Territoire. Georges K. était aussi un philanthrope, un partisan de l’éducation populaire. Grand sportsman, il favorisa l’introduction et le développement du sport à Belfort. Admirateur des manières aristocrates anglo-saxonnes, il est un de ceux qui introduisent, à Belfort, le “high-life”, selon l’expression des journaux locaux qui relèvent chez lui l’amour de la Suisse (alpinisme), le développement de l’escrime, des sports hippiques, le tourisme, l’automobile, la villa sur la Côte d’Azur. Il désirait aussi introduire la semaine anglaise pour ses ouvriers. Il décéda prématurément en “grande odeur de sainteté républicaine” en 1904, à 50 ans.

Je suis intéressé par tout ce qui peut compléter ma connaissance de ces deux personnages : des correspondances d’ordre politique, des témoignages divers, des anecdotes. Tout ce qui est susceptible d’éclairer la vie politique à Belfort et dans sa région entre 1870 et 1914 et de préciser le rôle et la vie de ces Alsaciens qui ont opté pour la France.

1 Son adresse est : 8 rue du 2ème Chasseur d’Afrique, 68350 BRUNSTATT

2 Cf. BK Nº 27 de Janvier 1992 pour l’histoire de la Dernière Pompe Française et le Nº 30 de Juin 1993 pour quelques exemples de son œuvre artistique. Sa femme, Emma, fut l’objet d’un article dans le BK Nº 25 de Janvier 1991.

3 Époux de Laure Koechlin (GN11), père de 7 enfants, tous nés à Belfort, dont un fils, Hubert, décédé en 1982 à Evreux.

 

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Clarisse Schlumberger, qui s’est faite l’historienne des Schlumberger, prépare un livre qui sera intituléNicolas, aventures Schlumberger au fil de l’histoire”. Elle l’avait annoncé à la réunion S. de Mulhouse en 1993, celle où le Professeur Michel Hau avait prononcé sa magistrale conférence sur “les grandes familles” que nous avons publiée aux Nos 31 et 32 du BK, et où Clarisse elle-même avait fait une communication sur “ Les débuts alsaciens des Schlumberger ”. Je corresponds avec elle et voici un extrait de sa dernière lettre :

C’est toujours avec intérêt que je lis “Les Koechlin vous parlent” mais j’imagine le travail que cela représente. J’en parle souvent comme d’une réalisation très intéressante de la part d’une famille. Je vous avertirai en son temps de la sortie de mon livre. Il y est beaucoup question de Nicolas Koechlin (AJ52*/338) sans qui Nicolas Schlumberger n’eut point été ce qu’il fut.

 

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Grâce à Clarisse, nous avons été mis en relations avec Guy Schlumberger1 qui se dit “passionné de généalogie”, et est directeur d’un Bulletin Schlum. intitulé “ Le Lien ”. Celui-ci est à son quatrième numéro.

Il m’a envoyé son journal, contre le nôtre, et nous avons tout intérêt à continuer cet échange et à “cousiner large” !

Étant passionné de généalogie, je suis toujours avide d’informations et d’histoires ayant un rapport avec nos deux familles qui se sont alliées à maintes reprises.

Je suis l’éditeur/rédacteur de notre journal de famille “ Le Lien ”, né après la première réunion internationale à Ulm en 1988, pour créer un trait d’union avec la réunion de Mulhouse, qui allait avoir lieu en 1993, et bien au-delà de celle-ci, une projection sur le futur et la réunion de 1998 à Bad Mergentheim (réunissant de 250 à 450 personnes).

Pour ma part, je suis le dernier descendant, porteur de nom, de Frédéric Émile Schlumberger (Nº 272 de la généalogie de Léon Schlumberger). Né en 1948, marié en 1972 et père d’une fille, Chantal, je suis, de métier, parfumeur-créateur et, depuis 6 ans, directeur technique d’une parfumerie dont le siège est à Böblingen, près de Stuttgart en Allemagne.

Nous sommes tous très engagés et actifs dans le comité d’organisation des rencontres nationales et internationales de la famille où nous nous occupons de la coordination entre la France et l’Allemagne et, comme dit plus haut, j’édite notre journal de famille distribué à plus de 100 abonnés2.

N’ayant pas d’ordinateur sophistiqué, je ne peux pas prétendre égaler la qualité exceptionnelle de votre mise en page mais, peut-être, pourrais-je, un jour, suivre votre exemple.

M’autoriseriez-vous à reproduire tout ou partie d’un de vos articles passés dans votre bulletin ? Je pense pouvoir intéresser, de temps en temps, mes lecteurs par certaines de vos anecdotes.

1 Adresse de Guy Schlumberger : Stäudach 6/1, D 72074 TÜBINGEN, Allemagne.

2 Le BK est distribué à 290 familles.

 

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Olivier Favre, nouveau Président de la Société Industrielle de Mulhouse (SIM), appartient aussi à une famille qui s’est souvent alliée à la nôtre. Je l’ai rencontré lors de la signature de la convention passée entre l’Association DMK (Musée des Trois Familles) et la Ville de Mulhouse en Novembre 1996, dont le dernier BK a rendu compte.

Il est abonné au BK, le lit, et m’a écrit à la fin de l’année un mot pour me dire qu’il était “à ma disposition si je souhaitais suivre la rénovation de la SIM qui englobera un parcours pédagogique retraçant l’aventure industrielle du 19ème siècle et l’esprit d’innovation et d’entreprise qui en ont fait le succès”.

Soutenus ainsi, il nous faudra retenir cette offre et présenter, comme elle le mérite, aux lecteurs du Bulletin, l’aventure de la SIM qui fut la matrice de ce que les sociologues appellent maintenait : le modèle mulhousien.

 

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Après le Nº 37, nous avons reçu quelques réactions sur la publication de notre dossier concernant la série télévisée : “ Les Alsaciens ”.

Partir ou rester ? Dans l’Alsace annexée par l’Allemagne en 1870, ce choix crucial, placé au centre de “ l’Histoire des Deux Mathilde ”, fut fait en leur temps et en toute conscience par nos ancêtres. Il s’est répercuté encore, quatre ou cinq générations plus tard, dans nos traditions orales, avec des connotations diverses et des jugements de valeur.

Nous en avons reçu un témoignage positif par une lettre de Marianne Chevallier, une cousine qui nous avait raconté son retour à la terre et à la généalogie au Nº 26 du BK en 1991. Elle a aimé le tact et la finesse qui accompagnaient la rigueur historique du film. Son grand-père, en 1871, avait opté pour la France. Mais, de 1933 à 1939, son père, officier, et sa mère revinrent à Strasbourg où, aujourd’hui, vivent sa fille et sa sœur. Donc, dans cette lignée, il s’est fait un retour à l’Alsace dans chaque génération : bel exemple d’une fidélité retrouvée.

Une autre réaction était beaucoup plus critique, voir chagrinée, en particulier à l’égard de ceux qui choisirent de rester. Ils avaient, m’a-t-on dit, privilégié leurs intérêts sur leur patriotisme et ne méritaient aucun apitoiement pour avoir vu partir leurs fils, malgré eux, dans les deux guerres suivantes.

Une réaction de ce type montre à quel point les situations et les décisions des Koechlin, d’il y a 130 ans, sont restées vives dans l’esprit de leurs descendants qui leur imputent, encore aujourd’hui, d’avoir fait “le bon” ou “le mauvais” choix.

Voir la suite du courrier à ce sujet au BK 39

 

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007