Jean MARTELET1, un
enseignant d’histoire-géographie de la région de Mulhouse, a entrepris un
travail sur le mouvement républicain à Belfort de 1871 à 1914. Il s’agit d’un
travail de longue haleine sur lequel il appelle l’aide des Koechlin.
Comme vous le savez, certains de vos ancêtres se sont
installés plus ou moins durablement dans le Territoire de Belfort après la
défaite de 1871 en y laissant une marque profonde. J’ai pu lire avec
intérêt “Les Koechlin vous parlent” à la Société Industrielle
de Mulhouse. Deux personnages de votre parenté m’intéressent, plus
spécialement le second :
Alfred Koechlin-Schwartz2
(AH11 / 326 - 1829-1895), très populaire au début des années 1870.
Républicain modéré, personnage influent, il a été (entre autre) Conseiller
Municipal de Belfort puis Conseiller Général, avant d’être le Maire d’un
arrondissement parisien.
L’influence de Georges Koechlin3 (AM93 /
375 - 1854-1904) a été plus durable à Belfort. Grand patron du textile, il a
été conduit à tenir sa place dans la cité. Par tempérament aussi, et en
conformité avec son éthique protestante.
Mon travail sollicite davantage son engagement politique et
social. Des années 1885 environ à 1898, il a été un des chefs les plus
respectés du courant républicain modéré. Il a exercé un mandat municipal et
a été le correspondant local du Sénateur Scheurer-Kestner. L’honneur de sa
vie c’est qu’il fut, dans des conditions très difficiles, l’un des
premiers dreyfusards du Territoire. Georges K. était aussi un philanthrope, un
partisan de l’éducation populaire. Grand sportsman, il favorisa l’introduction
et le développement du sport à Belfort. Admirateur des manières aristocrates
anglo-saxonnes, il est un de ceux qui introduisent, à Belfort, le “high-life”,
selon l’expression des journaux locaux qui relèvent chez lui l’amour de la
Suisse (alpinisme), le développement de l’escrime, des sports hippiques, le
tourisme, l’automobile, la villa sur la Côte d’Azur. Il désirait aussi
introduire la semaine anglaise pour ses ouvriers. Il décéda prématurément en
“grande odeur de sainteté républicaine” en 1904, à 50 ans.
Je suis intéressé par tout ce qui peut compléter ma
connaissance de ces deux personnages : des correspondances d’ordre
politique, des témoignages divers, des anecdotes. Tout ce qui est susceptible d’éclairer
la vie politique à Belfort et dans sa région entre 1870 et 1914 et de
préciser le rôle et la vie de ces Alsaciens qui ont opté pour la France.
1 Son adresse est : 8 rue du 2ème Chasseur d’Afrique,
68350 BRUNSTATT
2 Cf. BK Nº 27 de Janvier 1992 pour l’histoire de la
Dernière Pompe Française et le Nº 30 de Juin 1993 pour quelques exemples de
son œuvre artistique. Sa femme, Emma, fut l’objet d’un article dans le BK
Nº 25 de Janvier 1991.
3 Époux de Laure Koechlin (GN11), père de 7 enfants, tous
nés à Belfort, dont un fils, Hubert, décédé en 1982 à Evreux.

Clarisse Schlumberger, qui s’est faite l’historienne
des Schlumberger, prépare un livre qui sera intitulé “Nicolas,
aventures Schlumberger au fil de l’histoire”. Elle l’avait
annoncé à la réunion S. de Mulhouse en 1993, celle où le Professeur Michel
Hau avait prononcé sa magistrale conférence sur “les grandes familles” que
nous avons publiée aux Nos 31 et 32 du BK, et où Clarisse elle-même avait
fait une communication sur “ Les débuts alsaciens des
Schlumberger ”. Je corresponds avec elle et voici un extrait de sa
dernière lettre :
C’est toujours avec intérêt que je lis “Les Koechlin
vous parlent” mais j’imagine le travail que cela représente. J’en parle
souvent comme d’une réalisation très intéressante de la part d’une
famille. Je vous avertirai en son temps de la sortie de mon livre. Il y est
beaucoup question de Nicolas Koechlin (AJ52*/338) sans qui Nicolas Schlumberger
n’eut point été ce qu’il fut.

Grâce à Clarisse, nous avons été mis en relations avec Guy
Schlumberger1 qui se dit “passionné de généalogie”, et est
directeur d’un Bulletin Schlum. intitulé “ Le Lien ”. Celui-ci
est à son quatrième numéro.
Il m’a envoyé son journal, contre le nôtre, et nous avons
tout intérêt à continuer cet échange et à “cousiner large” !
Étant passionné de généalogie, je suis toujours avide d’informations et
d’histoires ayant un rapport avec nos deux familles qui se sont alliées à
maintes reprises.
Je suis l’éditeur/rédacteur de notre journal de famille “ Le
Lien ”, né après la première réunion internationale à Ulm en 1988,
pour créer un trait d’union avec la réunion de Mulhouse, qui allait avoir
lieu en 1993, et bien au-delà de celle-ci, une projection sur le futur et la
réunion de 1998 à Bad Mergentheim (réunissant de 250 à 450 personnes).
Pour ma part, je suis le dernier descendant, porteur de nom, de Frédéric Émile
Schlumberger (Nº 272 de la généalogie de Léon Schlumberger). Né en
1948, marié en 1972 et père d’une fille, Chantal, je suis, de métier,
parfumeur-créateur et, depuis 6 ans, directeur technique d’une parfumerie
dont le siège est à Böblingen, près de Stuttgart en Allemagne.
Nous sommes tous très engagés et actifs dans le comité d’organisation
des rencontres nationales et internationales de la famille où nous nous
occupons de la coordination entre la France et l’Allemagne et, comme dit plus
haut, j’édite notre journal de famille distribué à plus de 100 abonnés2.
N’ayant pas d’ordinateur sophistiqué, je ne peux pas prétendre égaler
la qualité exceptionnelle de votre mise en page mais, peut-être, pourrais-je,
un jour, suivre votre exemple.
M’autoriseriez-vous à reproduire tout ou partie d’un de
vos articles passés dans votre bulletin ? Je pense pouvoir intéresser, de
temps en temps, mes lecteurs par certaines de vos anecdotes.
1 Adresse de Guy Schlumberger : Stäudach 6/1, D 72074
TÜBINGEN, Allemagne.
2 Le BK est distribué à 290 familles.

Olivier Favre, nouveau Président de la Société
Industrielle de Mulhouse (SIM), appartient aussi à une famille qui s’est
souvent alliée à la nôtre. Je l’ai rencontré lors de la signature de la
convention passée entre l’Association DMK (Musée des Trois Familles) et la
Ville de Mulhouse en Novembre 1996, dont le dernier BK a rendu compte.
Il est abonné au BK, le lit, et m’a écrit à la fin de l’année
un mot pour me dire qu’il était “à ma disposition si je souhaitais
suivre la rénovation de la SIM qui englobera un parcours pédagogique
retraçant l’aventure industrielle du 19ème siècle et l’esprit
d’innovation et d’entreprise qui en ont fait le succès”.
Soutenus ainsi, il nous faudra retenir cette offre et
présenter, comme elle le mérite, aux lecteurs du Bulletin, l’aventure de la
SIM qui fut la matrice de ce que les sociologues appellent maintenait : le
modèle mulhousien.

Après
le Nº 37, nous avons reçu quelques réactions sur la publication de notre
dossier concernant la série télévisée : “ Les Alsaciens ”.
Partir ou rester ? Dans l’Alsace annexée par l’Allemagne
en 1870, ce choix crucial, placé au centre de “ l’Histoire des Deux
Mathilde ”, fut fait en leur temps et en toute conscience par nos
ancêtres. Il s’est répercuté encore, quatre ou cinq générations plus
tard, dans nos traditions orales, avec des connotations diverses et des
jugements de valeur.
Nous en avons reçu un témoignage positif par une lettre de
Marianne Chevallier, une cousine qui nous avait raconté son retour à la terre
et à la généalogie au Nº 26 du BK en 1991. Elle a aimé le tact et la
finesse qui accompagnaient la rigueur historique du film. Son grand-père, en
1871, avait opté pour la France. Mais, de 1933 à 1939, son père, officier, et
sa mère revinrent à Strasbourg où, aujourd’hui, vivent sa fille et sa sœur.
Donc, dans cette lignée, il s’est fait un retour à l’Alsace dans chaque
génération : bel exemple d’une fidélité retrouvée.
Une autre réaction était beaucoup plus critique, voir
chagrinée, en particulier à l’égard de ceux qui choisirent de rester. Ils
avaient, m’a-t-on dit, privilégié leurs intérêts sur leur patriotisme et
ne méritaient aucun apitoiement pour avoir vu partir leurs fils, malgré eux,
dans les deux guerres suivantes.
Une réaction de ce type montre à quel point les situations
et les décisions des Koechlin, d’il y a 130 ans, sont restées vives dans l’esprit
de leurs descendants qui leur imputent, encore aujourd’hui, d’avoir fait “le
bon” ou “le mauvais” choix.
Voir la suite du courrier à ce sujet au BK 39