Un précédent article "Propos sur notre arbre généalogique" (n°1 du
Bulletin) annonçait un complément concernant la localisation actuelle des
différents rameaux de l'arbre qui constituent la famille.
Cette localisation résulte de l'évolution de ces rameaux au XIXème siècle,
en fonction du contexte historique et - notamment pour tous ceux qui
vivaient encore en Alsace en 1870 - des conséquences de la guerre. Il paraît
donc utile de donner, tout d'abord, un résumé de cette évolution historique.
Les sept premiers rameaux sont les descendants des fils de Jean (n°47).
Le plus âgé était Samuel (n°6 1774-I850), père de deux fils :
- Jean (n°131) qui a émigré à Prague et dont le fils est ensuite devenu
architecte à Vienne (Autriche) ;
- Nicolas (n°134) qui s'est établi à Rethel (Ardennes).
- Ce premier rameau se trouvait ainsi représenté par deux familles,
aujourd'hui fort éloignées : l’une en Autriche, l’autre en France, à
Fontainebleau (récemment redécouverte par Henry Koechlin : voir corrections
de février 1978 à la Généalogie).
- Le second rameau, celui de Rodolphe (n°7I 1778-1855), est, comme
on l’a vu dans la précédente étude - un des plus importants. Les trois
petits-fils de Rodolphe : Alfred (devenu Koechlin-Schwartz - n°326 -
Généal. p.10 et 21), Rodolphe (n°328 - Généal. p.31) et Emile (n°330) ont
été, à des titres divers, des "protestataires" (1)
contre l'occupation allemande en Alsace après 1870, et ont dû - de
ce fait - quitter l’Alsace les uns après les autres. Ceci explique que tout
le second rameau vit en France (hors d'Alsace).
(1) C'était le terne de l'époque ; on dit
maintenant "résistants".
Rappelons que c'est à ce rameau qu'ont appartenu : Georges Koechlin,
auteur du livre généalogique de 1914, Raymond Koechlin (les "Amis du
Louvre"), et les deux généraux Koechlin-Schwartz.
- Le rameau de Nicolas (n°73 1781-I852) ne s’est poursuivi que par un
descendant par génération, établi en France peu avant 1970.
- Pierre (n°74 1782-1841) a dirigé à Loerrach (Pays de Bade) l'une des
usines textiles familiales (encore existante - voir Généal.p.9), mais son
second fils Jean-Albert (n°147) s'est établi à Bâle. Sa descendance vit
actuellement à Bâle ou en Argovie.
- Daniel (n°76 1785-1871), chimiste et ancêtre de plusieurs chimistes
éminents (notamment Horace - n°357) est également le grand-père du
compositeur Charles Koechlin (n°371 - Généal.p.16). Ses descendants ont
quitté progressivement l'Alsace et tout ce rameau est actuellement localisé
en France.
- Charles (n°79 1789-1831) est allé s'installer en Bohème (Généal. p.17),
d'où 1'un de ses fils, Albert (n°17I) est parti pour le Pérou, où il a
amplement respecté la tradition ancestrale des familles très nombreuses :
le rameau péruvien de la famille, l'un des plus importants, descend de ses
onze enfants.
- Edouard (n°8I I793-1841) a fait carrière en Alsace avec ses frères
aînés dans les industries textiles familiales, ainsi que son fils Napoléon
(n°178). Les descendants de celui-ci ont quitté l’Alsace.
La descendance de Jean-Jacques (n°49) n'est plus constituée que de trois
rameaux :
- Celui de Jean (n°85 1780-1862), actuellement le plus important de la
famille et dont tous les membres actuels descendent de deux des petits-fils
de Jean : Maurice (n°451 -"La Tour Eiffel" - Généal.p.31), et René (n°452 -
"Le Grand canal d’Alsace" - Généal. p.14 et 15). Les uns habitent la
France, les autres la Suisse Romande ; à signaler que l'un des petits-fils
de Maurice, père de 10 enfants, est l'un des seuls Koechlin vivant
actuellement à Mulhouse.
- Le rameau de Joseph (n°91 1790-1851). La descendance de l'un de
ses fils, Jean-Jacques (n°207) est longtemps restée à Mulhouse - où elle
subsiste -, alors que celle de l'autre, Adolphe (n°211), officier dans
l'armée française, n'est pas restée en Alsace.
- Enfin, le rameau de Gaspard (n°92 1791-1871), dont la
descendance masculine (si l'on néglige un arrière-petit-fils perdu de vue
aux Etats-Unis) n’est plus représentée que par une famille de la région
parisienne.
Restent les deux derniers rameaux issus de Hartmann (n°50) : Les descendants
d'Isaac (n°96 1784-1856) ont tout d'abord vécu en Alsace, à Willer, puis à
Paris ou en Franche-Comté ; au niveau de la 15ème génération, ils sont,
de loin, les plus âgés.
Samuel (n°97 1785-1874) a été s'installer à Bâle où il a fabriqué des rubans
de soie, ainsi que ses deux fils. Ce rameau, assez développé, s'est
poursuivi à Bâle, où plusieurs de ses membres ont occupé des postes
importants dans l'industrie chimique. L'un de ses fils, de la 14ème
génération, vit aux Etats-Unis.
Ce bref historique montre combien la famille s'est peu à peu dispersée : à
proximité de Mulhouse (Willer - Bâle - Loerrach), parfois plus loin (Bohème,
Pérou), mais le facteur le plus important de dispersion a été l'annexion de
l'Alsace par l’Allemagne en I870 qui a conduit de nombreux Koechlin à
quitter l'Alsace, le plus grand nombre pour "l’intérieur", c'est-à-dire le
reste de la France.
Pour obtenir une répartition géographique chiffrée de la famille, le seul
procédé rigoureux aurait été un recensement à une date donnée. On peut
cependant considérer que le rassemblement de données par notre cousin Henry,
pour établir sa généalogie, est à peu près équivalent à un recensement.
Mais quelle "population" recenser et localiser ? Une première solution
aurait été de prendre tous les Koechlin en vie - d'après la Généalogie -
quelle que soit leur génération. Etant donné les décalages chronologiques
entre les rameaux, on aurait englobé ainsi des Koechlin de quatre
générations (de la 13ème à la 16ème) dont les premiers n'auraient été que
des hommes, et les autres, des deux sexes (à moins de ne retenir toujours
que 1es hommes ; mais pourquoi faire ici cette discrimination ?
J'ai préféré adopter une autre solution consistant à retenir une
"population" homogène (hommes et femmes), c'est à dire une génération
complète de la famille et j'ai choisi la 15ème dont les caractéristiques
figuraient déjà dans la précédente étude. Je rappelle que cette génération
comporte - d'après la Généalogie - 142 personnes vivantes (moins trois,
mortes très jeunes) nées de 1926 à 1974, mais pour la plupart de 1948 à
1960. Elle est, sans doute, à peu près complète, (si quelques dernières
naissances manquent - parce que non signalées ou encore à venir -, cela
n'est guère de nature à fausser la situation).
Le quart environ de cette génération est marié : 23 hommes et 14 femmes ; la
localisation des premiers est fournie par leurs notices - nos 3001 et
suivants - mais celle des femmes manque. Cette difficulté m’a paru pouvoir
être tournée en convenant de localiser toute la génération au foyer de ses
Parents (constituant la partie masculine de la 14ème) : cette localisation
pourra ainsi ne pas être exacte pour une partie des 25% qui sont mariés,
mais elle l'est pour tous les autres et cette approximation m'a paru - dans
ces conditions - acceptable.
Il s'agit donc, en résumé, d'une localisation au niveau de la 14ème
génération (masculine), mais dont la mesure est fournie par leurs enfants
constituant la 15ème génération.
Voici, en fin de compte, et avec les conventions explicitées ci-dessus, la
répartition géographique de la famille:
| Pays |
Région |
Nb |
Total |
% |
| France |
Paris et Ile de France
Autres régions |
31
48 |
79 |
55.7% |
| Suisse |
Bâle ou cantons de langue allemande |
19
12 |
31 |
21.8% |
| Pérou |
|
|
25 |
17.6% |
| Etats Unis |
|
|
6 |
4.2% |
| Autriche |
Vienne |
|
1 |
0.7% |
| TOTAL |
|
|
142 |
100% |
Cette répartition correspond à une époque, et tendra - bien entendu - à
évoluer en fonction des "migrations". Elle me paraît, cependant constituer
une image valable de la "géographie" familiale.
Pierre KOECHLIN