Avant-propos
L'étude de la généalogie de la famille Koechlin montre qu'un arbre
généalogique a les mêmes caractéristiques qu'un vrai arbre : certaines
branches grossissent et donnent naissance à de nombreux rameaux et bourgeons
; d'autres restent beaucoup moins fournies, mais subsistent quand même ;
d'autres enfin meurent...
Les commentaires qui vont suivre vont chercher à justifier ces affirmations,
mais il est nécessaire - auparavant - de faire une remarque importante. Ce
n'est pas par phallocratie, ou même par simple misogynie qu'il sera à peu
près exclusivement question dans ce qui suit, des descendants masculins !
C'est parce que la généalogie 1975 d'Henry Koechlin a volontairement écarté
toutes les descendances féminines, et ceci, pour les raisons qu'il donne
dans la préface (p.5). Il me paraît hors de doute qu’à défaut d'une telle
limitation (un arboriculteur dirait : un tel élagage), le travail aurait été
si écrasant que la généalogie ne serait jamais sortie, et nous continuerions
tous à ne disposer que du livre généalogique de Georges Koechlin, paru en
1914, où il est de moins en moins facile de chercher à préciser une parenté
(puisque ceux d'entre nous qui sont nés avant 1914 n'y figurent qu'à la case
de leur père ; quant aux autres... ).
Les commentaires qui vont suivre n'ont donc aucun caractère statistique, au
sens étroit qui est donné à ce qu'est maintenant cette science. Il va de
soi, en effet, qu'une statistique tant soit peu valable devrait tenir compte
de toutes les branches et de tous les rameaux, masculins ou féminins, quel
que soit leur nom d'état civil.
2 - Jusqu'à la 8ème génération : un tronc et quelques rameaux qui
disparaîtront.
C'est HARTMANN Koechlin (n° 4 du livre généalogique de 1914), qui vint de la
région de Zurich (1) s'installer à Mulhouse où
il exerça le métier de tonnelier. Il en fut de même pour son fils HARTMANN
(n° 6 1595 env. - 1659) devenu échevin et membre du Conseil, et son
petit-fils, un troisième HARTMANN (n° 8 1620-1657). Tous les Koechlin
vivants aujourd'hui descendent des trois tonneliers, qui constituent les
3ème, 4ème et 5ème générations du livre de 1914.
(1)
Mon propos n'étant pas de faire ici un historique exhaustif de la famille.
Les lecteurs les plus curieux de cette origine suisse peuvent se reporter à
la note historique du livre généalogique de 1914 qui fournit d'amples
détails.
A la 6ème génération, on trouve les quatre fils du dernier Hartmann :
 | JEAN (n° 13 1641-1716), tailleur, sans descendance masculine. |
 | HARTMANN (n° 14 1644-1719), tonnelier comme ses ancêtres, dont la
descendance comporte - de la 7ème à la 9ème génération - plusieurs
tonneliers et potiers ; chez le dernier, trois filles survécurent seules aux
maladies du premier âge. |
 | SAMUEL (n° 17 1649-1731), Potier, puis hôtelier du "Cerf", dont l'un des
fils (Hartmann n° 30) n'eut pas de descendance masculine, et l'autre, Samuel
(n° 29 1693-1720) mourut avec sa jeune femme au cours d’une épidémie de
typhus, laissant indemne un bébé de six mois, le troisième Samuel (n° 38)
qui fut élevé par ses grands-parents, hôteliers. |
 | JEREMIE (n° 18 1652-1698), garde-clefs, dont la descendance s'est
poursuivie jusqu'à la 11ème génération, au 19° siècle, à Willer, où elle
paraît s'être éteinte. |
C'est donc le 3ème SAMUEL (n° 38 1719-1776), rescapé du typhus, qui est
l'ancêtre de tous les Koechlin actuels. Il est aussi l'un des fondateurs,
avec d’autres mulhousiens, de la première fabrique d'indiennes de Mulhouse
(voir page 8 de la Généalogie 1975).
SAMUEL eut 17 enfants, constituant à eux seuls la quasi-totalité de la 9ème
génération, dont 1l qui firent souche et - parmi eux - 7 fils : c'est donc,
avec lui, que l'arbre se développe, mais nous verrons plus loin que quatre
de ces branches masculines se sont éteintes peu à peu, de sorte qu'il n'en
reste que trois dont deux qui ont été fort vivaces.
C'est aussi avec ce SAMUEL que la famille s'élève du stade artisanal à un
stade industriel, encore modeste sans doute (l'industrie alsacienne est
alors naissante), qui sera développé peu à peu par certains de ses fils et
surtout de ses petits-fils. Cet essor industriel est résumé dans le livre de
1914, au bas de la note de Samuel. La généalogie de 1975 y consacre
également un commentaire page 9, mais un développement dans le bulletin
familial ne serait-il pas de nature à intéresser une partie des lecteurs ?
Qui veut prendre la plume (ou le bic) ?
3 - Le grand essor de la famille aux 9ème et 10ème générations.
Parmi les sept fils de SAMUEL ayant eu une descendance, les sept branches
initiales de la famille - qui constituent la 9ème génération masculine - il
existe, tout d’abord, trois branches qui n'ont pas dépassé la 11ème
génération :
 | Celle de JEAN-HENRI (n° 52 1758-1835), économe de l'hôpital : un fils, un
seul petit-fils mort célibataire. |
 | Celle de JEREMIE (n° 55 1764-1840), le "Contrôleur" : trois fils, un seul
petit-fils, mort lui aussi célibataire. |
 | Celle de JEAN-GEORGES (n° 56 1765-1788), le plus jeune, mort à 23 ans : un
seul fils sans descendance masculine |
Une quatrième branche a été plus loin, celle de JOSUE (n° 51 1756-1830) qui
eut quatorze enfants, dont un seul fils ayant fait souche, JOSEPH
(3) (n° 100 1796-1863).
(3) Il est question de lui dans l'article de ce bulletin "Une vie avec
une énigme". Mais cette branche s’arrête à la 13ème génération, dont
l'élément masculin comporte trois célibataires. Elle comprend notamment les
Koechlin établis en Hollande comme minotiers et dont Henry, l'auteur de la
généalogie, est le dernier descendant.
Restent les trois autres branches qui portent encore des rameaux aujourd'hui
:
La plus importante est celle de JEAN (n° 4 1746-1836) qui eut vingt enfants
(le record !), douze fils et huit filles, dont quinze se sont mariés. C’est
le Jean dont les "Portraits mulhousiens" donnent plusieurs portraits, (ainsi
que de son épouse) et rapportent la phrase (incorporée ainsi au folklore
familial) : Ma fille, va dire à ta fille que la fille de sa fille pleure".
Vient ensuite la branche de JEAN-JACQUES (n° 49 1754-1814) qui eut quatorze
enfants : 9 fils et 5 filles, dont neuf se sont mariés. C’est lui le "Pfiffe Koechle'', dont le portrait avec son immense
pipe (généalogie p.24) s'est transmis à plusieurs de ses
descendants et dont on raconte qu'il est mort du typhus en 1814 en soignant
les soldats de Napoléon touchés par cette épidémie. Sa pipe, toujours à la
bouche, le préservait de la contagion, dit la légende ; et c'est parce qu'un
factionnaire trop zélé l'obligea, un jour à l'entrée de l’hôpital, à la
retirer de sa bouche, qu'il a été atteint ! C’est, aussi, une histoire de
folklore familial, mais est-elle authentique ?
Enfin, la branche de HARTMANN (n° 50 1755-1813) qui eut huit enfants : trois
fils et cinq filles, dont quatre mariés. A la différence des deux
précédents, restés à Mulhouse, Hartmann s'est établi à Willer et à
Remiremont, après avoir été, cependant, un notable de Mulhouse et le
négociateur d'un traité de commerce avec la France révolutionnaire.
On reste confondu devant une natalité aussi importante : la dixième
génération, constituée par les enfants des sept frères énumérés ci-dessus,
comportait 71 enfants, dont 36 fils et 35 filles : 12 sont morts en bas âge
; 13 sont restés célibataires ; 46 se sont mariés. Et on arriverait, bien
entendu, à des chiffres encore plus élevés en y ajoutant les familles des
quatre filles mariées, de Samuel (qui ont eu au total 27 enfants).
4 - L'évolution chiffrée des principales branches.
Pour en revenir à mon propos initial, voici - en quelques chiffres -
l’évolution des trois branches encore vivaces. Pour chaque branche et
chaque génération figurent trois chiffres :
a/ le nombre total d’enfants qui constituent ladite génération ;
b/ parmi ceux-ci, le nombre de fils ;
c/ parmi ces derniers, le nombre de ceux ayant eu, à leur tour, des enfants
(constituant la génération suivante).
| Génération |
10ème |
11ème |
12ème |
13ème |
14ème |
15ème |
| Dates de naissance |
1773 à 1799 |
1797 à 1832 |
1828 à 1878 |
1856 à 1922 |
1895 à 1941 |
1926 à 1974 |
| Nos dans la généalogie (4) |
68 à 121 |
131 à 227 |
305 à 542 |
ceux de leurs pères |
2001 à 2033 |
3001 à 3014 |
| Ensemble de la génération |
42/24/17 |
125/63/29 |
153/77/48 |
178/83/47 |
119/64/49 |
145/81/23* |
| Descendants de Jean (47) |
20/12/09 |
70/40/20 |
95/44/29 |
119/56/30 |
79/44/30 |
85/50/15* |
| Descendants de Jean-Jacques (49) |
14/09/06 |
38/15/06 |
40/22/13 |
38/21/12 |
30/15/14 |
40/19/05* |
| Descendants de Hartmann (50) |
08/03/02 |
17/08/03 |
18/11/06 |
21/06/03 |
10/05/05 |
20/12/03* |
(4) Pour ceux qui - mariés - donnent lieu à une notice
* Chiffres incomplets : une partie seulement des fils de cette génération
sont mariés.
On peut constater, à l’examen de ces chiffres, que les descendants de Jean
sont, de loin, les plus nombreux puisqu'à chaque génération ils représentent
en général plus de 60 % du total.
5 - Les principaux rameaux : situation actuelle.
Une grande inégalité de développement existe également à l'intérieur des
trois branches, que l'on peut décomposer en douze rameaux encore vivaces à
l’heure actuelle.
L'importance relative de ces rameaux peut se caractériser par "la
population" de la 15ème génération, la dernière du tableau ci-dessus, et
dont les principales caractéristiques sont les suivantes :
 | 145 personnes, dont 81 hommes et 64 femmes (142 vivants) ; |
 | nées, pour la plupart, entre 1948 et 1960 (un petit nombre de 1926 à 1947
ou après 1960) ; |
 | génération probablement incomplète (il peut y avoir encore quelques
naissances) ; |
 | 36 étaient mariés en 1975, dont 23 hommes (qui ont déjà 37 enfants, amorce
de la 16ème génération), |
Voici donc cette 15ème génération décomposée en rameaux d'importance
décroissante :
 | JEAN (n° 85) fils de Jean-Jacques 29 (14 masc. - 15 fem.) |
 | RODOLPHE (n° 71) fils de Jean 26 (18 masc. - 8 fem.) |
 | CHARLES (n° 76) fils de Jean 25 (11 masc. - 14 fem.) |
 | SAMUEL (n° 97) fils de Hartmann 16 (9 masc. - 7 fem.) |
 | PIERRE (n° 74) fils de Jean 10 (6 masc. - 4 fem.) |
 | DANIEL (n° 76) fils de Jean 9 (6 masc. - 3 fem.) |
 | EDOUARD (n° 81) fils de Jean 8 (6 masc. - 2 fem.) |
 | GASPARD (n° 92) fils de Jean-Jacques 6 (2 masc. - 4 fem.) |
 | JOSEPH (n° 91) fils de Jean-Jacques 5 (3 masc. - 2 fem.) |
 | ISAAC (n° 96) fils de Hartmann 4 (3 masc. - 1 fem.) |
 | SAMUEL (n° 69) Fils de Jean 4 (1 masc. - 3 fem.) |
 | NICOLAS (n° 73) fils de Jean 3 (2 masc. - 1 fem.) |
Une étude complémentaire sera consacrée à la localisation de cette
génération
Pierre KOECHLIN (502-4)
(Voir pages de la généalogie pour
plus de détails et accès à l'arbre en ligne.) |