
René Koechlin est né à Buhl le 4 août 1866. Il
épouse Élisabeth Sophie Rossier (la sœur cadette de la femme de son
frère, Maurice) à Veytaux, Suisse, le
7 août 1896. Il eurent 5 enfants :
- Alice Marie, le 12 novembre 1897,
- André Maurice, le 21 avril 1899,
- Anne, le 30 octobre 1900,
- Raymond Auguste, le 23 avril 1903,
- Denise, le 29 octobre 1905.
Décédé en Suisse, en 1951, dix ans avant sa femme.
Il fit ses études à Strasboug et entra, en 1883, au
Polytechnikum de Zurich. Il entra dans la Société des travaux publics
et constructions de Paris. Il participa à la construction du chemin de
fer de la mer Caspienne à Samarcande. Attaché à la mission d'études
en Palestine du chemin de fer de Jaffa à Jérusalem.
Il travailla (1890-1899) à la construction
d'usines hydroélectriques et à l'étude pour la construction du
tunnel du Simplon. Nommé directeur technique de la Compagnie nouvelle
d'électricité de Paris, il construisit les tramways de Fontainbleau,
de Bourges, de Poitiers, de Pau et d'Armentières. Sa compagnie étant
absorbée par l'Omnium Lyonnais, il travailla à l'étude des chemins de
fer métropolitains Nord-Sud de Paris.
En 1893, il étudia un avant-projet
d'utilisation de la force du Rhin et, en 1902, il présenta à la
Société Industrielle de Mulhouse son premier projet. Directeur (1907)
à Bâle de la Société suisse d'industrie électrique (INDELEC),
créateur en 1910 de la Société des forces électriques du Haut-Rhin
dont l'objectif était la réalisation de l'usine de Kembs, nouveau
dossier en 1919.
Le projet du grand canal d'Alsace se réalisa
quand il eut fondé, en 1927, l'Énergie électrique du Rhin. Il créa,
pour avoir les matériaux, la Société de chaux et ciments du Haut Rhin
à Altkirch. En 1932 l'usine de Kembs entra en service. Il réalisa en
même temps l'usine d'accumulation hydraulique par pompage du Lac Noir
et du Lac Blanc. Fondateur de la société d'études OFINCO à
Genève.
Il lança la théorie sur le flambage excentrique des
bancs de grandes longueurs.
Chevalier (1927), officier (1932, puis commandeur
(1950) de la Légion d'honneur et docteur hc de l'Université
de Lausanne (1945). Auteur de nombreux traités.

Extrait de la notice historique de l'édition 1975
des
tableaux généalogiques de la famille Koechlin :
René Koechlin
"Né à Buhl près de Guebwiller le 4 août
1866, René Koechlin, un petit-neveu d’André (GI/90), fit ses études
à Strasbourg d’où il s’expatrie à 16 ans pour ne pas devenir
allemand. En 1883, il entre à l’École Polytechnique Fédérale de
Zurich où l’avait déjà précédé son frère aîné Maurice, l’éminent concepteur de la Tour
Eiffel, et en sort premier en 1887 avec le diplôme d’ingénieur
civil. Puis, ce furent des voyages d’études et une collaboration
active à diverses entreprises de travaux publics tels que la
construction d’usines hydroélectriques, de tunnels (Simplon
1898-1906), ligne "Nord-Sud" du métro de Paris. C’est au
cours de ces années qu’il conçut le projet d’utiliser l’énergie
du Rhin au profit de l’industrie alsacienne. Dès 1893, il avait
établi un avant-projet d’utilisation de la force du Rhin en aval de
Bâle, et en 1902, il présente à la Société Industrielle de Mulhouse
son premier projet étudié en détail d’une usine hydroélectrique sur le Rhin, dont la chute était formée en partie par un barrage, en
partie par un canal latéral. Ce projet, très discuté, recueillit
cependant l’adhésion des principaux représentants de la grande
industrie et la demande de concession, appuyée par une pétition des
industriels de Mulhouse fut déposée auprès des gouvernements
intéressés d’Alsace et du Grand Duché de Bade. Le projet parait
pour l’époque d’une ampleur et d’une audace exceptionnelles.
René Koechlin entame alors avec les gouvernements intéressés et la
Commission Centrale du Rhin, en vue de l’approbation de son projet et
de l’octroi d’une concession pour sa réalisation des négociations
qui dureront de longues années et n’aboutiront qu’après la
première guerre mondiale.
En 1910 il avait créé à Mulhouse la Société des
Forces Motrices du Haut-Rhin, dont l’objectif principal était la
réalisation de l’usine hydroélectrique de Kembs et la distribution
d’énergie électrique dans le Haut-Rhin. Le gouvernement français
ayant été mis en possession, par le Traité de Versailles, du droit d’établir
le long du Rhin un canal de dérivation pour la navigation et l’utilisation
de la force motrice, René Koechlin présente en 1919 un nouveau dossier
pour le projet complet d’aménagement de ce canal entre Bâle et
Strasbourg, - le Grand Canal d’Alsace - avec 8 chutes successives
comprenant chacune usine et écluses, ainsi qu’un projet détaillé de
son premier échelon avec l’usine hydroélectrique de Kembs. Le
projet ayant été approuvé et les concessions suisse et française
étant accordées, René Koechlin fonda en 1927, avec les Forces
Motrices du Haut-Rhin, la société "Énergie Électrique du
Rhin" pour la réalisation de l’usine de Kembs. Enfin, pour
assurer la quantité de ciment nécessaire pour la construction de l’ouvrage
de Kembs, René Koechlin fonde la Société des Chaux et Ciments du
Haut-Rhin à Altkirch dont il fut également le président.
Dès octobre 1932, l’usine de Kembs entrait en
service partiel, et quelques mois plus tard, les cinq groupes étaient
en ordre de marche. L’inauguration officielle eut lieu en présence du
Président de la République le 9 octobre 1932. Parallèlement à la
construction de l’usine de Kembs, et s’inspirant des installations
qu’il avait déjà réalisées ailleurs, entre autres en Italie, René
Koechlin entreprend la création de l’usine d’accumulation
hydraulique par pompage du Lac Noir et du Lac Blanc, dans les Vosges,
servant d’accumulateur journalier pour les excédents d’énergie de
l’usine de Kembs. Dans ce but, l'Énergie Électrique du Rhin fonda,
avec le concours des Forces Motrices du Haut-Rhin, la Société Hydroélectrique
des Vosges. Mais il fallait encore assurer à l’entreprise
des débouchés suffisants, c’est ainsi que furent créées, sous la
présidence de René Koechlin, une série d’importantes sociétés
pour le transport de l’énergie de Kembs vers les centres de
consommation de I’Alsace et de l’Est de la France, jusque vers
Troyes et Paris.
Domicilié à Mulhouse depuis 1921, il rentra en
Suisse lors de la deuxième guerre mondiale. Il est décédé dans sa
propriété de Villars-sous-Blonay le 30 juin 1951. Ingénieur et
administrateur de premier ordre, René Koechlin faisait aussi oeuvre de
savant, et il nous a laissé tout un bagage d’ouvrages scientifiques d’un
grand retentissement. Sans mentionner ici les médailles et récompenses
qui sont venues consacrer son oeuvre scientifique et technique,
rappelons que, dès 1927, sur proposition du Président Poincaré, il
fut nommé chevalier de la Légion d’Honneur, élevé au grade d’officier
en 1932, lors de l’inauguration de Kembs, et à celui de commandeur en
1950. Quel que fut le plaisir que pouvaient lui causer les récompenses,
et surtout les succès de ses travaux, René Koechlin resta toujours
simple et modeste, s’inspirant d’un esprit chrétien très profond
qui a été la règle morale de toute sa vie."
Les lignes qui précèdent sont extraites de la
notice biographique consacrée à René Koechlin par André Favre dans
le Bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse, no. 1, 1962. |