Nicolas
Koechlin, fils de
Jean et petit fils de Samuel, est né le 1er juillet 1781 à Mulhouse.
Il épouse, en premières noces, Ursule Dollfus (fille de Jean Dollfus
et Élisabeth Schwartz) le 21 janvier 1801 à Mulhouse. Malheureusement,
Ursule est morte, en janvier 1802, peu après la naissance d'un petit
Jean, lui-même n'ayant vécu que 10 jours.
Nicolas épouse en secondes noces Anne Marie
Baumgartner (fille de Joseph Baumgartner et de Salomé Thierry) le 6
septembre 1802.
De cette union naquirent 7 enfants :
- Jean, décédé âgé de quelques jours,
- Salomé le 6 décembre 1803. Elle épousa
Mathieu Dollfus.
- Nicolas, le 22 avril 1805 et décédé 4 jours plus tard
- Marie Zélie, le 29 novembre 1806 et décédée le 3 avril
1807.
- Nicolas Ferdinand, le 28 novembre 1812. Il épousa Caroline
Koechlin, la fille d'André Koechlin et une arrière petite
fille de Samuel.
- Marie-Louise, le 25 novembre 1814. Elle est décédée à
l'âge de 15 ans.
-Climène Julie Laure, le 18 février 1817. Elle épousa Edmond
Klose.
Il parti en voyage pour se former à Hambourg et en
Hollande. De retour à Mulhouse, il fut employé chez son oncle Daniel
K. (cf. arbre généalogique)
dans l'établissement Dollfus-Mieg. En 1802, il était à la tête de l'indiennage
qui devint, en 1806, Nicolas Koechlin & Frères. En 1807 il créa la
deuxième filature de coton d'Alsace dans les bâtiments de l'ancienne
abbaye bénédictine de Masevaux. En 1809, il ouvrit une fabrique
d'impression sur tissus à Lörrach, Bade, sous la raison sociale
Mérian et Koechlin. En 1820, il construisit une filature (qui tourna
avec 12500 broches) dans la Cour de Lorraine à Mulhouse. Il y installa
l'éclairage au gaz.
En 1831, Nicolas Koechlin & Frères s'est
divisée en 4 branches : 1. Nicolas Koechlin et Frères,
2. Frères Koechlin à Mulhouse, 3. Koechlin-Favre et Waldner
à Masevaux, 4. Pierre et Édouard Koechlin à Lörrach.
Il fit des essais de plantation de mûriers puis
de betteraves sucrières dans son domaine de Hombourg. Sa propriété et
ses essais devaient servir de modèle aux paysans de Haute Alsace.
Attaché au régime napoléonien, il avança
200 000 F pour assurer l'approvisionnement de Huningue. Avec
son frère Ferdinand, il rejoignit le grand quartier général de
l'empereur. Il organisa un corps de partisans dans les Vosges lors de
l'invasion. Pendant les Cent Jours, il reprit la guerre des partisans.
Il avait été nommé ordonnance du duc de Dantzig et de Napoléon 1er.
Député du Haut Rhin de 1830 à 1837, juge au
Tribunal de commerce de 1828 à 1835, inspecteur du travail des enfants
dans les manufactures, l'un des administrateurs du département en 1848.
Membre du Conseil général de 1833 à 1839.
Avec Jean Dollfus, il est à l'origine de la
construction du Nouveau Quartier à Mulhouse. Il défendit avec
conviction les idées libres-échangistes.
Il fut le promoteur du chemin de fer en Alsace.
En 1839, il réalisa la voie Mulhouse-Thann et, en 1841,
Mulhouse-Strasbourg.
Il offrit à la Société Industrielle de
Mulhouse le bâtiment de la Bourse qu'elle occupe encore aujourd'hui.
Chevalier de la Légion d'honneur.
Il est décédé à Mulhouse le 15 juillet 1852,
son épouse étant morte en 1826.

Extrait de la notice historique de l'édition 1975
des
tableaux généalogiques de la famille Koechlin :
Nicolas Koechlin, industriel, urbaniste, promoteur
des premières voies ferrées d’Alsace et homme politique.
Le rôle politique joué par Jacques Koechlin ne doit
pas mettre dans l’ombre celui, bien plus efficace, de son frère
Nicolas Koechlin, que l’on peut à juste titre considérer comme le
membre le plus éminent de la famille.
Ce fut en 1802, et à peine
âgé de 20 ans, que Nicolas Koechlin jeta les premières bases d’un
établissement d’abord modeste, auquel il associa successivement son
père, ses frères, ses beaux-frères et ses neveux. D’abord simple
maison de commerce faisant imprimer à façon, la maison Nicolas
Koechlin et frères ne tarda pas à se développer pour prendre des
dimensions considérables. Dès 1806, elle fonda un établissement de
filature et de tissage à Masevaux, en 1809, en association avec les
Merian de Bâle, elle achète et remet en activité la manufacture de
tissus imprimés de Loerrach, dont l’origine remontait à 1753.
Nicolas Koechlin en resta seul propriétaire à partir de 1819.
Dans les années 1814 et 1815 Mulhouse, française
depuis quinze ans seulement, ne s’émut pas moins profondément des
revers et de l’humiliation de sa nouvelle patrie envahie par les
armées de l’Europe coalisée. Nicolas Koechlin, alors colonel de la
garde nationale de Mulhouse, après avoir, à l’approche de l’invasion,
secondé de tous ses moyens l’administration du département, dans les
préparatifs de défense du pays garantit par un engagement personnel
de deux cent mille francs une partie de l’approvisionnement de
Huningue. Mettant sa famille à l’abri de tout danger en Suisse, il
ferme ses ateliers et va se présenter à l’empereur avec deux de ses
frères et un autre membre de sa famille, qui n’ont pas hésité à le
suivre. Napoléon, touché de cette preuve éclatante de patriotisme,
les attacha au quartier impérial, comme officiers d’ordonnance
volontaires du maréchal Lefebvre. C’est en cette qualité qu’ils
partagèrent avec l’armée les dangers de la campagne de France,
pendant laquelle trois d’entre eux furent décorés de l’étoile de
la Légion d’honneur.
Nicolas Koechlin reçut cette glorieuse distinction
le 18 février 1814 à Nangis et le duc de Dantzig lui annonça sa
promotion par une lettre des plus flatteuses. Malheureusement, le brevet
de Nicolas Koechlin, comme tant d’autres dans ce moment fatal, ne fut
pas expédié, de sorte qu’il ne prit rang réellement parmi les
chevaliers de l’ordre de la Légion d’honneur que lorsque Charles X
le décora de nouveau, à son arrivée à Mulhouse en 1828.
Après l’abdication de Fontainebleau, Nicolas
Koechlin et ses frères rentrèrent dans leurs foyers (avril 1814). Ils
venaient de rouvrir leurs ateliers momentanément fermés quand parvint
la nouvelle du retour de l'île d’Elbe, bientôt suivie d’une
nouvelle invasion. Alors Nicolas Koechlin, encore colonel de la garde
Nationale de Mulhouse, réuni à plusieurs de ses frères et à divers
citoyens courageux de la ville, se jette en partisan dans les Vosges, se
tenant en communication avec la division Lecourbe à Belfort. Au retour
de cette campagne, Nicolas Koechlin rentra définitivement dans la vie
industrielle qu’il avait abandonnée dans deux circonstances
suprêmes, pour concourir à la défense de son pays.
En 1820, Nicolas Koechlin et frères établissent une
filature à Mulhouse, à la "Cour de Lorraine". Nicolas
Koechlin est secondé dans la direction de ces différentes entreprises
par ses frères, au premier rang desquels il convient de mentionner
Daniel Koechlin-Schouch (1786-1871), chimiste éminent qui contribua par
ses nombreux travaux, à établir l’industrie des indiennes sur des
bases scientifiques. Ce rôle fut poursuivi au cours de carrières qui
devaient les amener à quitter pour un temps l’industrie familiale,
par Camille Koechlin (1811-1890), fils aîné de Daniel, et par Horace
Koechlin (1839-1899), fils de Camille, qui furent tous deux d’éminents
chimistes, comme l’avaient été leur père et grand-père.
Lors de sa plus grande extension, la maison Nicolas
Koechlin et frères possédait une fabrique d’impressions et une
filature à Mulhouse, une filature, un tissage et un blanchiment à
Masevaux, un établissement d’impressions et un tissage à Loerrach.
Elle occupait plus de 5000 ouvriers et de nombreux employés, commis ou
voyageurs. Elle avait des succursales sous son nom à Paris, à Lyon, à
Bordeaux, à Toulouse. On trouvait des dépôts tenus par ses propres
agents à Naples, à Rome, à Milan, à Moscou, à Bruxelles, aux
Antilles, à New-York, à Mexico, à Rio de Janeiro, en Perse. Elle
avait des dépôts réguliers et permanents de ses marchandises à
Londres, à Cadix, à Gibraltar, à Alexandrie, à Bombay, à Calcutta,
à Batavia, à Lima. Bref, elle était présente dans le monde
entier ! Quoique secondé par ses frères et ses associés, Nicolas
Koechlin était l’âme de cette vaste entreprise, c’est de lui que
venait la direction supérieure. C’est Nicolas Koechlin qui, utilisant
avec un rare discernement la capacité particulière de chacun de ses
collaborateurs, savait trouver en lui et en eux les ressources
nécessaires au succès de ses vastes entreprises. (Voir Notice
nécrologique sur Nicolas Koechlin par. M. le Dr. Penot, lue à la
Société Industrielle de Mulhouse dans sa séance du 29 septembre
1852).
Une activité aussi intense devait cependant laisser
à Nicolas Koechlin le temps de se consacrer à des travaux d’intérêt
public. En 1826, il avait formé le projet de construire à Mulhouse un
grand ensemble immobilier devant donner à la ville un aspect digne d’une
grande cité industrielle. Pour réaliser ce projet, il s’associa avec
Jean Dollfus, de Mulhouse et Christophe Merian, de Bâle. C’est ainsi
que s’édifia le "Nouveau Quartier" de Mulhouse, où le roi
Charles X fut accueilli en 1828. C’est là que siège toujours la
Société Industrielle de Mulhouse, dans l’immeuble qui lui avait
été généreusement donné par Nicolas Koechlin.
Les chemins de fer
En 1836 Nicolas Koechlin entreprit l’œuvre qui
devait être le couronnement de sa vie : la création des
premières voies ferrées d’Alsace. Ce fut d’abord le petit tronçon
de Mulhouse à Thann, environ 20 kms, qui fut inauguré en 1839, et qui
constituait en quelque sorte un banc d’essai pour la voie ferrée plus
importante qui devait relier Strasbourg à Bâle, en passant par
Mulhouse, environ 140 kms. Cette dernière voie fut achevée en 1841 et
s’inscrivait dans le plan, réalisé par la suite, des chemins de fer
de l’est de la France en jonction avec les futurs réseaux d’Allemagne.
Nicolas Koechlin fut député libéral du Haut-Rhin
de 1830 à 1841.