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Fils de Jean, le fils aîné de Samuel,
Jean-Jacques est né le 10 mars 1776 à Mulhouse. Il épouse Catherine
Koechlin, une cousine (petite fille de Samuel) le 7 juin 1802. Ils
eurent 2 enfants :
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Eugénie, née le 10 mars 1802, qui épousa Josué Heilmann en 1820.
Décédée le 16 février 1839. |
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Louise, née le 2 octobre 1804, qui épousa Frédéric Sandherr en
1825. Décédée le 26 février 1827. |
Après plusieurs voyages à l'étranger, il entra
dans l'industrie textile, dans l'affaire de son frère (indiennage
1776-1781). Il travailla à la manufacture de Wesserling comme
coloriste. Il prit vers 1798 la direction de l'impression tissus de
Bosserville. Revenu à Mulhouse, il s'associa à son frère Nicolas et
fut maire de Mulhouse de 1813 à 1815 et de 1819 à 1820.
Il fonda, à ses frais, l'orphelinat communal de
Mulhouse installé dans le bâtiments de l'hôpital et fut appelé
"le bienfaiteur des orphelins". Il dut faire face aux
difficultés nées de l'invasion. Il démissionna au retour des
Bourbons.
Député libéral sous la Restauration en 1820,
réélu en 1824. Ami de La Fayette qui disait de lui "Un Koechlin
par département et la France serait sauvée", en faisant allusion
à son patriotisme ardent. Ce patriotisme a passé à la postérité par
l'inscription ci-dessous sur une médaille frappée à l'occasion de sa
mort :
Citoyen
généreux, la France en lui vénère
Un
patriote ardent, et l'Alsace un vrai père.
Il faisait partie d'une société secrète qui
devait renverser le Gouvernement ultra. Il publia à la suite de
l'affaire Caron un brochure "Relation historique des événements
qui ont eu lieu à Colmar, 1822" qui fut taxée de lèse-majesté
par le Gouvernement. Condamné à un an de prison (il en purgea 6 mois)
et à une amende de 3 000 F (amende qui fut couverte par une
souscription publique), il fut reçu à Mulhouse en triomphe à sa
libération.
Il offrit, en 1812, deux cloches à l'église
catholique Sainte Marie.
Membre de la loge maçonnique la Parfaite
Harmonie de Mulhouse.
Il est mort le 16 novembre 1834 et sa femme,
Catherine, le 25 septembre 1839.

Extrait de la notice historique de l'édition 1975
des
tableaux généalogiques de la famille Koechlin :
Jean-Jacques Koechlin et les événements politiques
qui ont agité le Haut-Rhin de 1820 à 1823
Sur le plan national, l’assassinat du duc de Berry,
le 13 février 1820, marque le point de départ d’une vive réaction
des "Ultras". C’est la chute du ministère libéral Decazes
et l’accession au pouvoir du duc de Richelieu qui fit modifier la loi
sur la presse, rétablir la censure et adopter la loi du double vote,
tout à l’avantage des propriétaires ruraux. Toutes ces mesures
donnèrent prétexte à une agitation à tendance révolutionnaire,
entretenue par la Charbonnerie, qui ont mis, à cette époque, le
département du Haut-Rhin et la ville de Mulhouse au premier plan de l’actualité
politique française.
Nous assistons à une première tentative
insurrectionnelle en août 1820. Un colonel en retraite du nom de Caron
devait amener à Mulhouse un escadron de dragons tenant garnison à Épinal, pendant que l’inspirateur du complot, Voyer d’Argenson,
maître de forges à Oberbruck et l’un des chefs des Libéraux, était
fêté à Mulhouse le 19 août. Mais le complot fut éventé, Caron
arrêté et traduit devant la Cour des Pairs qui l’acquitta au
bénéfice du doute. Cette affaire valut au maire de Mulhouse, Jacques
Koechlin, fortement soupçonné d’avoir été, avec Voyer d’Argenson,
l’un des inspirateurs du complot, d’être destitué, sous prétexte
que sa conduite politique n’était pas agréable au gouvernement. Il
fut remplacé par Jean-Henry Dollfus, qui montrait des dispositions plus
favorables aux Bourbons de la branche aînée. Le 13 novembre suivant,
Jacques Koechlin fut élu pour la première fois député du Haut-Rhin.
Dans la nuit du 1er au 2 janvier 1822 devait éclater
dans la garnison de Belfort un nouveau complot, réédition de celui de
1820. Le vieux Lafayette, héros de la guerre d’indépendance d’Amérique,
son fils Georges, Voyer d’Argenson, Jacques Koechlin et quelques
autres notabilités du parti libéral devaient former un gouvernement
provisoire, convoquer une Constituante et donner à la France une
constitution calquée sur celle de l’an III. Ce complot fut à son
tour éventé et se termina par un certain nombre d’arrestations.
Quatre des accusés seulement furent condamnés à des peines de prison
et finirent par être graciés. Les instigateurs du complot ne furent
pas autrement inquiétés.
Cette affaire eut un rebondissement inattendu en
juillet 1822. Pourquoi le colonel Caron déjà compromis dans le complot
de 1820, s’était-il mis en tête de vouloir délivrer les prisonniers
de l’affaire de Belfort, détenus à Colmar, pourquoi surtout se
laissa-t-il persuader par des agents provocateurs de se mettre à la
tête d’un mouvement bien plus vaste ? Le brave colonel, ainsi qu’un
autre officier en demi-solde, Roger, directeur d’un manège à Colmar,
prirent le commandement d’un escadron de chasseurs à cheval qui s’était
soi-disant mutiné. Caron et Roger voulaient conduire leur escadron à
Mulhouse. La traversée des villages se faisait aux cris de "vive
Napoléon Il" sous le regard ébahi des paysans méfiants. Mais à
Mulhouse, quelle serait la réaction de la population ? On risquait
évidemment un soulèvement sur lequel Caron comptait peut-être pour
donner une suite à son entreprise insensée. L’administration
préfectorale, de son côté, toujours soupçonneuse à l’égard des
fabricants de Mulhouse et de leur esprit libéral et frondeur, pouvait
compter éprouver ainsi le loyalisme de cette ville et démasquer les
inspirateurs d’un soulèvement éventuel. Elle s’en est constamment
défendue, mais alors, pourquoi fallait-il toute cette mise en scène
pour s’emparer du pauvre Caron ?
Pourquoi les faux révoltés se démasquèrent-ils
avant Mulhouse déjà ? Des officiers qui avaient endossé l’uniforme
de simples soldats arrêteront Caron et Roger qui furent ramenés à
Colmar, ligotés. Caron, jugé par le tribunal militaire de Strasbourg,
fut condamné à mort et fusillé le 1er octobre 1822. Roger, traduit
devant la Cour d’Assises de Metz, fut aussi condamné à mort, mais sa
peine fut commuée en vingt ans de fers.
Cette affaire suscita à Mulhouse et dans la région
une profonde indignation. Jacques Koechlin relata les faits dans une
brochure où il accusait l’administration d’avoir déshonoré l’armée
en lui faisant remplir le rôle de vils agents provocateurs, d’avoir
usé de moyens infâmes pour éprouver le loyalisme de populations
paisibles. Il fut poursuivi, condamné par le tribunal correctionnel de
la Seine à six mois de prison, peine qu’il purgea à Sainte Pélagie,
à Paris, et à trois mille francs d’amende, somme qui fut couverte
par une souscription publique. L’attitude courageuse de Jacques
Koechlin lui valut une immense popularité et il fut réélu
triomphalement aux élections de 1824.
L’affaire Caron, qui se place au centre de toute
cette agitation, présente un mélange du machiavélisme le plus odieux
et de la naïveté la plus effarante. Elle reste cependant obscure en
bien des points. Le récit que nous en donnons a servi d’introduction
à un article de M. Paul Leuilliot, intitulé "Un manuscrit inédit
sur les protestants de Mulhouse et d’Alsace en 1822" paru dans le
Bulletin du Musée Historique de Mulhouse en 1954.
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