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André Koechlin

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André Koechlin, industriel et administrateur
Charles Koechlin, compositeur de renom
Daniel Koechlin, chimiste de renom
Jean-Jacques Koechlin, homme politique
Maurice Koechlin, ingénieur et concepteur de la Tour Eiffel
Nicolas Koechlin, industriel et promoteur de chemins de fer
René Koechlin, ingénieur

André Koechlin, fondateur de la SACM     Ursule Dollfus, son épouse Ursule Dollfus, épouse d'André Koechlin

André Koechlin, fils de Jean-Jacques, et petit-fils de Samuel, est né le 3 août 1789 à Mulhouse. Il épouse la fille de Daniel Dollfus et d'Anne Marie Mieg, Ursule, le 31 août 1813 à Mulhouse. Ils eurent 5 enfants :

bulletAndré, né le 19 juillet 1814 et décédé le 21 avril 1837.
bulletAmélie, née le 9 février 1816. Elle épousa son cousin, Camille Bourcart (fils d'Élisabeth Koechlin [GK/87], sœur de Jean-Jacques).
bulletCaroline Julie, née le 4 mars 1820. Elle épouse le fils de Nicolas Koechlin [AJ/75], un autre Nicolas [AJ5/145].
bulletCécile, née le 28 mai 1825. Elle épousa le marquis Léon de Maupeou.
bulletMathilde, née le 1er mai 1831. Elle épousa le comte René de Maupeou mais mourut tout de suite après la naissance d'une petite fille en 1852. René de Maupeou épouse, en secondes noces, Caroline Koechlin [AJ51/205], la fille de Caroline Julie ci-dessus.

André est mort à Paris en 1875, survivant de 3 ans à sa femme.

Industriel, maire, conseiller général et député. Il prit, dès 1818, la direction des usines Dollfus-Mieg (filature, tissage, impression sur tissus) et les rendit prospères. Il créa avec Mathias Mieg et Henri Bock un établissement pour la fonte des métaux et la construction mécanique. Il put s'adjoindre comme associé Jérémie Risler, venu des établissements de Cernay. La fonderie André Koechlin & Cie, future Société alsacienne de constructions mécaniques, acquit bientôt une renommée européenne. La première locomotive (1839) destinée à la voie ferrée (commandité par son cousin, Nicolas) Mulhouse-Thann, dénommée "Napoléon", sortit des ateliers. L'établissement construisit des centaines de locomotives et équipa de nombreuses filatures et des tissages de la région et à l'étranger.

    Maire de Mulhouse en 1830-1831 et de 1832 jusqu'en 1843. Il développa l'instruction primaire avant la loi Guizot et fit transformer le collège et ses plans d'études. Il oeuvra à l'agrandissement de l'hospice et fit avancer le projet de la construction du canal de décharge afin de préserver la ville des fréquentes inondations printanières. Le ministre de l'Intérieur disait de lui : "S'il y avait en France plusieurs maires comme celui de Mulhouse, il ne me resterait plus qu'à donner ma démission."

    Il associa ses gendres à ses activités économiques et sut choisir à temps des collaborateurs de haut niveau, ingénieurs sortis des grandes écoles.

    Élu conseiller général du canton de Mulhouse (1839-1842) et d'Altkirch (1846-1848), député d'Altkirch en 1830, de Mulhouse de 1831-1846. Il soutint la politique intérieure et extérieure de Guizot.

    Président d'honneur de la Chambre de commerce de Mulhouse en sa qualité de maire de la Ville. Sa libéralité en faveur de Mulhouse était connue. Il versa entre autres un don de 200 000 F à l'hospice, 200 000 F à l'Église réformée, 25 000 F pour la construction de l'église Saint Etienne. Il est à l'origine des cités ouvrière de Mulhouse.

    Chevalier de la Légion d'honneur.

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Extrait de la notice historique de l'édition 1975 des
tableaux généalogiques de la famille Koechlin :

André Koechlin, industriel et administrateur

"André Koechlin avait été élevé à la dure et, de sa première enfance, il avait gardé le goût d’une extrême sobriété. Enfant, disait-il à l’auteur de cette esquisse, il portait des sabots, et pas toujours. Il n’avait jamais eu ni cravate, ni casquette, et le premier faux-col qu’il avait dû mettre à plus de vingt ans l’avait gêné cruellement. Plus d’une fois il avait emporté de la maison, pour sa journée, un morceau de pain et le régal étant un peu maigre, il avait, en maraude, déterré des carottes qu’il savourait avec délices. La nuit, en hiver, il couchait d’ordinaire avec ses vêtements pour couverture, et la fenêtre ouverte, ceci par principe, et sur"André Koechlin avait été élevé à la dure et, de sa première enfance, il avait gardé le goût d’une extrême sobriété. Enfant, disait-il à l’auteur de cette esquisse, il portait des sabots, et pas toujours. Il n’avait jamais eu ni cravate, ni casquette, et le premier faux-col qu’il avait dû mettre à plus de vingt ans l’avait gêné cruellement. Plus d’une fois il avait emporté de la maison, pour sa journée, un morceau de pain et le régal étant un peu maigre, il avait, en maraude, déterré des carottes qu’il savourait avec délices. La nuit, en hiver, il couchaitJean-Jacques Koechlin, le "Pfiffekoechl" d’ordinaire avec ses vêtements pour couverture, et la fenêtre ouverte, ceci par principe, et sur   ordre du père, le docteur Koechlin (Jean-Jacques Koechlin, le Pfiffekoechle), qui ne manquait pas d’aisance, cependant, mais qui voulait faire de ses neuf fils des hommes énergiques et qui a pleinement réussi. André Koechlin, qui vient de mourir à quatre-vingt-cinq ans d’une fluxion de poitrine (écrit en 1876) a créé le plus vaste établissement de Mulhouse et laisse à ses héritiers une vingtaine de millions. Son frère cadet, Fritz, offrit un jour au gouvernement 500 000 francs pour équiper une légion, et à soixante-dix ans, il s’en venait à Paris, supporter les fatigues du siège et se battre comme les plus jeunes. La race était bien trempée, il faut le dire". (extrait de "Vingt ans à Mulhouse, 1855-1875" par Émile Boissière, Professeur de littérature à I’École Normale de Cluny, Mâcon 1876).

C’est en 1826 qu’André Koechlin qui, jusqu’alors, avait été le chef de la maison Dollfus-Mieg, créa les ateliers de construction de machines qui portèrent son nom. N’ayant aucune compétence particulière dans ce domaine, il s’était assuré le concours d’un ingénieur anglais réputé, Richard Roberts, de la maison Sharp, Roberts de Manchester. Il s’agissait en premier lieu de construire des machines textiles dont l’industrie de Mulhouse avait un urgent besoin. Plus tard, après la création des chemins de fer, l’usine trouva un important débouché dans la construction des locomotives. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de l’histoire de cette importante usine, devenue en 1872 la Société Alsacienne de Constructions Mécaniques. Laissons encore à Émile Boissière le soin de nous donner divers aspects de son fondateur :

"André Koechlin fut, avant Jean Dollfus, avec son cousin Nicolas Koechlin, le personnage de Mulhouse le plus marquant et le plus digne de sa réputation. Il eût pu être ministre des finances avant 1848, il ne fut que député : député et rendu par l’Empire à la vie privée, il demeura jusqu’à la fin un grand industriel. On contait de lui, aux derniers temps de sa vie, (il avait plus de quatre-vingt ans) qu’arrivé de Paris la veille au soir, il était le matin, dès cinq heures, à la "Fonderie" ; qu’à huit heures il avait dépouillé la correspondance ; qu’à dix heures il était au courant de toutes les affaires, et qu’à midi il eût pu renseigner et conseiller ses nombreux associés sur l’ensemble et le détail de leur gestion… Sous deux sourcils épais grisonnants, un oeil clair et profond attirait tout ensemble et maintenait à distance l’interlocuteur. Je ne dirai pas qu’il fascinait, mais il dominait, et il ne fallait pas peu d’habitude de l’homme pour n’être vis-à-vis de lui qu’à demi gêné. La famille tout entière subissait manifestement la supériorité du doyen, même quand il se faisait bonhomme. André Koechlin restait l’homme fort qui a droit d’être fier de lui et d’être exigeant envers les autres. Très simple de manières, au surplus, moins poseur qu’imposant... Fin et malin comme on ne l’est guère, - surtout à quatre-vingt ans, et jouissant à plein cœur de sa malice. Je me rappelle de quel ton et avec quel sourire il nous racontait un jour avoir vendu à M. de Morny une paire de chevaux du Brabant le double juste de ce qu’il en avait payé quatre. Et, j’en suis sûr, il s’amusait bien plus de ce marché-là qu’il ne se fût glorifié d’une aumône de deux cent mille francs comme il en a fait plus d’une dans sa vie."

Sans doute ces esquisses d’un homme d’esprit ont-elles un côté caricatural, mais elles ont le mérite de venir d’un contemporain et de ne rien devoir à la flatterie. Nous n’hésitons pas à les faire figurer ici en attendant qu’une biographie complète d’André Koechlin, qui n’existe pas encore, vienne satisfaire notre curiosité !

[ Retour à la Notice historique de l'édition 1975 ]

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Dernière modification de cette page : 22/05/2007