André est mort à Paris en 1875, survivant de 3 ans à sa femme.
Industriel, maire, conseiller général et député.
Il prit, dès 1818, la direction des usines Dollfus-Mieg (filature,
tissage, impression sur tissus) et les rendit prospères. Il créa avec
Mathias Mieg et Henri Bock un établissement pour la fonte des métaux
et la construction mécanique. Il put s'adjoindre comme associé
Jérémie Risler, venu des établissements de Cernay. La fonderie André
Koechlin & Cie, future Société alsacienne de constructions
mécaniques, acquit bientôt une renommée européenne. La première
locomotive (1839) destinée à la voie ferrée (commandité par son
cousin, Nicolas) Mulhouse-Thann, dénommée "Napoléon",
sortit des ateliers. L'établissement construisit des centaines de
locomotives et équipa de nombreuses filatures et des tissages de la
région et à l'étranger.
Maire de Mulhouse en 1830-1831 et de 1832
jusqu'en 1843. Il développa l'instruction primaire avant la loi Guizot
et fit transformer le collège et ses plans d'études. Il oeuvra à
l'agrandissement de l'hospice et fit avancer le projet de la
construction du canal de décharge afin de préserver la ville des
fréquentes inondations printanières. Le ministre de l'Intérieur
disait de lui : "S'il y avait en France plusieurs maires comme
celui de Mulhouse, il ne me resterait plus qu'à donner ma
démission."
Il associa ses gendres à ses activités
économiques et sut choisir à temps des collaborateurs de haut niveau,
ingénieurs sortis des grandes écoles.
Élu conseiller général du canton de Mulhouse
(1839-1842) et d'Altkirch (1846-1848), député d'Altkirch en 1830, de
Mulhouse de 1831-1846. Il soutint la politique intérieure et
extérieure de Guizot.
Président d'honneur de la Chambre de commerce
de Mulhouse en sa qualité de maire de la Ville. Sa libéralité en
faveur de Mulhouse était connue. Il versa entre autres un don de
200 000 F à l'hospice, 200 000 F à l'Église
réformée, 25 000 F pour la construction de l'église Saint
Etienne. Il est à l'origine des cités ouvrière de Mulhouse.
Chevalier de la Légion d'honneur.

Extrait de la notice historique de l'édition 1975
des
tableaux généalogiques de la famille Koechlin :
André Koechlin, industriel et administrateur
"André Koechlin avait été élevé à la dure
et, de sa première enfance, il avait gardé le goût d’une extrême
sobriété. Enfant, disait-il à l’auteur de cette esquisse, il
portait des sabots, et pas toujours. Il n’avait jamais eu ni cravate,
ni casquette, et le premier faux-col qu’il avait dû mettre à plus de
vingt ans l’avait gêné cruellement. Plus d’une fois il avait
emporté de la maison, pour sa journée, un morceau de pain et le régal
étant un peu maigre, il avait, en maraude, déterré des carottes qu’il
savourait avec délices. La nuit, en hiver, il couchait d’ordinaire
avec ses vêtements pour couverture, et la fenêtre ouverte, ceci par
principe, et sur"André Koechlin avait été élevé à la dure et,
de sa première enfance, il avait gardé le goût d’une extrême
sobriété. Enfant, disait-il à l’auteur de cette esquisse, il
portait des sabots, et pas toujours. Il n’avait jamais eu ni cravate,
ni casquette, et le premier faux-col qu’il avait dû mettre à plus de
vingt ans l’avait gêné cruellement. Plus d’une fois il avait
emporté de la maison, pour sa journée, un morceau de pain et le régal
étant un peu maigre, il avait, en maraude, déterré des carottes qu’il
savourait avec délices. La nuit, en hiver, il couchait
d’ordinaire avec ses vêtements pour
couverture, et la fenêtre ouverte, ceci par principe, et
sur ordre du père, le docteur Koechlin (Jean-Jacques
Koechlin, le Pfiffekoechle), qui ne manquait pas d’aisance, cependant,
mais qui voulait faire de ses neuf fils des hommes énergiques et qui a
pleinement réussi. André Koechlin, qui vient de mourir à
quatre-vingt-cinq ans d’une fluxion de poitrine (écrit en 1876) a
créé le plus vaste établissement de Mulhouse et laisse à ses
héritiers une vingtaine de millions. Son frère cadet, Fritz, offrit un
jour au gouvernement 500 000 francs pour équiper une légion, et
à soixante-dix ans, il s’en venait à Paris, supporter les fatigues
du siège et se battre comme les plus jeunes. La race était bien
trempée, il faut le dire". (extrait de "Vingt ans à
Mulhouse, 1855-1875" par Émile Boissière, Professeur de
littérature à I’École Normale de Cluny, Mâcon 1876).
C’est en 1826 qu’André Koechlin qui, jusqu’alors,
avait été le chef de la maison Dollfus-Mieg, créa les ateliers de
construction de machines qui portèrent son nom. N’ayant aucune
compétence particulière dans ce domaine, il s’était assuré le
concours d’un ingénieur anglais réputé, Richard Roberts, de la
maison Sharp, Roberts de Manchester. Il s’agissait en premier lieu de
construire des machines textiles dont l’industrie de Mulhouse avait un
urgent besoin. Plus tard, après la création des chemins de fer, l’usine
trouva un important débouché dans la construction des locomotives.
Nous ne pouvons entrer ici dans le détail de l’histoire de cette
importante usine, devenue en 1872 la Société Alsacienne de
Constructions Mécaniques. Laissons encore à Émile Boissière le soin
de nous donner divers aspects de son fondateur :
"André Koechlin fut, avant Jean Dollfus, avec
son cousin Nicolas Koechlin, le personnage de Mulhouse le plus marquant
et le plus digne de sa réputation. Il eût pu être ministre des
finances avant 1848, il ne fut que député : député et rendu par
l’Empire à la vie privée, il demeura jusqu’à la fin un grand
industriel. On contait de lui, aux derniers temps de sa vie, (il avait
plus de quatre-vingt ans) qu’arrivé de Paris la veille au soir, il
était le matin, dès cinq heures, à la "Fonderie" ; qu’à
huit heures il avait dépouillé la correspondance ; qu’à dix
heures il était au courant de toutes les affaires, et qu’à midi il
eût pu renseigner et conseiller ses nombreux associés sur l’ensemble
et le détail de leur gestion… Sous deux sourcils épais grisonnants,
un oeil clair et profond attirait tout ensemble et maintenait à
distance l’interlocuteur. Je ne dirai pas qu’il fascinait, mais il
dominait, et il ne fallait pas peu d’habitude de l’homme pour n’être
vis-à-vis de lui qu’à demi gêné. La famille tout entière
subissait manifestement la supériorité du doyen, même quand il se
faisait bonhomme. André Koechlin restait l’homme fort qui a droit d’être
fier de lui et d’être exigeant envers les autres. Très simple de
manières, au surplus, moins poseur qu’imposant... Fin et malin comme
on ne l’est guère, - surtout à quatre-vingt ans, et jouissant à
plein cœur de sa malice. Je me rappelle de quel ton et avec quel
sourire il nous racontait un jour avoir vendu à M. de Morny une paire
de chevaux du Brabant le double juste de ce qu’il en avait payé
quatre. Et, j’en suis sûr, il s’amusait bien plus de ce marché-là
qu’il ne se fût glorifié d’une aumône de deux cent mille francs
comme il en a fait plus d’une dans sa vie."
Sans doute ces esquisses d’un homme d’esprit
ont-elles un côté caricatural, mais elles ont le mérite de venir d’un
contemporain et de ne rien devoir à la flatterie. Nous n’hésitons
pas à les faire figurer ici en attendant qu’une biographie complète
d’André Koechlin, qui n’existe pas encore, vienne satisfaire notre
curiosité !